Le tableau des médailles final des JO 2026
Le biathlon, encore mieux que prévu
6 médailles d'or, 4 en argent et 3 en bronze. Voilà le bilan exceptionnel, historique, incroyable, bref choisissez votre qualificatif, du biathlon français. Pour mettre ce total en perspective, rien qu'avec les médailles du biathlon, la France serait quand même dans le top 10 au tableau des médailles !
À ce sujet - Quentin Fillon Maillet, des JO 2026 record et un statut de légende du sport français
Le fruit de nombreuses années de travail pour densifier au plus possible les équipes de France, et ne pas compter seulement sur un Martin Fourcade pour empiler les médailles. Désormais, le biathlon français est n°1 mondial, domine les JO, possède les deux leaders du classement général de la Coupe du monde, règne en IBU Cup, et chez les juniors, les Bleuets ne sont clairement pas en reste.
Et on pourrait même être un poil déçus : en effet, les leaders susmentionnés de la Coupe du monde, Éric Perrot et Lou Jeanmonnot, n'ont pas réussi à décrocher d'or en individuel. Mais quoi qu'il en soit, le Grand Chelem sur les trois relais se suffit à lui-même : il faut savourer cette razzia, et applaudir les performances d'un sport qui a pourtant un nombre toujours aussi faible de licenciés (moins de 1000). Une anomalie ?
La surprise Mathis Desloges réveille le fond français
Le ski de fond tricolore n'avait remporté que 5 médailles olympiques dans son histoire. Désormais, il y en a trois de plus. Trois en une seule quinzaine, c'est bien évidemment un record dans cette discipline. Et ces trois médailles portent le sceau d'un homme : Mathis Desloges.
À ce sujet - Lundi Olympique #7 : Mathis Desloges aborde avec appétit les Mondiaux de ski de fond (2025)
Un champion du monde U23 qui a déjà gravi les marches vers la gloire. Que ce soit sur le skiathlon ou le 10km individuel, il a clairement menacé la légende Johannes Høsflot Klæbo, échouant de peu mais décrochant de l'argent à deux reprises en individuel, plus une fois en relais. "Ça donne de l'espoir pour être un jour devant Klæbo", rigolait-il au micro d'Eurosport.
Mathis Desloges aura 24 ans en mai, et va donc bientôt entrer dans son prime. Le fond français cherchait un successeur à Vincent Vittoz et Maurice Manificat, il l'a trouvé, et ce dernier a déjà fait mieux que ses prédécesseurs. On a hâte de la suite...
Le ski alpin, la catastrophe
Romane Miradoli était une claire chance de médaille sur le Super-G, une discipline dans laquelle elle a décroché son seul succès en Coupe du monde. Elle était encore sur le podium cette saison à Saint-Moritz. Sa médaille d'argent n'est donc pas une réelle surprise, mais le fait qu'elle ait sauvé le bilan du ski alpin à elle seule, si.
Les leaders ont failli, principalement sur le slalom hommes, où Clément Noël - le tenant du titre - et Paco Rassat avaient cumulé trois succès en Coupe du monde cette saison, mais n'ont pas vu l'arrivée. On pourra maugréer sur l'échec de Nils Allègre pour 3 centièmes sur le Super-G, mais pour une nation de sports d'hiver comme la France, c'est anormal, et c'est la pire performance depuis le zéro pointé de Vancouver. Tout ça dans une discipline parmi les plus mises en avant...
Des leaders entre ombre et lumière
Il y a ceux qui ont assumé, en premier lieu Laurence Fournier Beaudry et Guillaume Cizeron, qui sont allés au bout de leur rêve et ont décroché l'or. Mais ce sont pratiquement les seuls dans ce cas. Hormis les trois médailles en trois courses d'Emily Harrop et Thibault Anselmet en ski alpinisme - un bilan que l'on peut même qualifier d'un poil décevant, il n'y a pas grand monde à sauver.
Les naufrages du skicross et du snowboardcross - qui a au moins réussi à sauver une médaille de bronze par équipes là où on imaginait une razzia, est finalement à l'image des JO : tout peut arriver. Mais quand cela arrive en défaveur des Français, on préfère accuser la piste, la météo, les adversaires…
Parmi les plus grands noms de la délégation française, Perrine Laffont s'en sort avec une médaille de bronze, mais sur l'édition où le ski de bosses avait droit à deux épreuves, cela reste décevant, d'autant que cela a été accompagné d'un naufrage global des hommes, qui avaient quatre engagés. La même chose pour Adam Siao Him Fa, qui semblait parti pour le podium après un programme court décapant. Timothy Loubineaud, qui avait soulevé tant d'espoirs avec ses performances en Coupe du monde, repartira lui aussi sans médaille.
