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La Lettonie, un drôle d'adversaire pour les Bleues

La Lettonie, un drôle d'adversaire pour les Bleues
La Lettonie, un drôle d'adversaire pour les BleuesPhoto par FRANK HOERMANN / SVEN SIMON / SVEN SIMON / DPA PICTURE-ALLIANCE VIA AFP

L'équipe de France féminine affronte la Lettonie ce samedi à 21h à Laval, dans le cadre d'un match amical dont l'adversaire est loin de faire rêver.

L’équipe de France avait un problème de riche lors de cette trêve internationale féminine : déjà qualifiée pour la future Coupe du monde 2027 grâce à sa 1ere place du groupe 2 de la Ligue A, devant les Pays-Bas et l’Irlande, elle n’avait pas à disputer les barrages pour valider son billet pour le Brésil. Là où l’Angleterre doit par exemple affronter la Grèce, les Pays-Bas la Hongrie, et la Norvège la Roumanie pour espérer décrocher son ticket pour le Brésil. Les mieux classés de la Ligue B et de la Ligue C sont eux aussi convoqués à ses tours de qualification. En Europe donc, difficile de trouver un adversaire d’envergure, ne restant que les dernières nations des ligues B et C, trop faibles pour intégrer les barrages.

Et c’est d’ailleurs ce qui explique pourquoi la France démarre sa préparation pour la Coupe du monde 2027 face à… la Lettonie, 104e nation mondiale derrière les Iles Féroé et le Vanuatu. En conférence de presse, le sélectionneur Laurent Bonadei revient longuement sur le choix d’affronter donc cette nation qui ne s’est jamais qualifiée ni pour un Euro ni pour une Coupe du monde et reste sur sept défaites en sept matchs, pour 20 buts encaissés et 3 marqués.

Une question d'organisation

"Toutes les autres équipes européennes jouent les barrages pour se qualifier, à part les quatre équipes qui ont fini dernières de Ligue B et quelques équipes qui ont fini dernières en Ligue C. La Lettonie était la dernière en Ligue B, donc elle fait partie de ces quatre équipes", pose-t-il, ajoutant que la France a signé une vraie "performance" en figurant parmi les quatre premières nations du continent européen à se qualifier au Mondial.

"Après, il y a différentes contraintes liées à l'organisation des matchs. Je ne suis pas organisateur de matchs, mais par exemple, Joe Montemurro, sélectionneur de l'Australie, m'a contacté parce qu'il aurait aimé jouer contre nous. Mais elles s’entraînent en Allemagne et il aurait fallu organiser un match supposé être à domicile en Allemagne. Il y a beaucoup de contraintes auxquelles on est obligé de faire face", poursuit-il.

L’Australie affrontera donc l’Allemagne et Haïti lors de cette trêve, à Karlsruhe puis à Chambly, en France donc. Ce 9 octobre se joue aussi un étonnant Haïti-Japon, deux nations qualifiées lors de la précédente Coupe du monde, toujours en amical, au stade Bauer dans l’antre du Red Star francilien. "Avec l'Australie et le Japon, nous affrontons deux nations du Top 10 mondial qui vont nous poser des défis très différents de ceux que nous rencontrons habituellement face aux équipes européennes. C'est exactement ce dont nous avons besoin dans notre préparation pour la Coupe du Monde 2027, afin d'apprendre à nous adapter à différents styles de jeu et à des profils tactiques variés", a justifié de son côté le sélectionneur allemand Christian Wück, dont les joueuses affrontent l’Australie et le Japon.

Un seul match, plus de repos

Des sélections que la France affronte rarement qui profitent de cette trêve sans matchs officiels pour aiguiser leurs tactiques lors de rassemblements en Europe. Mais ce n’est pas l’option choisie par la FFF. "Quand on m'a dit qu'on allait faire un seul match sur cette fenêtre, j'ai dit pourquoi pas, poursuit le sélectionneur, alors que les garçons sortent eux d’une trêve à quatre matchs vivement appréciée par son homologue masculin, un certain Zinedine Zidane. J'ai aussi vu le calendrier, et vous savez très bien que le 17 octobre, il y a un gros match dans notre championnat, Paris Saint-Germain contre l’OL Lyonnes."

"Je me suis dit que c'était finalement une bonne chose dans une période où, comme je le disais tout à l'heure, les organismes sont mis à rude épreuve. Je vais avoir les joueuses sur une courte période. Elles seront libres après le match, ce qui leur permettra de retourner dans leur club, d'avoir un peu de repos et de bien préparer cette affiche sur toute une semaine, et d'éviter toutes les petites polémiques en termes d'équité de temps de jeu."

Sans dénigrer l’adversaire et rappelant qu’il attend de ses joueuses "beaucoup de sérieux" et "un bon état d’esprit" malgré une Lettonie très faible, Bonadei assure même que cette rencontre va permettre de s’aguerrir face une "équipe qui va forcément défendre en bloc bas" : "Ça va nous permettre de travailler certains principes de notre animation offensive en position haute, et aussi des situations de transition défensive qu'on retrouve assez souvent en match." Autre point positif : les 6 000 billets vendus pour cet amical un samedi soir à 21h à Laval, pendant le multiplex de Ligue 1.

Ce choix d'adversaire, pour une rencontre en France, serait aussi un choix économique. Selon des sources brésiliennes citées par L'Équipe, des échanges ont eu lieu avec la fédération brésilienne, qui voulait accueillir la France pour deux rencontres, après avoir été reçue à Grenoble en juin 2025 avant l'Euro suisse. Une proposition qui aurait été refusée par la FFF, notamment pour des raisons financières.

L'Espagne face aux États-Unis, le Danemark face au Canada

De son côté, l’Espagne championne du monde en titre affronte les États-Unis lors de deux amicaux à Washington et Philadelphie. "Ce sont deux matchs amicaux, mais nous les abordons comme si la Coupe du monde commençait ici. Ils sont importants en raison de l’adversaire et du contexte. (…) Nous sommes en tête du classement, championnes du monde ; elles sont deuxièmes, championnes olympiques. Nous voulons arriver en pleine forme au Brésil, c’est l’un des matchs internationaux les plus attendus", s’enthousiasme Irene Paredes qui remercie la fédération d’avoir organisé une telle double confrontation, se rappelant de Mondiaux précédents où l’Espagne affrontait les derniers de la classe dans une organisation chaotique.

Une autre nation leader de son groupe de qualification fera le déplacement outre-Atlantique : le Danemark, pour deux confrontations face au Canada. La France est donc l’unique nation de la Ligue A déjà qualifiée au Mondial qui affronte un adversaire aussi faible lors de ce rassemblement. Mais le sélectionneur promet que la prochaine trêve sera plus trépidante : "Les rencontres de novembre-décembre sont toujours en négociation. Virginie Rocheteau fait un travail remarquable, parce qu'il n'est pas facile de concilier à la fois les adversaires, la volonté des diffuseurs, et le fait de jouer deux matchs à l'extérieur et deux à domicile, avec toutes les contraintes que ça implique. Le Brésil, par exemple, n'est pas disponible sur la fenêtre de décembre, donc on n'aura pas l'occasion de le rencontrer."

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