Vous avez récemment affronté l’OL Lyonnes, considérée comme l'une des meilleures équipes d'Europe avec le Barça. Ce match vous a-t-il servi à préparer cette rencontre européenne ?
Sandrine Soubeyrand : Ce sont d'autres qualités, évidemment, et de très haut niveau, mais chaque match est différent, chaque compétition est différente. Ça va être difficile, mais on n'a rien à perdre : j'espère qu'on saura démontrer qu'on est capables de les embêter un peu. C'est notre premier match de Ligue des champions, donc je pense qu'elles auront à cœur, devant leur public, de bien débuter la compétition et de montrer qu'elles ne sont pas championnes d'Europe par hasard.
Comment se prépare-t-on mentalement pour affronter une équipe championne d'Europe comme le Barça ? Y a-t-il quelque chose que vous abordez différemment, ou tout se prépare normalement ?
Clara Mateo : C’est forcément excitant d'être à la veille de ce match-là. On sait que le FC Barcelone, c'est une des plus grandes équipes d'Europe, donc c'est aussi pour disputer ce genre de rencontres qu'on a à cœur de jouer la Ligue des champions chaque année. On a préparé ça avec de l'envie et de la fierté. Après, on va aussi se concentrer sur nous, sur ce qu'on sait faire. On sait que ça va être un match difficile, que c'est une équipe qui aime avoir la possession du ballon, donc il va falloir être solides défensivement et montrer toute notre solidarité.
Vous les aviez déjà affrontées la saison dernière, et l'effectif du Barça a pas mal changé depuis, avec plusieurs cadres absentes pour ce match. Cela change-t-il votre préparation, avec peut-être l'ambition de les embêter davantage dans le jeu ?
Sandrine Soubeyrand : On ne se prépare pas différemment. L'an dernier, c'était un contexte différent puisqu’on était déjà qualifiées. Mais qu'elles aient des absentes ou non, c'est une top équipe, c'est ce qui se fait de mieux sur la scène européenne. Je pense qu'au niveau mondial, ce n'est pas loin d'être la meilleure équipe. Elles ont changé une partie de leur effectif, mais elles auront à cœur, je pense, de démontrer qu'elles sont encore candidates à leur propre succession.
Commencer la compétition contre le Barça, est-ce une indication du niveau qu'il faudra tenir pour aller loin dans cette Ligue des champions ?
Sandrine Soubeyrand : On sait très bien qu'il faudra être à un très haut niveau, et que la Ligue des champions, c'est un cran au-dessus du championnat français. C'est un match international, donc il faut réunir pas mal d'ingrédients, notamment sur le plan de la concentration et sur le plan technique. Et puis il faut être patientes, parce que face à une équipe comme celle-là, on n'aura pas souvent le ballon. Quand on l'aura, j'espère qu'on leur posera des problèmes : il faudra être très efficaces, essayer de se projeter rapidement tout en gardant de la maîtrise et de l'équilibre. Mais c'est un type de foot qui fait rêver tout le monde, et moi la première, j'ai très envie que mon équipe s'étalonne face à cette équipe-là.
Le Barça arrive avec beaucoup d'absentes. Comment cela influence-t-il votre préparation du match ?
Sandrine Soubeyrand : Il y a des absentes, c'est vrai, mais quand je vois Kerolin, quand je vois Pajor, quand je vois Hansen, quand je vois Patri Guijarro, quand je vois Vicky López, etc., on parle des absentes, mais il faut surtout parler des joueuses qui sont présentes : ce sont des top joueuses. Je pense qu'elles ont toutes envie de débuter la rencontre, et nous aussi on a envie de se confronter à cette équipe-là. Elles n'ont peut-être pas tout leur effectif demain, mais même avec beaucoup d'individualités, ce qui ressort avant tout, c'est que c'est un jeu d'équipe très fort.
"Notre force, ça reste toujours le collectif"
Un point sur le groupe : Daphné Corboz a fait le déplacement, elle est même sur les photos. Où en est-elle ?
Sandrine Soubeyrand : Daphne c’est la 1ere fois depuis presqu’un an qu’elle est dans le groupe. Elle est en phase de retour vers la compétition. On est très content pour elle, pour nous aussi, d e la retrouver au sein de l’effectif. C’est une joueuse majeure de l’effectif qui a beaucoup d’expérience. Même si demain elle ne débutera pas demain, elle est très proche de retrouver la compétition. Et sinon toutes les joueuses sont disponibles.
L'effectif a un peu changé par rapport à celui qui avait affronté le Barça la saison passée. Qu'est-ce que votre expérience de ce match vous permet de transmettre, et faut-il faire des ajustements pour jouer la Ligue des champions dès le début de saison ?
