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En crise d'egotrip, Paulo Fonseca fragilise l'OL qui n'avait pas besoin de ça

Paulo Fonseca
Paulo Fonseca CELAL GUNES / ANADOLU VIA AFP

Fragilisé par l'élimination en barrage de Ligue des Champions contre Fenerbahçe, Paulo Fonseca a affirmé vendredi en conférence de presse qu'il était "le meilleur entraîneur de l'histoire récente de l'Olympique Lyonnais". Un prix auto-attribué qui n'est démontré ni par les chiffres, ni par les faits et qui témoigne d'une fébrilité dont il a déjà été coutumier.

Perdre son sang-froid après une élimination en barrage de la Ligue des Champions, cela peut s'expliquer. En remettre une couche deux jours plus tard, en revanche, cela traduit une véritable fébrilité qui n'augure rien de bon. Contre Fenerbahçe, Paulo Fonseca n'a pas été en mesure de transmettre de la sérénité et de la confiance à ses joueurs, et ses choix pendant ce match retour pourtant disputé à domicile n'ont pas permis à l'Olympique Lyonnais de renverser la rencontre. Les Gones avaient besoin de la C1 aussi bien sportivement qu'économiquement. Cette élimination coûte cher à tous les niveaux et le Portugais continue de trimballer l'image d'un technicien qui n'arrive pas à passer un cap émotionnel. 

Capable de bien faire jouer ses équipes, Fonseca semble pâtir d'un blocage quand il se rapproche de la timbale. Avec l'OL, il a manqué le coche contre Manchester United puis contre le Celta en Ligue Europa, ainsi qu'en 1/4 de finale de la Coupe de France contre Lens, futur vainqueur, sans oublier la perte de la troisième place en Ligue 1 qui aurait qualifié directement son équipe en C1. Avant de revenir en France, son passage à Milan avait été marqué par de nombreuses tensions liées à son comportement. Sa suspension de 9 mois après avoir été tête contre tête avec un arbitre a encore noirci sa réputation. 

Aveuglement

Atteindre la 4e place de Ligue 1 avec Lille et Lyon reste une belle performance mais cela ne suffit pas à faire de lui un entraîneur incontournable. Vendredi, lors de la conférence de presse avant le match contre Le Havre, il s'est carrément décerné le prix de "meilleur entraîneur de l'histoire récente de l'OL".

Or quand commence l'histoire récente ? Si cela débute au début du siècle, alors il semble très difficile de le placer au-dessus du trio Jacques Santini, Paul Le Guen et Gérard Houllier qui ont mis l'OL sur la carte de l'Europe avec 6 titres de champion de France, ainsi qu'Alain Perrin, auteur de l'unique doublé coupe-championnat.

Même si les Gones n'ont plus été sacrés en Ligue 1 depuis 2008, Claude Puel a mis l'OL dans le dernier carré de la C1, Rémi Garde a remporté le Trophée des Champions et disputé les 1/4 de finale de la Ligue Europa, Hubert Fournier a terminé deuxième du championnat, Bruno Genesio a toujours mis l'OL dans les places européennes, dont trois fois en Ligue des Champions, atteint le dernier carré de la Ligue Europa et remporté un Trophée des Champions. Quant à Rudi Garcia, certes dans un contexte particulier, il a conduit le club une nouvelle fois en demi-finale de la Ligue des Champions après avoir sorti la Juve et Manchester City. Enfin, le novice Pierre Sage a réalisé un vrai exploit en parvenant à maintenir une équipe moribonde à la mi-saison, un pistolet à un coup car sans ça, l'OL serait peut-être dans la même case que Bordeaux. Le club a certes peu investi, a été contraint de vendre, mais cela a été le lot de l'essentiel de la Ligue 1 après le COVID et les mouvements récents opérés par ses dirigeants sont loin d'être infamants. 

Manifestement, Fonseca méconnaît l'histoire récente de l'OL et cette crise d'ego témoigne d'un manque de lucidité terrible. Si on dressait un classement subjectif des derniers entraîneurs des Gones, il ne serait guère au-dessus de Peter Bosz qui a lui aussi mis l'OL en 1/4 de finale de la Ligue Europa. Sur les 15 coaches qui se sont assis sur le banc à Gerland ou au Groupama Stadium, il serait devant Sylvinho, Laurent Blanc et Fabio Grosso et quasiment au même niveau que Bosz. Sans lui faire injure, il serait 10e sans créer beaucoup de polémique. 

La saison débute à peine et, vu son salaire (aux alentours de 320.000€ bruts mensuels), Fonseca ne devrait pas être viré sauf cataclysme, d'autant qu'il ne lui reste qu'une seule année de contrat. Cependant, ce genre de sortie médiatique totalement à contretemps ajoute du tumulte tandis que la fin de mercato s'annonce très agitée dans le sens des départs. 

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