Invité autour d'un point presse de rentrée, Flashscore a assisté à l'intervention de Thierry Omeyer au sujet du futur proche du Paris Saint-Germain.
L'ancien champion olympique n'a pas hésité à rappeler que l'objectif est de gagner ainsi que de faire mieux que l'an dernier. Il a également abordé la place des nouveaux dans le groupe, et son avis concernant les évolutions de formats en compétitions nationales et européennes.
Il a tout d'abord tenu à développer plusieurs points avant de répondre aux questions des journalistes.
"Les joueurs ont repris le 22 juillet. Ils ont vécu une préparation bien chargée avec un gros programme pour pouvoir aborder cette nouvelle saison de la meilleure des façons. On a commencé par une reprise ici à Coubertin pendant quelques jours avant de tout de suite s'envoler pour Tokyo, pour notre tournée habituelle. C'est la quatrième année de suite qu'on va à Tokyo. On a pris nos petites habitudes là-bas et ça a été vraiment une belle tournée. On est parti à peu près neuf jours sur place où on a pu continuer le travail. Puis on a fait deux matchs contre le Zigstar Tokyo et l'équipe nationale espoir du Japon.
Ces deux matchs ont été de vrais succès avec plus de 11 500 spectateurs. Donc c'était vraiment très bien pour le handball international aussi. On a pu contribuer à son développement, puisque je pense que c'est important pour la marque PSG, bien sûr, de s'expatrier, mais aussi de montrer ce qui se fait de mieux au niveau du handball là-bas, au Japon. Ensuite, on est rentrés continuer la préparation ici à Paris pendant à peu près 8 à 10 jours.
Cette année, on a fait le choix de se confronter à des équipes d'un niveau un peu plus élevé qui permettent aussi de bien se jauger, de travailler. L'objectif sur ces matchs-là, c'est aussi de permettre à tout le monde de rentrer dans la rotation, les nouveaux systèmes pour le coach et de voir aussi ce qui nous reste à travailler. Les joueurs sont rentrés samedi et ont repris cette semaine.
C'est important pour nous d'être dans la continuité de la préparation, mais aussi de vraiment lancer notre saison. On a vraiment envie de conquérir ce Trophée des champions. On n'a pas su gagner les deux dernières années. Et puis derrière, ça va s'enchaîner très vite avec de grosses échéances où il va falloir être prêt d'entrée. Il y aura une remise en question des priorités.
Le championnat, forcément, ça reste quelque chose d'important pour nous. On commence un match à Chambéry, ce qui est toujours compliqué. On avait vu l'année dernière que Nantes avait perdu un point dès la première journée, donc à nous d'être attentifs. On sait que cette année le championnat, ça va se jouer non seulement à la régularité, mais surtout qu'il va falloir être dans les quatre premiers. Notre objectif en tant que Paris Saint-Germain, c'est quand même de finir tout en haut, à la première place de la saison régulière. Et puis derrière, avec ces demi-finales et finale sèche, l'ambition toujours d'être champion de France, malgré ce changement.
En Ligue des champions, il va falloir être prêt tout de suite. C'est vrai que sur les années précédentes, le format faisait qu'il fallait finir dans les six premiers, qu'il y avait vraiment une nouvelle compétition qui commençait à partir des huitièmes, voire des quarts, six qualifications directes. Cette année, il y a ces six poules de quatre équipes. Le but, ça va sans dire, c'est de se qualifier pour le tour principal avec le maximum de points. On a un premier déplacement à Aalborg avant de recevoir Zagreb.
En ce qui concerne les recrues pour Rodrigo Corrales, on est très contents de le retrouver avec sa bonne humeur légendaire et puis surtout avec son talent et la qualité qu'on lui connaît. On a aussi Frederik Ladefoged qui vient renforcer la rotation au niveau du poste de pivot entre l'attaque et la défense. Il va lui aussi être capable de rentrer dans la rotation sur les deux aspects, que ce soit offensif et défensif.
Et puis Bjarki Elisson, qui a été la recrue de dernier moment, mais je pense qu'on a fait vraiment une belle pioche aussi à ce moment-là de la saison, suite malheureusement à la blessure de Mathieu Grébille contre Nantes. Il a 35 ou 36 ans, mais il a toujours cette qualité naturelle à se projeter vite vers l'avant et à pouvoir apporter aussi un ratio de but important."
Quel est votre avis sur le changement de formule des deux compétitions ? Est-ce que pour le PSG, c'est un changement bénéfique ?
