"Lorsque la fédération m'a contacté, je n'ai pas hésité une seule seconde. La Coupe du monde c'est le plus grand évènement sportif du monde", a assuré à l'AFP Hervé Renard, même si cette situation, d'arriver en plein Mondial, est une rareté.
Installé au Sénégal avec sa famille depuis deux mois et son éviction du poste de sélectionneur de l'Arabie saoudite qu'il avait qualifiée pour ce Mondial, l'ancien joueur devait se contenter de ronger son frein devant sa télévision depuis le début de la compétition, le 11 juin.
Car, les deux dernières, il les a vécues sur un banc d'entraineur. En 2018 sur celui du Maroc et en 2022 sur celui de l'Arabie saoudite, qui avait battu d'entrée l'Argentine, devenue championne du monde. Mais l'Arabie saoudite a terminé à la dernière place de son groupe, comme le Maroc en 2018.
Et pour la Coupe du monde féminine en 2023 en Australie, six mois après celle des hommes au Qatar ? Il était sur le banc de l'équipe de France, alors qu'il ne s'était jamais intéressé au football féminin jusque-là. Avec les Bleues, qui pour certaines ont été marquées positivement par son passage, l'aventure n'a pas été concluante non plus, avec une élimination en quart de finale lors de la Coupe du monde et lors des JO 2024 à Paris.
"Meilleure image"
Après ces différents échecs, sa quête de rachat coïncide avec celle d'une équipe tunisienne au bord de l'élimination, après la lourde défaite d'entrée (5-1) subie contre la Suède. Et pour l'instant, son objectif est simple: "le match du Japon" et "donner une meilleure image que lors du premier match" pour "aller chercher un résultat positif", a-t-il poursuivi auprès de l'AFP.
Connu pour ses causeries - qui ont parfois fait le tour du monde comme celle avec l'Arabie saoudite à la mi-temps du match contre l'Argentine en 2022 - le coach de 57 ans au look de star hollywoodienne - chemise blanche, teint hâlé et cheveux longs -, a donc accepté cette mission. Elle est loin d'être facile dans un groupe ardue avec la Suède, le Japon et les Pays-Bas.
En plus de retrouver une équipe fragilisée par le départ surprise de son sélectionneur et par une lourde défaite, il se retrouve aux commandes d'un pays sans star qui n'a jamais dépassé le premier tour d'un Mondial en six participations. Arrivé mardi au Mexique pour rejoindre le camp de base des Aigles de Carthage, il a rapidement adressé un de ses fameux discours aux joueurs assis devant lui, filmé par la fédération tunisienne.
"Maintenant, il faut avancer parce que dans le football, on n'a pas de temps à perdre. Il faut se remobiliser, je sais que c'est dur : on arrive, on a les jambes lourdes, un peu plus lourdes que d'habitude parce que ça fait mal à la tête. On a joué, on sait ce que c'est. Mais quand on est professionnel, il faut savoir rebondir", a-t-il notamment lancé debout devant son auditoire, avec un ton frôlant parfois la caricature.
Selon lui, ce qui a manqué contre la Suède ? De l'énergie dans les duels et du dynamisme. Et le mot d'ordre samedi contre le Japon ? "C'est on est ensemble."
Son charisme et son franc-parler en ont fait un personnage incontournable, ce qui a certainement poussé la FTF à le choisir. Mais il jouit aussi d'une bonne réputation quand il doit faire avec des moyens limités. Comme avec la Zambie, qu'il mène à la surprise générale au titre en Coupe d'Afrique des nations en 2012. Trois ans plus tard, il récidive avec la Côte d'Ivoire (2014-2015), après avoir succédé à... Sabri Lamouchi.
