Que vous inspire le fait d'être le plus jeune vainqueur de l'histoire du Tour de Lombardie ?
Honnêtement je m'en fiche un peu. Tout ce que je veux c'est gagner. Aujourd'hui je le fais sur un Monument. Et c'est juste beau. C'est tout ce que je retiens. J'espère que ça va en inspirer d'autres dans le cyclisme français, comme la victoire de Thibaut Pinot ici il y a huit ans m'a peut-être aidé à être là aujourd'hui.
Avez-vous l'impression que cette victoire était quasiment écrite, que c'est naturel ?
Non ce n'est pas naturel. Les choses n'arrivent pas comme ça, par magie. Il faut travailler dur et je travaille vraiment dur. Parfois ça ne marche pas, parfois on fait des erreurs. Mais il faut garder la tête haute. Et perdre ne rend les victoires que plus belles.
Votre saison est très aboutie, qu'est-ce qui vous a le plus surpris vous-même ?
Si on m'avait dit au début de l'année que j'allais accomplir tout ça, j'aurais été surpris sur tout. La saison a été fantastique. Comme l'était ma première année chez les pros. Ces deux dernières saisons ont été dingues. J'ai parfois l'impression d'être dans un rêve.
Avoir participé à votre premier Tour de France cet été vous a rendu plus fort ?
Je me sens au moins aussi fort qu'au printemps. En vrai, c'est difficile de comparer car une course sans Tadej (Pogacar) n'a rien à voir.
Pensez-vous rivaliser avec Pogacar dès la saison prochaine ?
Déjà, je ne me mettrai pas en deuxième place derrière Tadej Pogacar. Lui c'est le meilleur, c'est évident. Mais il y a beaucoup d'autres grands coureurs. Je ne veux pas me comparer. Parfois je vais gagner, parfois ce sera eux. Aujourd'hui c'était moi. Je n'en suis pas encore à l'année prochaine, je suis dans l'instant présent.
Mais vous avez envie de devenir le coureur le plus fort du peloton ?
C'est correct.
Est-ce que cela passe pour vous par battre Pogacar à son meilleur niveau ?
Encore une fois, c'est le plus fort. Il oblige tout le monde à devenir meilleur. Après, bien sûr que c'est une motivation de le battre un jour, comme c'est celle de beaucoup d'autres coureurs. Pour l'instant ça reste un rêve mais je travaille pour l'accomplir. Aujourd'hui j'ai réalisé un rêve. Battre Pogacar c'est encore autre chose. Peut-être que je ne vais jamais y arriver. Mais c'est seulement si on n'essaie pas qu'on est sûr d'échouer.
