Deschamps : "On nous voit déjà en finale, ça ne me plaît pas trop"

Deschamps le 14 mai.
Deschamps le 14 mai.SIMON WOHLFAHRT/AFP

À l'occasion de l'arrivée des premiers joueurs de l'équipe de France à Clairefontaine ce vendredi, Didier Deschamps s'est présenté en conférence de presse.

Le début du rassemblement : "C'est une étape importante, même si le groupe n'est pas au complet. Mateta et Lacroix arrivent demain. Les joueurs concernés par la LDC arriveront mardi matin. C'est une prépa courte. Certains ont eu un peu plus de repos. Il faut faire en sorte d'aller à l'essentiel par rapport à ce qui nous attend en vue des matchs de préparation. Mardi, tout le groupe sera là. Avec un programme chargé. C'est une partie agréable, les joueurs ont le sourire. Ils sont contents d'être là. Ils ont l'envie de jouer. On veut avoir une répartition du temps de jeu sur ces matchs de prépa."

Les objectifs : "C'est un événement majeur. On nous voit déjà le 19 juillet, ça ne me plaît pas trop, pas du tout même. On a déjà trois adversaires en poules. Qu'on fasse partie des meilleures équipes, oui, mais je sais trop bien qu'il y a des étapes importantes avant de penser à tout là-haut. On va tout faire pour être au rendez-vous.

Son état d'esprit : "Je me sens bien, focalisé, attentif aux détails. Il y a une part importante de management. Je sais pourquoi je suis là. C'est une nouvelle page blanche, il faut qu'on écrive maintenant."

La finale PSG-Arsenal : "On a six finalistes. C'est leur finale, une belle affiche. Ce que je souhaite, c'est ne pas avoir de problème sur nos six joueurs concernés. Après… le match sera un rapport de force. On va les retrouver mardi, ils seront là à Nantes mais probablement pas concernés pour ceux qui auront débuté la finale."

La gestion de la chaleur : "On aura des températures élevées aussi au Mondial. Ça sert, on va mettre en place des protocoles avec le staff médical.

On n'a pas eu le problème de la chaleur en mars, il faisait même frais... Mais oui, on a fait en sorte de choisir des solutions pour lutter contre la chaleur. Il y a des protocoles mis en place. On a fait des choix. Il y aura de longs déplacements pour rejoindre les différentes zones. Il y aura des obligations médias à caler aussi, je veux préserver les joueurs pour ne pas avoir de fatigue importante."

Sa gestion : "Je ne suis jamais tombé dans la routine. Chaque rassemblement est un événement particulier. Ça ne sert à rien de se mettre trop tôt dans la compétition. Les contextes sont différents. Ce sont des étapes. Certains vont découvrir des choses sur le plan émotionnel, même si les jeunes sont taillés pour le très haut niveau."

Son dernier rassemblement : "Ce n'est pas ma personne. Ça me fait rire. On me dit que c'est ma dernière. J'ai fait une prise de sang ce matin, on m'a dit que c'était ma dernière… (rires)."

Le décalage horaire : "On va se caler une fois à Boston. On a été performants en mars. Certains dorment mieux que d'autres. Forcément des choses changent. On a vu ça en mars. Les horaires d'entraînement ne seront pas les mêmes.

Je l'ai déjà dit, la journée n'est pas la même, le contenu non plus. Ce n'est pas pareil 15h et 21h. Il n'y a pas de réveil musculaire à 15h, le déjeuner est avancé. On verra une fois à Boston. Forcément, les journées ne sont pas les mêmes."

La perception de son équipe : "Je vois que d'autres sélectionneurs disent que l'équipe de France a deux équipes… Je ne veux pas refuser le fait qu'on fasse partie des favoris. Mais est-ce qu'on est supérieurs à d'autres nations ? Il y a 7-8 équipes qui ont cette ambition, une seule y arrivera. Ce n'est pas fuir, l'ambition est essentielle. Il y a un mot important : c'est l'humilité. Sur le papier il y a des choses, mais dans le foot il suffit de faire un peu moins pour le payer cher. Nos adversaires ont beaucoup de qualités. Notre groupe aussi. Je ne veux pas diminuer l'Irak. Le Sénégal et la Norvège sont de très bonnes nations."

La saison du Real Madrid : "Ça peut arriver au cours d'une saison. J'ai parlé avec d'autres joueurs dont la fin de la saison n'a pas été très agréable. La parenthèse est fermée. C'est bien aussi pour les joueurs d'avoir un contexte qui n'est pas le même, là c'est une Coupe du monde, ils sont tous prêts."

La préparation : "On va appuyer sur l'aspect athlétique pour faire le plein d'énergie. On ne peut pas tout modifier. Il y aura un rappel par rapport à ça, on aura des datas importantes sur le plan athlétique. Il y aura du ballon aussi. On a un peu de temps. Dès lundi, on bascule sur le prochain match.

Je n'ai pas d'inquiétude sur ces premiers jours. La joie ressort, le plaisir de se retrouver. Il y a des affinités entre eux. Quand on sera à 26, l'idée sera de ne perdre personne. Ils ont tous l'ambition d'être titulaires. Je connais les joueurs sur le plan humain. La notion d'unité est indispensable. C'est difficile pour ceux qui n'auront pas de rôle sur le terrain, mais on doit les accompagner. Il peut y avoir un coup de moins bien chez l'être humain."

Clairefontaine : "Que du bonheur. Je suis un privilégié. Vous voulez que j'aille dans l'émotionnel… Je profite de chaque moment. Comme à chaque fois. On aurait pu me faire arrêter avant. Clairefontaine, ça représente beaucoup, c'est la maison du football. Beaucoup de choses appartiennent aux souvenirs. Je ne regarde pas dans le rétro. Ce qui m'intéresse, c'est aujourd'hui, c'est demain. On doit dégager cette énergie avec le staff. On est au service de l'équipe de France, avec une attente forte, des exigences élevées."