Clara Mateo : Concernant l’effectif, on a eu quelques changements cet été, mais toutes les joueuses qu'on a pu recruter se sont très bien intégrées à ce collectif. Elles ont toutes de grandes qualités qu'elles savent mettre au service du groupe. Depuis quelques années, notre force, ça reste toujours le collectif, et on a encore progressé sur ce point. Ce sont aussi des joueuses qui ont de l'expérience à haut niveau — je pense par exemple à Evelyne Viens. Ça va nous permettre, dès demain, d'aborder ce très gros match qui nous met tout de suite dans le bain, et de vraiment prendre la mesure de ce que sera le niveau de cette Ligue des champions.
Votre statut en Ligue des champions a évolué ces dernières années — on se souvient d'une conférence de presse contre Häcken bien moins suivie médiatiquement qu’aujourd’hui. Vous vous êtes aussi qualifiées directement cette fois, sans passer par les barrages. Ressentez-vous une pression supplémentaire, et sentez-vous que les autres équipes vous attendent davantage, qu'elles ne vous considèrent plus comme "la petite équipe" ?
Clara Mateo : Je ne dirais pas qu'il y a forcément une pression supplémentaire, c'est plutôt de la fierté, et le fait que le travail a été accompli. Après, ce n'est pas parce qu'on a bien fait les années passées qu'il n'y a pas une nouvelle page à écrire, pour encore démontrer de nouvelles choses. Ce sera peut-être encore plus dur parce qu'on sera plus attendues, mais ce sera à nous de nous mettre au niveau et de réussir à montrer nos qualités, comme on a dû le faire jusqu'ici. On espère que cette nouvelle Ligue des champions sera aussi belle que les précédentes.
"Toutes proportions gardées, comparé au Barça, le Paris FC, c'est petit"
Le club a été récemment racheté et affiche un projet très ambitieux chez les féminines. Est-ce que cela vous met davantage de pression au moment d'aborder cette Ligue des champions, avec plus d'attentes du club et des supporters ?
Sandrine Soubeyrand : De pression supplémentaire non. Au sein du Paris Fc il y a toujours eu de la place pour une section féminine. On a des actionnaires qui financièrement ont de grandes capacités, mais ça ne doit pas pour autant nous mettre la pression. Ça permet d’avoir un projet stable, d’avoir un peu plus de moyens. Il faut grandir — ça a déjà été dit, il faut que le club grandisse dans le temps, et on n'est pas pressées d'avoir des résultats. On en a déjà eu, puisqu'on s'est qualifiées plusieurs fois pour la Ligue des champions, et on ne se met aucune pression. Toutes proportions gardées, on reste un petit club. Quand je vois qu’on est ici au FC Barcelone, le Paris FC à côté c'est petit. On a des ambitions pour les années à venir, une histoire à écrire, aussi bien chez les garçons que chez les filles. Il faut à la fois être ambitieuses et chercher à aller toujours plus loin, viser une qualification en quarts de finale : c'est l'objectif. Mais on sait très bien qu'il y a beaucoup d'équipes devant nous. On a la chance de pouvoir se confronter à ces équipes-là, mais il faut aussi être conscientes qu'on reste un petit club.
La section féminine du Barça, avec son centre de formation, peut-elle être un modèle de croissance pour le Paris FC, sachant l'importance donnée au centre de formation du club ?
Sandrine Soubeyrand : Tous les clubs devant nous sont des sources d'inspiration : Lyon, chez nous le PSG, le Bayern Munich, Barcelone... Il y a toujours des choses dont il faut s'inspirer. Et le centre de formation du Barça, chez les filles comme chez les garçons, est forcément inspirant.
"On sait qu'il faudra être solides défensivement"
Claudia Pina a déclaré lors d'un événement de l'UEFA que le Paris FC les avait beaucoup embêtées la saison dernière, en fermant bien les lignes et en pressant efficacement. Est-ce une idée qui reste en tête pour aborder ce match, un peu votre plan de jeu ? Et est-ce gratifiant de recevoir ce genre de commentaire de la part d'une joueuse comme Claudia Pina ?
Clara Mateo : Forcément c’est toujours gratifiant. On avait su être présente sur le plan défensif et i-on avait eu deux occasions lorsque le match était à 0-0. Donc voilà, quand on joue contre ces équipes-là, on sait qu'il faut être solides défensivement et essayer d'être efficaces sur les occasions qu'on se crée. On sait que ça va être difficile : comme je l'ai dit, c'est une équipe qui aime avoir beaucoup le ballon, donc les moments où on l'aura, on sait qu'il sera précieux, et il faudra essayer de le conserver. Mais avant tout, il faudra bien défendre ensemble. On peut aussi dire ce qui a bien fonctionné l'année dernière, même si c'est une nouvelle saison, avec des joueuses différentes, chez elles comme chez nous.
