Après 5 heures de bataille, Moïse Kouamé éteint Daniel Vallejo au terme d'un match fou !

Moïse Kouamé y aura cru.
Moïse Kouamé y aura cru.REUTERS/Guglielmo Mangiapane

Menant deux manches à rien, Moïse Kouamé a ensuite souffert, est passé proche de la sortie, mais a fini par arracher la victoire au super tiebreak contre Adolfo Daniel Vallejo. Une victoire phénoménale après 5 heures d'effort, et la confirmation d'un grand talent.

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Premier Français de cordée ce jeudi à Roland-Garros : Moïse Kouamé. Le jeune espoir du tennis tricolore avait déjà rempli son premier objectif, celui de passer un tour, ce qui a été fait contre Marin Čilić. Mais ce deuxième tour face à Adolfo Daniel Vallejo avait tout du match piège. 

Un état de fait qui manquait de devenir réalité quand le Paraguayen obtenait la première balle de break dès le quatrième jeu. Sauf que c'est bien le Français qui y parvenait au jeu suivant, et si son ascendant ne se voyait pas nécessairement sur le court, en ce qui concerne les points importants, il parvenait aisément à pousser son rival à la faute. Et il permettait même le luxe de conclure la manche sur mise en jeu adverse !

Mais un bref relâchement lui coûtait le break dès le premier jeu du deuxième set. L'occasion de faire la course en tête était évaporée, mais avec une belle solidité à l'échange, Kouamé la récupérait rapidement et mettait son rival sous l'éteignoir. La pression s'intensifiait quand Vallejo servait pour aller chercher un tiebreak. Il reculait à l'échange, laissait le Français dicter le jeu, et sur deux coups de grisou fabuleux, Kouamé allait chercher le deuxième set au forceps : le 3ᵉ tour n'était plus très loin.

Kouamé, c'est fou !

Encore une fois, il connaissait un creux en début de troisième manche, et le Paraguayen se jetait dans l'interstice, faisant le break et semblant subitement fringant physiquement. Un état de fait qui se confirmait lentement mais sûrement : Kouamé reculait et surtout, il ne trouvait plus la cible. Moins de tranchant, un creux physique : Vallejo ne se faisait pas prier pour exploiter l'occasion et prendre le set. Suffisant pour relancer le match ?

Après un passage aux vestiaires, Kouamé allait chercher le break dès le premier jeu, mais le rendait immédiatement. La bataille devenait alors intense, trop pour le Français, qui explosait en vol physiquement et tentait le coup gagnant pour écourter les échanges au maximum, avec peu de réussite. Les jeux ne tardaient pas à défiler, et le Tricolore se faisait entraîner dans un cinquième set qui, clairement, ne lui paraissait pas favorable. 

Et malheureusement, l'impression était la bonne. Le Français luttait avec ses armes, résistait, lâchait quelques flèches gagnantes, mais la rupture semblait inéluctable. Et il suffisait d'un jeu avec un peu moins de premières balles pour que l'inéluctable devienne palpable : un break au cinquième jeu qui sonnait le glas de ses ambitions. 

Mais Daniel Vallejo devait encore faire le plus dur : servir pour le match. Et comme un million de joueurs avant lui, le bras pesait une tonne, les hourras du public à chaque erreur venaient rajouter de la pression, et Kouamé exploitait des services bien trop tendres pour débreaker à la surprise générale. Le niveau remontait alors brutalement, la fin de match était royale, et ne pouvait se régler qu'au super tiebreak.

Le moment choisi par Vallejo pour perdre ses moyens. Des frappes trop mièvres, une double faute mal choisie, et le Français menait rapidement 5-0. Avant de se crisper, de se perdre en termes de jeu, et de laisser son rival revenir dans le match. Mais il serrait les dents, et un passing monumental lui offrait la première balle de match : elle allait suffire d'un dernier service-volée.

Moïse Kouamé s'impose 6-3, 7-5, 2-6, 3-6, 7-6 (8) et file au troisième tour, où l'attend Alejandro Tabilo. On ne sait où son tournoi s'arrêtera, mais on sait que la France tient un grand talent.