Arles-Avignon appartient aux tréfonds du passé, Nîmes est en quatrième division et ni Toulouse ni l'OM en Ligue 1 ni même Aubagne-Air Bel en Ligue 3 n'ont manifesté le moindre intérêt. Alors la question s'est inévitablement posée : en fin de contrat à Montpellier avec qui il a disputé 210 matches (50 buts, 38 passes décisives), Téji Savanier allait-il mettre un terme à sa carrière ?
À 34 ans, le meneur de jeu aurait pu raccrocher. Mais l'homme qui a toujours voulu rester près des siens a pris de cours tout le monde : il a signé... à Metz. Difficile d'imaginer un choix aussi improbable. Une saison de contrat et une deuxième en option : les Grenats ont trouvé le successeur de Gauthier Hein, parti à Nice.
Pour convaincre Savanier, il faut parler avec le coeur. Et cela vaut encore plus quand il s'agit de le faire venir au coeur de la Lorraine. Manifestement, Bernard Serin a su trouver les mots, de l'aveu même du joueur lors de sa présentation officielle : "on en a parlé avec le président il y a une semaine environ. J'ai eu une discussion avec lui, il m'a parlé du club comme si c'était ma famille, et il m'a touché. Plusieurs clubs de Ligue 1 et en Arabie saoudite se sont renseignés, mais si tu ne te sens pas bien quelque part, ce n'est pas bon d'y signer".
Arrivé le 10 août, il n'a pas joué à Grenoble (0-0). En revanche, son entrée en jeu à Saint-Symphorien contre Laval a été réussie. Alors que les Tango, qui s'étaient offerts Nantes la semaine passée (2-1), menaient 1-0 grâce à un penalty de Julien Maggiotti (49e), Savanier a été lancé à la 73e par Luc Holtz. Cinq minutes plus tard, le numéro 10 a déposé un centre sur la tête de Pape Moussa Fall qui a égalisé. "Je pense qu'on va bien s'entendre lui et moi", a-t-il glissé en zone mixte.

Après ce début réussi, Savanier est encore plus attendu par les supporters. Plusieurs considérations sont à prendre en compte quant à son rendement : son état physique et l'éloignement avec son Hérault natal. Pas réputé pour être un forcené de la diététique, il a trouvé son équilibre, y compris personnel, même si cela l'a peut-être privé d'une carrière à un étage supérieur. C'est finalement dans ses dernières professionnelles qu'il a décidé de sortir de sa zone de confort, guidé par le ressenti plutôt que par une proposition mirobolante. De quoi susciter la curiosité pour un joueur qui n'a jamais renoncé à être ce qu'il est.
