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Mbappé, la théorie du Ballon d'Or et de la relativité footballistique

Kylian Mbappé
Kylian MbappéOSCAR DEL POZO / AFP

Omniprésent médiatiquement depuis plusieurs semaines, Kylian Mbappé tire la couverture à lui et met en avant ses statistiques, privilégiant le quantitatif au qualitatif et balayant d'un revers de main l'absence de titre. Alors que le Real Madrid est déjà en difficulté et que les Bleus repartent sur un nouveau cycle avec Zinedine Zidane, la campagne médiatique du Merengue pour le Ballon d'Or provoque des remous qu'il a lui-même initiés.

Il vote pour lui pour le Ballon d'Or, se surnomme l'élu, affirme qu'il "brûle la rétine", allume des incendies et s'étonne des réactions : depuis près de trois semaines, Kylian Mbappé est en campagne et sa communication est chaotique. Que cela concerne ses statistiques, Ousmane Dembélé ou son repli, il multiplie les sorties qui crispent a minima et qui interrogent l'essentiel du temps. 

Manifestement très satisfait de lui-même, Mbappé a toujours été un soliste et rien ni personne ne pourra le changer. On pourrait arguer qu'il a marqué autant de buts dans le jeu en Liga que Vedat Muriqi avec Mallorca et qu'Harry Kane a plus scoré que lui et a soulevé des titres avec le Bayern. Signaler qu'il n'a inscrit que deux de ses 15 buts en phase à élimination directe tandis que Khvicha Kvaratskhelia a cumulé 7 buts et 4 passes décisives du barrage retour à la finale remportée avec le PSG avec au moins une case cochée à chaque match. Souligner que lors de la Coupe du monde, il a été fort contre des équipes sans guère d'ambition offensive avant d'être absent contre l'Espagne puis contraint de disputer un match pour l'honneur contre une Angleterre bis (perdu dans les grandes largeurs au demeurant) pour dépasser Lionel Messi, son aîné de 11 ans, pour terminer devant l'Argentin au classement des meilleurs réalisateurs de la compétition.

Mbappé court peu, ne défend pas et quand ça ne va pas dans son sens contre une grosse équipe, il montre trop peu de leadership collectif et d'envie personnelle pour infléchir la situation. En cela, son match contre l'Atlético de Madrid dimanche a été emblématique de son état d'esprit, alors que le Real Madrid compte désormais 6 points de retard sur le FC Barcelone après seulement 7 journées. 

Mbappé ne comprend pas pourquoi Dembélé aurait du ressentiment à son égard quand il lui envoie une pique, quand bien même le Parisien est double champion d'Europe et Ballon d'Or en titre grâce à une évolution dans son jeu à laquelle lui a toujours été réfractaire. Mbappé prédit une grande carrière à Lamine Yamal quand l'Espagnol a déjà remporté plus de titres avec sa sélection que lui et qu'il n'a jamais perdu un match à enjeu contre lui, soit 7 matches, Barça et Selección confondus. Mbappé ne progresse pas mais il se comporte comme s'il n'en avait pas besoin, comme s'il avait plié le game et qu'il était le boss de fin. 

Tout glisse sur Mbappé, c'est sa force, c'est incontestable, mais c'est aussi sa grande limite. Il a des exigences pour les autres qu'il refuse obstinément de s'appliquer. Le retour de José Mourinho devait être un signal quant à son application : on attend toujours les effets. En sera-t-il de même avec Zinedine Zidane qui prendra l'essentiel de la lumière grâce à un storytelling écrit sur mesure pour l'ancien propriétaire du numéro 10 ? Et surtout, ses coéquipiers en Bleu qui ont accepté beaucoup de choses en perspective du Mondial continueront-ils de faire les mêmes sacrifices deux ans supplémentaires avec un capitaine qui ne prend pas le temps de les remercier publiquement et ne parle que de lui ?