La défense des Bleues de Bonadei, un chantier toujours en cours

La défense des Bleues de Bonadei, un chantier toujours en cours
La défense des Bleues de Bonadei, un chantier toujours en coursREUTERS

Défaite par les Pays-Bas à Breda mardi en match de qualification pour le Mondial-2027 au Brésil, l’équipe de France de Laurent Bonadei a, comme souvent, fait preuve de fragilités défensives inquiétantes avant de retrouver les Oranje samedi à Auxerre (21h10).

Pour le douzième match d'affilée, les Bleues ont encaissé au moins un but, battues 2-1 par des Néerlandaises, pourtant privées de plusieurs cadres dont leur buteuse vedette Vivianne Miedema (95 buts en 118 sélections), et qui ont pris au passage la tête du groupe A2, un point devant la France.

"C'est nous qui avons le ballon au départ sur un 6 mètres, on n'est pas présent sur le deuxième ballon, on fait une faute", a rembobiné après la défaite le sélectionneur à propos du premier but, encaissé par ses joueuses sur coup de pied arrêté. "Et puis derrière, dans le duel, on est un petit peu attentiste, on est un peu au cafouillage et la joueuse est opportuniste", a regretté Bonadei.

Alors que les Françaises avaient égalisé, elles ont de nouveau craqué trop facilement, prises de court après une perte de balle. "On sait qu'à la perte du ballon, il faut être encore plus réactif pour éviter de se prendre des ballons dans la profondeur parce que c'est là où elles nous ont fait mal", a reconnu la milieu de terrain Oriane Jean-François. "Ce sont des choses sur lesquelles on a envie de s'améliorer."

Une des raisons de cette fébrilité défensive récurrente est le manque de repères collectifs d'une défense bouleversée par les nombreuses blessures qui ont touché ses lignes arrière.

Blessures et turn-over

Déjà touchée à une cheville en mars, la latérale de l'OL Lyonnes Selma Bacha (52 sélections) a de nouveau dû déclarer forfait pour cette double confrontation avec les Néerlandaises, blessée à un mollet. La défenseuse centrale Griedge Mbock, capitaine de l'équipe depuis mai 2025 en remplacement de Wendie Renard, a, elle, raté une bonne partie de l'Euro-2025 en raison d'une blessure au mollet, poussant le sélectionneur à lancer les jeunes Alice Sombath et Thiniba Samoura.

La Parisienne (31 ans, 97 sélections), de retour après une nouvelle blessure à un genou, a bien tenu sa place face aux Pays-Bas mardi, mais n'a pu que détourner le ballon sur le deuxième but, sans stopper la contre-attaque néerlandaise.

La charnière centrale pourrait être encore remaniée samedi : la défenseuse du Real Madrid Maëlle Lakrar "a reçu un coup au quadriceps" mardi, a expliqué Bonadei vendredi en conférence de presse, et est donc incertaine, d'autant plus qu'elle "paye la grosse saison qu'elle a faite au Real l'année dernière". "Elle a un petit peu de mal à sortir la tête de l'eau au niveau physique", a ajouté Bonadei.

Battue sur les deux buts, l'expérimentée gardienne des Bleues Pauline Peyraud-Magnin aurait-elle pu mieux faire ? A 34 ans, l'ancienne portière de la Juventus est dans une période délicate de sa carrière, et ne joue pas depuis sa signature à Denver en début d'année.

Elle garde malgré tout la confiance de ses coéquipières comme de son coach, qui plutôt que les personnes, veut faire du chantier défensif un travail collectif. "Ce qui est dommageable, c'est qu'on avait travaillé sur le pressing. On avait travaillé sur pas mal de points, notamment sur les transitions et à la perte de balle, afin d'être très présentes pour récupérer vite le ballon et justement nous favoriser notre jeu en possession", expliquait Bonadei mardi soir.

"L'aspect défensif, c'est l'affaire de toutes, de la première attaquante jusqu'à notre gardienne de but", a-t-il insisté. Même son de cloche chez la milieu de terrain Grace Geyoro, pour qui "on le sait, c'est notre axe de progression. On doit continuer à défendre ensemble, ça ne concerne pas que les défenseuses, c'est tout le groupe, tout le monde."