"J'ai beaucoup de mal à visualiser les Jeux de Los Angeles. On est à deux ans et quelques, j'ai vraiment besoin d'avoir des objectifs qui arrivent vite, comme les Championnats d'Europe cette année par exemple", a-t-il déclaré lors d'un point-presse avec plusieurs médias français, dont l'AFP.
Question : Avant votre compétition de reprise fin avril, pouvez-vous décrire votre entraînement au quotidien aux Etats-Unis ?
Réponse : "C'est la première fois que le mois de mars est aussi difficile en termes de volume, d'intensité et de difficulté à enchaîner les séances ! Récemment on a nagé huit kilomètres par session, avec une double session le lundi, mercredi et vendredi, c'est-à-dire qu'on était à peu près à 72 km par semaine. Donc il y a un état de fatigue constant mais on s'en est bien sorti, on a un super groupe."
Q : Cela a-t-il été évident de vous ré-infliger ce volume d'entraînement après les JO de Paris ?
R : "C'était compliqué physiquement. Mentalement, mon coach a fait vraiment un bon travail sur la façon dont on a construit l'année dernière. Donc mentalement ça va, c'est juste physiquement que c'était vraiment compliqué parce que je n'ai plus 18 ans ! Mon corps s'adaptait super bien il y a 3-4 ans. Aujourd'hui je réagis vraiment différemment. J'ai dû adapter un peu ma façon de récupérer."
Q : De quoi avez-vous envie pour les Championnats d'Europe cet été ?
R : "L'idée, c'est de battre mes meilleurs temps. Le programme n'est pas encore fait, mais je sais que je vais faire le 400 m quatre nages le premier jour. Si je me qualifie, ce serait une course où j'aurais envie de battre mon record (qui est aussi le record du monde, NDLR). C'est quelque chose que j'ai envie de faire dans un futur proche et j'imagine que le faire à Paris aux Championnats d'Europe, ce serait top."
Q : Vous avez obtenu votre diplôme d'ingénieur en décembre. Maintenant que vous n'avez plus les études à côté, comment occupez-vous votre temps libre ?
R : "Ça fait bizarre ! J'avais deux options après mon diplôme. Soit je repartais direct sur un master, soit je me laissais un peu de temps pour voir ce que j'ai vraiment envie de faire, d'expérimenter ce que ça fait d'avoir du temps pour faire d'autres choses qui me plaisent. Donc c'est ce que j'ai choisi de faire. Je me consacre plus à mes passions. Je fais beaucoup de piano en ce moment, je regarde des séries, des films... J'ai une vie assez ennuyeuse !"
Q : "Vous avez récemment rencontré l'équipe de France de football. Qu'avez-vous retenu de cette expérience ?
R : "C'était assez bizarre parce que normalement l'équipe de France, je la vois à la télé. Et là je me suis retrouvé d'un coup en discussion avec Didier Deschamps et Kylian Mbappé, c'était assez dingue. J'ai beaucoup discuté avec le préparateur physique, on a pu comparer ce que les nageurs faisaient et ce que les 'footeux' faisaient. J'ai aussi rencontré l'équipe, c'était vraiment cool de les voir en dehors de la télé."
Q : Échangez-vous aussi parfois avec Victor Wembanyama qui est installé à San Antonio, pas très loin de votre lieu d'entraînement à Austin (Texas) ?
R : "Oui, on échange. Je l'ai félicité parce qu'il fait une saison incroyable. J'ai eu la chance de le voir en vrai, de le voir jouer et aussi mener une équipe de A à Z dans des matchs importants. C'était vraiment surprenant parce qu'il n'est pas que joueur, on a l'impression que c'était le capitaine de l'équipe. Même quand il était sur le banc, on avait l'impression qu'il jouait. Donc c'était vraiment impressionnant de voir ça. On s'est rencontrés aussi hors caméra et il y a eu des discussions vraiment intéressantes pour moi, et pour lui aussi, j'espère."
Q : Vous avez souvent dit que les JO de Paris n'étaient qu'une étape. Êtes-vous complètement tournés vers les JO 2028 ?
R : "J'ai vraiment tourné la page pour me projeter vers LA au moment où j'ai commencé à me concentrer sur les Championnats du monde 2025. Donc je dirais que c'est en février 2025 que j'ai commencé à passer à autre chose, c'était très, très long. Après, j'ai beaucoup de mal à visualiser les Jeux de Los Angeles. Là, on est à deux ans et quelques, j'ai vraiment besoin d'avoir des objectifs qui arrivent vite, comme les championnats d'Europe, par exemple cette année."
