La Ligue 1 vendue en un seul lot, une première
Depuis le vote de la loi du 3 août 2026 sur l'organisation du sport professionnel, la Ligue de football (LFP) n'a plus l'obligation de diviser ses droits en plusieurs lots, un argument de poids pour la vente de la Ligue 1, se persuade-t-elle.
"En 2023, rappelle Vincent Labrune, le président de la LFP, on avait eu des discussions assez poussées avec un gros acteur américain (Apple, NDLR), mais on s'était heurté à la fin à un principe fou du code du sport qui nous obligeait à faire plusieurs lots, alors que cet acteur américain n'était intéressé que par l'exclusivité des rencontres".
Les candidats intéressés par ce lot unique auront le choix de la diffusion exclusive de la Ligue 1 lors des cinq prochaines saisons ou de la distribution exclusive de Ligue 1+, la plateforme de LFP Media qui diffuse le championnat de France, sur la même période.
Le vainqueur de l'appel d'offres pourra néanmoins sous-licencier une partie des matches à un autre diffuseur s'il ne souhaite pas tout diffuser ou s'il veut alléger le coût de son acquisition, avec l'obligation de retransmettre au moins un match lui-même.
La remise des offres devra se faire dans un mois, le 3 décembre, et la Ligue annoncera le lendemain le résultat de l'appel d'offres, qu'il soit fructueux ou non.
Qui pourrait candidater ?
Le directeur général de LFP Media Olivier Bramly a sondé pendant près de trois mois "une dizaine" d’acteurs susceptibles d'être intéressés. La liste paraît peu exhaustive car "ils ne sont pas tant que ça à pouvoir s’aligner", d'après Vincent Labrune.
Canal+ pourrait en être, son patron Maxime Saada ayant entrouvert récemment la porte. Il est envisageable également que BeIN Sports se positionne. Mais c’est surtout le marché des plateformes qui semble le plus ouvert, avec des opérateurs comme Disney +, Amazon, Netflix ou Apple, comme en 2023.
"Les plateformes américaines, ces dernières semaines, ces derniers mois, arrivent un peu plus à maturité dans leur positionnement sur le contenu sportif qu'elles ne l'étaient il y a trois ans. C'est pour ça que je considère que le momentum et le timing de cet appel est bien meilleur", a assuré Vincent Labrune.
L’envie de séduire une plateforme a par exemple joué dans la décision d’avancer la période concernée par l’appel d’offres alors que c'est la période 2029-2034 qui était initialement envisagée. "L'appel à candidature sur une période 2029-2034, c'était beaucoup trop lointain", a assuré Olivier Bramly.
A quel prix les droits pourraient être vendus ?
Combien vaut la Ligue 1 ? C’est la grande question. Et la réponse sera donnée le 4 décembre si l’appel d’offres, qui contient un "prix de réserve" en-dessous duquel la LFP ne vendra pas, va au bout. Ce prix n’a évidemment pas été divulgué par les dirigeants de la LFP, qui ont assuré que le chiffre de 250 millions d’euros circulant depuis quelques jours était "totalement faux".
Pour avoir une idée du prix de la Ligue 1, il faudrait déjà savoir ce que rapporte actuellement Ligue 1+ aux clubs, une évaluation compliquée car les dirigeants de la LFP refusent de donner des chiffres précis.
Olivier Bramly a rappelé qu’un an après le lancement de Ligue 1+, "on a eu plus d’un million d’abonnés la saison dernière". Mais il faut soustraire aux revenus le coût de fabrication autour de 60 millions d’euros. Certaines estimations évoquent plusieurs dizaines de millions d’euros générés pour les clubs, mais le secret est bien gardé.
En tout cas, Olivier Bramly a prévenu : l’appel d’offres sera fructueux si la LFP parvient à générer "sensiblement plus que la trajectoire prévisionnelle" à la hausse, selon lui, de la chaîne.