Je n'ai pas de boule de cristal. J'espère que ce sera quelque chose de bénéfique. Pour moi, un championnat, c'est quelque chose qui doit se décider sur la régularité, sur la constance, sur cette capacité qu'ont les joueurs à être performants de la première à la dernière journée. C'est ça aussi qui prouve beaucoup la résilience, la capacité de passer outre certaines blessures pendant la saison et d'être capable justement de jouer tous les trois jours et d'apporter de la performance.
Je suis plus un adepte de la saison régulière et de décerner ce titre de champion à la fin. Maintenant, ça a été voté et décidé. Je n'ai pas voté pour, mais je ne vote pas tout seul. On va s'adapter. Ça n'enlève en rien notre ambition d'être champion de France à la fin de la saison. Tout au long de la saison pour arriver aussi en forme sur ces demi-finales et finales. Quand on est le Paris Saint-Germain, on a envie de gagner tous les matchs quand on rentre sur le terrain.
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Nous, ça fait 12 ans de suite qu'on est champions. On a envie, malgré ce changement de formule, de gagner une 13ᵉ fois d'affilée. Il faut aussi comprendre qu'il y a toute la saison qui est importante pour les clubs, notamment aussi pour la qualification en Ligue des champions, parce que le champion de France sera qualifié en Ligue des champions, mais derrière, c'est la deuxième et la troisième place sur laquelle on peut postuler. Les Français auront, je pense, la deuxième et la troisième.
Tout se fera via la saison régulière et pas via le finaliste, par exemple du championnat de France. Donc pour nous, l'important c'est quand même de finir tout en haut, comme j'ai dit, parce que si on finit premier, déjà on joue contre le quatrième, avec un match retour à domicile. C'est quand même plus simple que normalement : si tu finis deuxième, tu joues contre le troisième.
Beaucoup vont vouloir le Championnat de France cette année. Voyez-vous la concurrence évoluer ?
Ça va forcément changer un peu l'état d'esprit des clubs. Je pense aussi que ça va créer un peu plus d'homogénéité. Il y aura peut-être six équipes qui vont lutter pour ces 4 places.
N'y a-t-il pas un regret de se dire que la finale aurait pu se jouer peut-être en aller-retour ? Parce que finale sèche, c'est vrai que tu peux très bien dominer toute la saison, puis au final te retrouver sur ce dernier match où le 2-3-4 peut finalement gagner le titre ?
Si tu veux changer, autant essayer de préserver un peu l'équité et la constance et que tout se décide pas sur un seul match. Potentiellement, tu peux gagner 32 matchs et perdre le 33ᵉ et ne pas être champion, et c'est ça que je trouverais un peu injuste. On va voir comment ça se passe. Je pense que c'est aussi bien d'innover et d'apporter de nouvelles choses. On espère que ça va apporter de la visibilité.
Est-ce que le match de samedi contre Montpellier, le Trophée des champions, a peut-être une importance différente cette saison ?
Je pense, oui. Même s'il y a beaucoup de temps et que là on est en début de saison et qu'on sera forcément meilleur balistiquement sur la fin de saison, on sait que cette année, on aura beaucoup de matchs couperet, beaucoup de matchs importants. On est capable de vraiment cibler des matchs et de répondre présent et d'avoir cette concentration nécessaire à ces très grands matchs.
On l'a très bien fait sur la scène nationale, moins sur la scène européenne. À nous, justement, de progresser, d'être capables de se servir de ce qu'on a apporté et de ce qu'on a fait sur la scène nationale la saison dernière. Pour cette année, j'attends vraiment qu'on soit capable de le faire sur la scène internationale. L'équipe n'a pas trop bougé. On doit être capable de faire bien mieux.
Où se situe l'ambition européenne ?
Il y a le changement de formule. La 1re étape est de se qualifier pour le tour principal et après terminer dans les 4 premiers pour aller en quart de finale. Ce qu'on n'a pas été capable de faire sur les 2 dernières saisons, malheureusement. L'ambition d'aller au Final Four doit exister quand on est le Paris Saint-Germain.
Est-ce que le changement de formule en Ligue des champions avec les quatre premiers peut être plus favorable ?
Oui, c'est pour ça que c'est important de commencer fort, parce que, les points potentiels que tu amènes avec toi sur le tour principal, ils vont déjà être très importants pour être à minima à égalité avec l'équipe avec laquelle tu pars. Est-ce qu'on est capable de finir dans les deux premiers pour avoir un match retour à domicile ? Pour moi, ce n'est plus aussi important.
