Le 9 janvier 2016, Zinedine Zidane débutait sur le banc du Real Madrid, en remplacement de Rafa Benítez. Dix ans et quelques mois plus tard, le voilà désormais sélectionneur de l'Équipe de France. Cinq ans après avoir fini son deuxième passage merengue, le double Z prend la suite du double D. Une histoire de 14 ans, pour l'un comme pour l'autre : celle d'une ère pour Didier Deschamps auréolée d'une étoile mondiale en 2018, celle d'une attente interminable pour l'autre qui candidatait déjà après l'Euro 2012 alors qu'il n'avait encore aucune expérience d'entraîneur.
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Ainsi, pour la troisième fois consécutive, c'est un héritier de France 98 qui s'installe sur le banc des Bleus, assurément le plus connu, le plus populaire et aussi le plus titré en club. Ce qui fait qu'il est aussi le plus attendu, tant sur le plan des résultats que sur le plan du jeu. Le contrat de 4 ans noué avec la FFF témoigne de cette confiance totale placée en lui. Et ce n'est pas peu dire. Zidane attendait même depuis février 2025, date à laquelle les premiers contacts ont eu lieu avec Philippe Diallo. Ainsi, il n'a pas hésité à prétendre que la date de ce 28 juillet était le "plus beau jour de sa vie d'entraîneur". Fidèle à lui-même, il est resté calme et posé, tout en signalant qu'il n'avait "pas les mots" pour retranscrire l'émotion qu'engendre sa nomination, quitte à insister ensuite auprès des journalistes que "même si on ne pouvait pas le voir, il était vraiment enthousiaste".
Après avoir évoqué un moment "exceptionnel", par la situation et la personnalité assise à sa gauche, Diallo a évoqué la Coupe du monde "brillante" des Bleus. Une compétition pourtant achevée sur un non-match complet contre l'Espagne en demi-finale avant d'en prendre 6 contre une Angleterre bis lors du match pour la troisième place. Il a brièvement remercié Deschamps pour le travail accompli pendant cet "âge d'or du football français", même s'il n'a évoqué aucune date pour un hommage en bonne et due forme.
La rupture tranquille
Oui, Zidane est une légende absolue. Oui, il a gagné comme entraîneur. Mais quel est le projet sportif pour un technicien qui n'a plus travaillé depuis 5 ans, une éternité dans ce milieu ?
Lui a assuré qu'il fera "dans la continuité". Mais l'heure n'était pas encore aux considérations tactiques. ZZ a dédié ses premiers mots aux pompiers et au monde agricole actuellement aux prises avec les feux partout sur le territoire. Il a ensuite tenu à remercier le président, le Comex, les salariés de la FFF pour le travail au quotidien, avant d'évoquer "un rêve" en devenant le sélectionneur national. "J'ai eu des propositions pendant 4-5 ans pour reprendre un club, j'ai tout refusé pour l'Équipe de France. C'était la seule chose que je voulais faire après le Real Madrid. Je vais tout donner pour que cette équipe continue à gagner. Je voudrais féliciter DD et son staff, tout le monde est reconnaissant. Une autre étape s'ouvre mais toujours pour la même chose : voir l'Équipe de France gagner. Je vais mettre toute mon énergie pour cette équipe. J'ai hâte de pouvoir y être".
La sélection pourrait tout de même se refaire une petite beauté, notamment niveau jeu. "Zizou, c'est Zizou", a-t-il souri, et cela va sans dire qu'il devra injecter de l'animation sur le terrain, "comme au Real Madrid". Or avec la Casa Blanca, Zidane a souvent fait le choix de la solidité et du conservatisme quand les résultats n'étaient pas à la hauteur et menaçaient sa situation. Cela a été la bonne formule pour faire le triplé en Ligue des Champions, et cela suffira amplement dans un pays qui n'a cure du jeu produit tant que la victoire est au bout (après tout, l'épreuve du feu totalement loupée contre l'Espagne il y a deux semaines est passée comme une lettre à la poste). Zidane marchera-t-il dans les pas de Deschamps avec 4 attaquants au coup d'envoi ou optera-t-il pour un reset total ?
Après avoir vu Ayyoub Bouaddi préférer jouer avec le Maroc suite à un entretien où il n'a pas voulu lui garantir une convocation imminente, Zidane sera très attendu sur le développement des jeunes joueurs, domaine où il a peu brillé au Real Madrid. Il ne pourra pas se permettre de trop attendre pour certains, notamment Eli Junior Kroupi, également éligible avec le Portugal.
La suite viendra en septembre. Zidane n'a pas eu d'échange avec Kylian Mbappé et attend encore un peu pour passer aux choses sérieuses. Notamment car il faudra démarrer fort, en Turquie, dans le cadre de la Ligue des Nations. "On a des joueurs extraordinaires, ce n'est pas rien. Il faut que j'atterrisse, que je vois les joueurs, que je leur explique mon projet. Ma priorité, c'est la Turquie, en Turquie. On aura des matchs en septembre. J'aurai quasiment trois semaines avec les joueurs. C'est génial pour la préparation".
On en saura alors bien plus sur les intentions du Zidane sélectionneur, seule véritable option de la FFF et seul candidat légitime dans les coeurs français.
