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Pourquoi Liverpool joue un jeu dangereux avec Alisson, en méforme

Le gardien de Liverpool Alisson Becker à l’œuvre lors du match contre Newcastle
Le gardien de Liverpool Alisson Becker à l’œuvre lors du match contre NewcastleImages/NurPhoto / Shutterstock Editorial / Profimedia

Lorsque les équipes ou les joueurs de football ne répondent pas aux attentes, c’est presque toujours l’entraîneur qui en fait les frais.

L’homme sur le banc, du fait de ses choix de composition et de tactique, doit assumer la responsabilité lorsque les choses ne se passent pas comme prévu, même si la réaction impulsive de certains dirigeants n’aide en rien dans ce genre de situation.

Slot, le bouc émissaire

À peine un an après avoir remporté le titre de Premier League haut la main, Liverpool s’est séparé sans ménagement d’Arne Slot.

Une saison 2025/26 décevante a vu les Reds se qualifier de justesse pour la Ligue des champions, mais terminer à 25 points du futur champion, Arsenal.

Si une brouille très médiatisée avec Mo Salah et des tensions en coulisses ont pu peser dans la décision des dirigeants, les joueurs eux-mêmes doivent aussi se remettre sérieusement en question.

Certainement, certains ne peuvent pas être totalement dédouanés et doivent eux aussi reconnaître leur part de responsabilité.

Alisson échappe systématiquement aux critiques

Un joueur qui échappe régulièrement aux critiques de la presse est le gardien Alisson Becker, même si le Brésilien n’est sans doute plus à son meilleur niveau depuis un certain temps.

Encore dimanche, lors du premier match de la saison 2026/27 de Liverpool, il a montré des signes de fébrilité. Notamment lorsque Anthony Elanga a accéléré pour Newcastle, et que le Brésilien s’est complètement trompé dans ses placements, laissant l’ailier ouvrir le score sans difficulté.

Notes récentes d’Alisson Becker
Notes récentes d’Alisson BeckerFlashscore

Alors qu’on s’attendait à ce que Giorgi Mamardashvili prenne la place de numéro 1 à Anfield, ce n’est pas encore le cas. Et avec Andoni Iraola qui a nommé le Brésilien parmi les vice-capitaines du club, on peut penser que le statu quo va perdurer tant que l’entraîneur ne souhaite pas faire tourner ou qu’Alisson ne se blesse pas.

Ses interventions en tant que "libéro" – 18 réussies sur 19 tentées lors de la saison 2025/26 – sont loin d’être négligeables, et c’est peut-être en grande partie pour cela que ses lacunes ailleurs sont passées sous silence.

Aucun ballon capté la saison dernière

Un gardien à l’aise balle au pied est un atout dans le football moderne, mais quand ce même joueur n’affiche qu’un taux d’arrêts de 55,74 % sur les tirs subis dans sa surface, il y a de quoi s’interroger.

Ce chiffre ne grimpe que légèrement à 63,53 % pour l’ensemble des tirs lors de la dernière saison de Premier League, et pour une équipe qui visait le haut du classement, cela n’a clairement jamais été suffisant.

Si un club veut progresser, personne ne doit être à l’abri des critiques quand il n’est pas performant. Et le fait qu’il n’ait capté aucun ballon sur ses 35 matchs toutes compétitions confondues est une autre statistique surprenante.

Concernant sa relance, si l’on prend ses statistiques globales isolément, Alisson s’en sortirait plutôt bien.

Stat catastrophique en Ligue des Champions

Pour sa saison 25/26 en Premier League, une précision de 79,02 % paraît plus qu’acceptable. Mais si l’on regarde de plus près ses longues relances, le constat est tout autre.

Seulement 27,4 % de réussite sur ces passes dans le dernier tiers, un chiffre qui chute à un catastrophique 6,25 % lors de la dernière Ligue des champions.

Seulement 59 passes précises dans le camp adverse contre 126 ratées, un autre constat accablant pour le Brésilien, qui semble encore titulaire faute d’une vraie concurrence capable de lui mettre la pression.

Il est bien utile de pouvoir couvrir derrière la défense et d’effectuer des passes courtes et précises vers les latéraux ou les centraux quand il le faut. Mais si on ne vient jamais s’imposer dans les airs et commander sa surface, se contenter de boxer le ballon traduit un manque de confiance, qui peut vite devenir contagieux.

Liverpool attend-il son heure avec Mamardashvili ?

Bien sûr, cela fonctionne dans les deux sens. Si les défenseurs centraux montrent de la nervosité à la relance, cela finit forcément par se répercuter sur le gardien, qui se retrouve alors exposé.

Au final, rien ne devrait changer dans le secteur des gardiens à Liverpool pour l’instant. Mais avec un contrat qui expire l’été prochain, le Brésilien sera libre de discuter avec d’autres clubs dès janvier.

Et si, en réalité, le club attendait simplement son heure avec Mamardashvili, prêt à l’installer comme nouveau numéro un au début de la saison 2027/28 ? Aussi folle que soit cette hypothèse, elle reste risquée, car elle suppose que le Géorgien passe encore une saison dans l’ombre.

La question mérite d’être posée : les Reds ne risquent-ils pas de regretter d’avoir laissé Alisson s’éterniser…