Toutes les équipes sont capables de bien jouer à l'extérieur. Il y a beaucoup de pression qui est mise par le public, mais il y a aussi beaucoup de pression quand tu es à domicile et que tu te dois de qualifier. Donc, c'est plus l'adversaire qu'on va être capable de rencontrer.
Si on finit dans les quatre, on aura quand même un groupe principal qui sera certainement très relevé. C'est aussi le but de cette nouvelle formule, avoir deux tours principaux avec 6 et 6, qui va être beaucoup plus dense. Il y aura beaucoup de belles affiches et ça, c'est quelque chose de très bien aussi pour nos supporters, pour notre public.
Le coach sait que c'est sa dernière saison. Pour mettre en place un projet de jeu, est-ce que c'est quelque chose qui peut quand même l'impacter lui et le collectif ?
Non, après, c'est une discussion qu'on a eue vraiment toute franche entre quatre yeux, et il n'y a aucun souci. Il a envie de laisser aussi une bonne image au sein du Paris Saint-Germain. C'est ce que je lui ai dit : il est invaincu sur la scène nationale, en tout cas au niveau du championnat de France, où il a fait 29 victoires et un match nul.
S'il peut faire ses deux ans en n'ayant pas perdu, c'est tout le mal que je puisse lui souhaiter. En Ligue des champions… On sait qu'on aurait pu terminer un peu plus haut parce qu'on a laissé échapper beaucoup de points. Il faut qu'à domicile, on soit capable d'être meilleur. On a perdu trop de points l'année dernière à Coubertin.
Et ça, c'est des choses qui, en Coupe d'Europe, ne pardonnent pas. Je trouve qu'on a été meilleurs sur nos matchs à l'extérieur que sur nos matchs à domicile. C'est quelque chose à corriger. Il faut qu'on diminue nos temps faibles. Et puis qu'on ait ce côté conquérant qu'on a sur la scène nationale, il faut qu'on soit capable de l'avoir au niveau européen.
À quoi ressemblerait une saison réussie ?
Il faut un titre. C'est l'essence même du Paris Saint-Germain. Il faut progresser, avancer, faire mieux que ce qu'on a été capable de faire, notamment sur les deux dernières saisons en Ligue des champions.
Vous avez parlé de retour avec Rodrigo. On sait qu'il va avoir un rôle important par rapport à Mikkel Lovkist. Il y a aussi d'autres retours qui arrivent.
Il faut avoir de la vision sur un très court terme, mais aussi à moyen et long terme, avec des fins de contrat, avec des recrutements, des joueurs ou des entraîneurs qui ont besoin d'avoir peut-être de la sécurité, ou en tout cas de signer sur plusieurs années, que ce soit dans un club, ou parfois déjà de se projeter sur la suite. Ce serait aussi une erreur de pas l'avoir fait et d'attendre le dernier moment. Il faut être capable de saisir les opportunités de recruter. On a plutôt bien travaillé pour l'instant. Il y a encore des choses qui vont être faites, mais on a pas mal de visibilité sur la saison prochaine.
Comment va Mathieu Grébille ?
Il est encore au début de sa convalescence, mais il a enlevé sa botte, il marche. Ça a été très long le moment avec les béquilles, la botte… Il est bien accompagné par notre staff médical, que ce soit le médecin et nos kinés, et puis on va suivre l'évolution. Je n'ai pas de date à donner sur un éventuel retour, mais forcément, ce sera pas sur la première partie de saison.
Est-il possible que Nedim Remili revienne aussi au PSG ?
Des rumeurs, il y en a tous les jours. Nedim, c'est un super joueur. Mais aujourd'hui, il est en contrat avec Veszprem.
Comment faire pour que cette saison-là ne soit pas une saison de transition ?
Je suis complètement rassuré par l'échange que j'ai eu avec mon coach, avec les joueurs qui vont partir. Ils savent qu'ils ont encore cette année au Paris Saint-Germain, que c'est l'opportunité de gagner des titres, de gagner. C'est le lot de tous les clubs, de tous les joueurs. Et je pense que quand il y a une année comme ça à faire encore dans un club, tu as envie aussi de bien finir. C'est aussi un groupe qui est ensemble et qui va se séparer à la fin de la saison. Les joueurs vont continuer à s'investir.
Ces dernières années, on a vu plusieurs joueurs avoir un peu de temps de jeu. À chaque fois, on voit des départs. Est-ce que c'est quelque chose que vous pouvez regretter, de ne pas pouvoir davantage inclure des jeunes du centre de formation au club ?
On investit depuis de longues années avec le centre de formation. C'est important d'essayer de former un maximum de jeunes, de les amener vers le plus haut niveau. L'objectif, c'est d'essayer d'enseigner et qu'ils puissent aussi être dans l'identité Paris Saint-Germain et faire toute leur carrière.
