L'affaire remonte au 15 juin 2023, jour où un acte sexuel consenti a été filmé dans un club de plage de la commune de Mogán, au sud de Gran Canaria. Les enquêteurs soupçonnent que les images ont ensuite été diffusées sans le consentement des personnes concernées, ce qui vaut aux quatre joueurs d'être mis en cause.
Les défenses estimaient que plusieurs droits fondamentaux de leurs clients avaient été violés durant l'enquête. Selon le Tribunal Superior de Justicia de Canarias (TSJC), la juge a jugé cette violation non démontrée. Étaient notamment contestés, lors de l'audience préliminaire du 19 mai 2026 : la saisie du téléphone de l'un des joueurs, l'audition de l'un des mis en cause, plusieurs décisions d'instruction, ainsi que des données extraites de l'analyse des téléphones.
Pourquoi la saisie des téléphones a été jugée légitime
Au moment de sa convocation, l'un des mis en cause n'avait que le statut de témoin. C'est en reconnaissant spontanément, lors de son audition, avoir participé à l'enregistrement de la scène qu'il est devenu mis en examen. La juge justifie cette saisie par le double statut des appareils — preuve et instrument du délit — et par le risque de disparition des données : les mis en cause avaient sauvegardé puis supprimé du contenu de leurs comptes juste avant leur interpellation, ce qui renforce selon elle la nécessité de la mesure.
Un enregistrement WhatsApp jugé valable
Les avocats contestaient aussi un enregistrement audio issu de WhatsApp versé au dossier. La juge écarte cette objection en s'appuyant sur la jurisprudence du Tribunal Supremo, selon laquelle une conversation peut légalement être enregistrée par l'un des participants, sans atteinte au droit de ne pas s'auto-incriminer.
Enfin, la juge précise que le pardon accordé par les victimes ne s'applique pas automatiquement à l'ensemble des infractions poursuivies, et que sa portée ne pourra être évaluée qu'après leur audition devant le tribunal.
