Le rêve de Maja Chwalinska prend fin : Mirra Andreeva remporte Roland-Garros avec autorité

Mirra Andreeva
Mirra AndreevaTHOMAS SAMSON / AFP

Au coude à coude pendant la première moitié du premier set, Mirra Andreeva a fait respecter la logique contre Maja Chwalinska, sortie des qualifications pour arriver jusqu'en finale (6-3, 6-2 en 1h23). La Russe de 19 ans remporte le premier Grand Chelem de sa carrière.

114e mondiale il y a trois semaines quand elle a pris part aux qualifications de Roland-Garros, Maja Chwalinska pouvait gagner 100 places au classement en cas de victoire. Après avoir déjoué tous les pronostics, l'inconnue devait accomplir un ultime miracle contre Mirra Andreeva, immense favorite et destinée dès le plus jeune âge à ce genre de finale de Grand Chelem. Ce dixième match fut celui de trop pour la Polonaise qui a tenu 6 jeux avant de plier face à la 8e mondiale, qui n'a pas subi les variations adverses et a brillamment appliqué sa tactique pour remporter le premier Majeur de sa jeune carrière (6-3, 6-2 en 1h23). 

Échanges de breaks

Le premier jeu a duré 7 minutes et Andreeva a été patiente, a résisté à la frustration de manquer deux premières balles de break pour finalement prendre le service de Chwalinska, qui a commencé sa finale par une double faute, signe d'une nervosité légitime. 

La Russe a été très attentive aux variations de son adversaire, qui a rapidement usé de l'amortie pour casser le rythme et provoquer des courses vers l'avant. Et sur son engagement, c'est elle qui a cédé, menée 0-30 puis 15-40 et débreakée immédiatement. 

Le vent gênait les serveuses et la Polonaise a de nouveau concédé sa mise en jeu avec un coup droit boisé, après qu'Andreeva l'a fait reculer avec un coup de défense profond. Après le changement de côté, la Russe a eu les mêmes difficultés que sa rivale, avec notamment deux doubles fautes et une faute directe dès le 2e coup de raquette qui ont précipité un nouveau débreak. 

Il a fallu attendre le 5e de cette finale pour qu'une joueuse remporte enfin son service. Chwalinska l'a fait avec un jeu blanc qui a, à la fois, montré des signes de frustration de l'autre côté du terrain, et aussi une maîtrise tactique toujours aussi épatante. Après qu'Andreeva a elle aussi remporté son engagement, le changement de côté a de nouveau joué des tours à la serveuse. La Polonaise était dans le coup : elle va encaisser un terrible 8-0. 

Andreeva prend le dessus

Toujours en difficulté au service, Chwalinska a été breakée pour la 3e fois. Dans les cordes à 30-15, la Russe a réalisé un coup froid chopé en bout de course qui a fusé sur la ligne. Cela lui a permis de confirmer son break, notamment grâce à son envergure dans le petit jeu. Capable de mettre plus de puissance, elle a pris le dessus dans l'échange et a conclu la première manche sur un break blanc (6-3).

L'air de rien, Chwalinska venait de concéder seulement son deuxième set du tournoi principal. Mais l'impression laissée n'était pas en sa faveur et si elle est parvenue à écarter deux balles de break, la troisième fut de trop (2-0). Andreeva avait une main sur la coupe... mais elle a eu un trou d'air. À 0-40, elle a tout de même trouvé les ressources pour recoller et valider sa mise en jeu. 

Très friable au service (46% de points gagnés derrière la première, à peine 18% derrière sa deuxième avec un 0/7 dans le second set), Chwalinska était dans la nasse car Andreeva jouait juste, relâchée, les deux pieds dans le court. Tendue en début de match, Conchita Martínez, finaliste en 2000 contre Mary Pierce (qui a remis le trophée), était nettement plus détendue dans son box, d'autant que sa joueuse a enfoncé le clou avec un nouveau break blanc.

La Polonaise a évité le bagel et elle a même débreaké. Un baroud d'honneur qui n'a pas pu éviter le triomphe d'Andreeva, impériale tout au long de la quinzaine et lauréate logique de cette finale qui aura vu la consécration d'une nouvelle étoile du tennis féminin.