L'heure était venue de savoir qui allait défier l'Espagne en finale de la Coupe du monde de football 2026. Difficile de désigner un favori entre l'Argentine, ballottée depuis le début de la phase à élimination directe, mais toujours en quête de doublé, et l'Angleterre, qui avait prouvé ses qualités de résilience, mais qui n'avait plus atteint la finale depuis 1966.
Entre deux ennemis intimes, le début de match était frappé du sceau de la nervosité. Des fautes, des fautes et encore des fautes, l'accent était mis sur la confrontation physique. Et bien évidemment, c'était au détriment du jeu. D'autant que tout le monde proposait une solution individuelle.
Quand arrivait la première pause fraîcheur, on se demandait ce qu'on faisait là. Pas de tirs, peu de situations chaudes malgré un engagement maximal. Il fallait sans doute espérer un déblocage sur coup de pied arrêté, mais quand John Stones avait l'occasion, il ne cadrait pas sa tête (33e). Le suivant voyait Emiliano Martínez s'employer, et cela réveillait enfin l'Argentine, et notamment Enzo Fernández, dont la frappe frôlait la barre de Jordan Pickford (38e).
Mais, hormis ces cinq minutes de frémissement, encéphalogramme plat à la pause : aucune frappe cadrée (0-0).
L'Angleterre a été trop impatiente
Cette première frappe cadrée, elle arrivait en moins de deux minutes au retour des vestiaires via un déboulé de Julián Álvarez, preuve que l'état d'esprit était différent. Les Anglais tentaient de se mettre au diapason, et allaient rapidement parvenir à leurs fins : sur un ballon mal dégagé, Morgan Rogers envoyait un centre à rebonds et Anthony Gordon grillait la politesse à Nahuel Molina pour enfin débloquer la rencontre (55e).
Les Three Lions tenaient leur proie dans leur gueule, comme le prouvait un retour 4 étoiles de Djed Spence sur Giuliano Simeone. L'Argentine avait repris le contrôle du ballon, mais usait et abusait de Lionel Messi, qui avait toujours à minima deux joueurs sur le râble. Sauf que l'Angleterre se délectait d'opérer en contre, Martínez devant s'interposer sur une frappe de Declan Rice (66e).
Mais l'Albiceleste restait capable de surgir à n'importe quel moment : juste avant la pause fraîcheur, un centre de Messi offrait une balle de but à Nico González, mais Pickford sortait l'arrêt juste. Les Anglais faisaient tomber le rythme et tentaient de garer le bus, une stratégie risquée, qui manquait de se retourner contre eux quand une tête signée Alexis Mac Allister fracassait le poteau d'un Pickford battu (76e).
La vague argentine déferlait alors sur la surface anglaise : trop tard ? Enzo Fernández retentait sa chance en vain de loin, mais Pickford s'interposait. Sauf que sa deuxième tentative allait être la bonne : seul dans l'axe, bien trouvé par Messi, il avait tout le temps d'ajuster sa frappe, et cette fois, Pickford ne pouvait rien faire (86e).
Totalement submergés, les Anglais n'en pouvaient plus. Alexis Mac Allister touchait le poteau d'une belle frappe, avant que Lionel Messi ne ressorte de sa boîte : un centre parfait pour la tête de Lautaro Martínez, qui venait d'entrer, et qui libérait de la tête tout un stade. En sept minutes, l'Angleterre avait perdu toutes ses illusions, coupable d'avoir voulu en finir trop tôt.
Victoire 2-1 de l'Argentine, définitivement insubmersible. Ce n'était pas attrayant, mais il a suffi d'un coup d'accélérateur au meilleur moment pour rafler une nouvelle finale de Coupe du monde. L'Angleterre pourra se ronger les ongles et bien plus : quand on a le match en main et qu'on refuse l'obstacle, difficile d'espérer mieux qu'une remontada que l'on a vue arriver de loin...