La suite est-elle vraiment rose ?
Le biathlon a donc ramené 6 des 8 titres et 13 des 23 médailles au total. Et contrairement à ce qu'on a pu entendre siffloter à droite à gauche, ce n'est absolument pas un problème. Les Pays-Bas ont le patinage de vitesse et le short-track, l'Allemagne a la luge et le bobsleigh, chaque pays a un sport moteur.
Le problème est d'ordre plus global. 16 sports étaient au programme de ces JO d'Hiver. La France n'a pris une médaille que dans sept d'entre eux. Pire encore, dans quatre de ces sept sports (ski alpin, ski acrobatique, snowboard, patinage artistique), les Bleus n'ont pris qu'une seule médaille. Mais ce n'est même pas le plus inquiétant.
En curling, en luge, il n'y avait aucun Français engagé. Un seul en skeleton. Et les deux équipes de hockey sur glace étaient présentes seulement parce que la Russie a été exclue des JO, après avoir échoué à remporter chacune leur Tournoi de Qualification Olympique.
Néanmoins, il y a eu quelques belles promesses. La 5e place de Valentin Foubert, qui a cru à la médaille en saut à skis. Derrière les intouchables Norvégiens, Théo Schely s'est offert une belle quatrième place sur le 50 km. Léo Anguenot, Camille Cerutti et Caitlin McFarlane ont gratté le top 10 en ski alpin. Aurélie Lévêque et Cloé Ollivier se sont signalées favorablement en short-track. Et Margot Boch a décroché un joli top 10 en monobob.
Mais dans quatre ans, à domicile, il faudra faire mieux. Certes, il y aura plus de Français qualifiés, c'est une certitude, mais cela ne changera rien s'ils ne sont pas au niveau. La plupart des sports d'hiver manquent cruellement de soutien, d'argent, de moyens, d'infrastructures, bref de tout. Et certains témoignages de sportifs tricolores qui déclarent avoir dormi dans leur voiture (Vincent Maharavo) ou vivre du RSA (Lucas Dufayet) n'incitent guère à l'optimisme.
Le fameux héritage olympique des Jeux de 2024 a vécu (ou pas). Le sport français manque toujours de quelque chose, et souvent, ne survit que par la volonté de quelques éléments. En espérant que la situation ait évolué en 2030, mais on n'y croit guère. Et cela n'empêchera sans doute pas la France d'être au niveau sportivement parlant…
Toutes les médailles françaises
Or
- Lou Jeanmonnot, Julia Simon, Quentin Fillon Maillet et Éric Perrot (biathlon - relais mixte)
- Julia Simon (biathlon - individuel femmes)
- Laurence Fournier Beaudry et Guillaume Cizeron (patinage artistique - danse sur glace)
- Quentin Fillon Maillet (biathlon - sprint hommes)
- Fabien Claude, Émilien Jacquelin, Quentin Fillon Maillet et Éric Perrot (biathlon - relais hommes)
- Camille Bened, Lou Jeanmonnot, Océane Michelon et Julia Simon (biathlon - relais femmes)
- Emily Harrop et Thibault Anselmet (ski alpinisme - relais mixte)
- Océane Michelon (biathlon - mass start femmes)
Argent
- Mathis Desloges (ski de fond - skiathlon hommes)
- Éric Perrot (biathlon - individuel hommes)
- Lou Jeanmonnot (biathlon - individuel femmes)
- Romane Miradoli (ski alpin - Super-G femmes)
- Mathis Desloges (ski de fond - 10 km individuel hommes)
- Océane Michelon (biathlon - sprint femmes)
- Théo Schely, Hugo Lapalus, Mathis Desloges et Victor Lovera (ski de fond - relais hommes)
- Emily Harrop (ski alpinisme - sprint femmes)
- Julia Simon (biathlon - mass start femmes)
Bronze
- Perrine Laffont (ski freestyle - bosses individuelles femmes)
- Lou Jeanmonnot (biathlon - sprint femmes)
- Émilien Jacquelin (biathlon - poursuite hommes)
- Loan Bozzolo et Léa Casta (snowboard - cross par équipes)
- Thibault Anselmet (ski alpinisme - sprint hommes)
- Quentin Fillon Maillet (biathlon - mass start hommes)