C'est vrai que c'est dur, la marche elle est haute aussi entre le centre de formation, la Fédérale et la Ligue des champions, et avec les ambitions et avec ce souhait aussi pour les jeunes joueurs d'avoir du temps de jeu. On est capable de les voir partir et faire revenir. Maintenant, c'est vrai que c'est compliqué, mais on voit quand même qu'il y a beaucoup de jeunes qui ont été formés qui aujourd'hui évoluent soit en D1, soit en D2.
On a eu Dylan Nahi qui va revenir quand même. C'est quand même aussi un joueur qui a été formé chez nous. On est très contents. Il a fait son expérience à l'étranger et c'est très bien aussi parce que ça lui a permis de se développer, de grandir et de peut-être franchir encore un cap différent.
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On continue de bien travailler avec eux et avec les jeunes et on essaie aussi de bien cibler les meilleurs jeunes et de les attirer. Parce que parfois aussi, il y a cette peur un peu pour les jeunes de venir au PSG parce que ça peut être un peu impressionnant et cette peur aussi de ne pas pouvoir être tout de suite sollicité.
Comment voyez-vous l'équipe de France ? Si elle gagne, le handball gagne aussi en visibilité.
Il y a un nouveau sélectionneur qui arrive. Je pense qu'on a une très très belle équipe de France avec beaucoup de très grands joueurs qui jouent dans les plus grands clubs européens et surtout qui sont décisifs avec ces grands clubs européens, que ce soit à Paris avec Elohim (Prandi) ou Karl (Konan), à Barcelone avec Dika Mem, avec Nedim (Remili) à Veszprem...
Il y a des joueurs qu'on voit toutes les semaines en Ligue des champions. Maintenant, ils doivent être capables d'aller chercher un titre. Le Danemark a aussi cette légitimité-là, cette confiance-là. Mais, s'il y a une équipe qui est capable de gêner le Danemark, c'est bien la France. Donc, moi, je ne suis pas inquiet pour l'avenir et j'espère vraiment que ça va se matérialiser rapidement par un titre.
Concernant les droits TV en Ligue des champions : êtes-vous serein et pensez-vous que ça va se décanter ?
J'espère en tout cas qu'il y a encore un peu de temps jusqu'au début du championnat. C'est vrai que ce serait bien qu'on soit diffusé.
C'est la dernière saison de Luka Karabatic. Vous prévoyez des choses pour lui rendre hommage toute la saison ?
Oui, bien sûr. Luka, c'est un joueur qui a marqué l'histoire du Paris Saint-Germain. C'est le joueur qui a le plus de matchs joués avec ce club. C'est sa douzième saison, je crois. On lui souhaite qu'elle soit belle, de profiter pleinement. Je sais ce que c'est de jouer une dernière saison.
Et, je pense que ça aide aussi psychologiquement à bien la vivre, à profiter de chaque instant, de chaque déplacement, de chaque moment, chaque victoire. Bien sûr qu'on travaille sur des choses à faire. J'espère qu'il sera mis en avant, comme ça a été le cas par tous les clubs, pour des anciens joueurs qui ont pris leur retraite sur les dernières saisons.
Qu'est-ce que vous pensez qu'il serait bien de mettre en place par rapport aux pays comme le Danemark pour permettre au handball français de venir sur la scène internationale ?
C'est un peu deux choses différentes. Bien sûr, la notoriété du handball, c'est quelque chose d'important. Je pense qu'on y contribue aussi beaucoup, nous, avec le Paris Saint-Germain, avec l'image et la force de la marque. On essaie aussi depuis peu de le mettre en place avec des délocalisations comme on l'a fait. Ça passe aussi par la formation, par des jeunes joueurs qui grandissent. Il faut peut-être qu'on progresse un peu.
C'est vrai qu'au Danemark, ils ont très bien travaillé. Ils réussissent à sortir beaucoup de très bons joueurs. Il n'y a pas de raison qu'on n'y arrive pas. Mais c'est maintenant qu'il faut prendre le sujet et être en capacité de faire perdurer ces résultats avec des médailles et des titres.
Parce qu'à la fin, c'est un peu le problème de l'équipe de France d'avoir habitué à ne gagner que des titres. L'Allemagne a aussi une belle génération. On l'a payé deux fois sur les trois dernières années, malheureusement. Et il y a aussi la Suède, la Croatie qui revient plutôt bien, l'Espagne qui est toujours embêtante à jouer tactiquement.
