"En environ 48 heures, son état se serait nettement amélioré", a assuré le Dr Mario Schiter, qui a traité Maradona au début des années 2000 et assisté à son autopsie en 2020, interrogé sur ce qui aurait pu changer le cours des choses dans les derniers jours du footballeur.
"Je vois tous les jours des patients dans ce cas en soins intensifs, qui arrivent avec une insuffisance cardiaque congestive. On leur administre des diurétiques pour réduire leur volume et, au bout de 12 heures, ils sont déjà rentrés chez eux", a ajouté le spécialiste de médecine intensive.
Mario Schiter, comme plusieurs experts avant lui au procès, a rapporté que Maradona avait un excès de liquide dans plusieurs organes au moment de son décès.
"Il avait de l'eau partout", avait décrit jeudi dernier Carlos Casinelli, autre médecin ayant participé à l'autopsie. Selon lui, ces litres de liquide n'auraient pu se former "en moins d'une semaine ou dix jours", suggérant que ce gonflement aurait dû être perçu par l'entourage médical.
Le Dr Schiter fut longtemps un médecin proche de Maradona, intervenant à des moments-clefs de sa vie. Consulté en 2020, il s'était prononcé contre une hospitalisation à domicile, qui a finalement été choisie pour la convalescence post-opératoire du champion.
C'est lors de cette convalescence dans une maison louée à Tigre (nord de Buenos Aires) que le champion du monde 1986 est décédé d'un œdème pulmonaire et d'un arrêt cardiorespiratoire le 25 novembre 2020, à l'âge de 60 ans.
Sept professionnels de santé (médecin, psychiatre, psychologue, infirmiers) sont jugés depuis un mois à San Isidro pour potentielles négligences ayant entraîné sa mort. Ils encourent jusqu'à 25 ans de prison.
L'audience de jeudi a vécu un moment de tension, lorsque la fille de Maradona, Gianinna, a quitté brusquement la salle du tribunal quand un des accusés, pour appuyer sa déposition, a fait projeter des images de l'autopsie, sans avoir prévenu Gianinna.
"Fils de p... !", a-t-elle crié en partant, avant que l'audience ne soit finalement écourtée. Le procès, à raison de deux audiences par semaine, doit durer jusqu'en juillet.
