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Klara Bühl (Bayern Munich) : "On veut aller en finale de la Ligue des champions"

Klara Bühl (Bayern Munich) : "Aller en finale de la Ligue des champions, c'est notre objectif"
Klara Bühl (Bayern Munich) : "Aller en finale de la Ligue des champions, c'est notre objectif"Credit: ČTK / imago sportfotodienst / Maximilian Koch

À l'aube d'un choc très attendu face à Manchester City en phase de ligue de la Ligue des champions, l'internationale allemande nommée au Ballon d'Or Klara Bühl aborde les ambitions du Bayern cette saison. Bien décidée à franchir un cap après la demi-finale de l'an dernier face au FC Barcelone, l'attaquante bavaroise se confie sur la maturité de son équipe, le travail sur les détails apporté par le staff et sa détermination à porter le club vers les plus grands sommets européens lors d'une visio-conférence organisée par l'UEFA.

Comment préparez-vous ce choc face à Manchester City, une équipe qui pratique un style de jeu assez proche du vôtre ?

Je pense que ça va être un match vraiment excitant. Manchester City a réalisé une très bonne saison l'an dernier, elles ont remporté le championnat, donc elles ont beaucoup de confiance. C'est une équipe forte, qui joue un style assez similaire au nôtre, ce qui rend la partie plus difficile à aborder. Mais je pense qu'on se prépare très bien pour ce match. On est vraiment excitées de les affronter parce que c'est une adversaire solide. Au final, tout se jouera sur la tactique et sur les duels individuels, et on verra qui l'emporte.

Contre Leverkusen, vous étiez menées à deux reprises avant de renverser la situation. Comment expliquez-vous ces capacités à revenir dans les matchs, et qu'est-ce qui se dit dans le vestiaire à la mi-temps dans ces moments-là ?

Pour être honnête, ce n'est pas vraiment un sujet dont on parle en particulier. C'est plutôt une force naturelle chez nous. Je pense que tout est une question de mentalité. Sur ce match contre Leverkusen aussi, on a vu que tout dépendait de nous : de notre manière de jouer, de notre capacité à imposer nos forces, à dominer l'adversaire. C'est tout ce qui compte. Il faut rester positive, croire qu'on peut gagner le match. Et c'est parfait quand ça se termine comme ça : on est très fières de la victoire et de la manière dont les choses se sont goupillées.

"Sous José Barcala, on travaille les détails"

Comment l'équipe a-t-elle évolué ces deux dernières années sous la direction de José Barcala ?

Je pense que notre progression sur ces deux dernières saisons a été vraiment bonne. Avant l'arrivée de José, on avait déjà un bon niveau, mais on travaillait différemment. Aujourd'hui, je pense qu'il nous a apporté ce petit supplément de précision dans les détails. On est vraiment performantes dans le dernier tiers, on se crée des occasions... Après, on pourrait sans doute encore mieux les convertir, c'est vrai. On est un peu plus créatives, on a de très bonnes individualités qui nous permettent d'apporter un style de jeu différent. Et on continue aussi à travailler les bases : le niveau d'exigence sur les fondamentaux, comme la première touche ou les passes. C'est quelque chose sur lequel on travaille quotidiennement et qu'on veut encore progresser dans les années à venir.

Qu'avez-vous retenu de votre parcours en Ligue des champions la saison passée, et qu'est-ce qu'il faut encore améliorer pour franchir un cap cette année ?

On est vraiment satisfaites de notre saison dernière en Ligue des champions. On a montré ce qu'on est capables de réaliser dans cette compétition, qu'on peut rivaliser avec les autres grandes équipes. On a atteint les demi-finales, ce qui est vraiment très bien. Pour cette saison, il est important qu'on continue à progresser dans les duels individuels, qu'on améliore encore nos qualités là-dessus, parce qu'en Ligue des champions, on joue au plus haut niveau, et il est essentiel de gagner ses duels, en défense comme en attaque. Il faut aussi continuer à travailler les bases, comme les bonnes passes : je pense que c'est exigeant de réussir la meilleure passe dans le dernier tiers pour obtenir le but, et c'est un point qu'on peut encore améliorer, c'est ce qu'on recherche.

"On veut aller en finale"

Cette année, le Bayern est la seule équipe allemande engagée en Ligue des champions, l'Eintracht Francfort et Wolfsburg n'ayant pas passé les tours qualificatifs. Que vous inspire cette situation du point de vue de la Frauen-Bundesliga ?

Je pense que ce n'est pas quelque chose qu'on recherchait. On pensait toutes les trois pouvoir être présentes en Ligue des champions cette saison. Wolfsburg et Francfort ont eu des matchs qualificatifs difficiles, Wolfsburg est sortie aux tirs au but. C'est donc vraiment dur pour l'Allemagne de n'avoir que nous en Ligue des champions cette saison. Au final, on ne peut rien y changer. La Bundesliga est vraiment forte, on le constate chaque week-end, on sait que c'est un adversaire coriace. Cette année, c'est comme ça, elles ne sont pas en Ligue des champions, alors que normalement elles y sont. C'est quelque chose qu'on veut pousser, nous, en Allemagne, bien sûr.

Le Bayern semble gagner en expérience chaque année en Ligue des champions et progresser un peu plus loin dans la compétition. Est-ce que vous parlez, en interne, de la possibilité de franchir cette prochaine étape, jusqu'à la finale ?

Oui, bien sûr, on en parle. On veut accomplir davantage cette saison. D'abord, on veut évidemment retourner en demi-finale. Après, il faudra voir ce qui se présente à ce stade-là. Mais c'est clairement quelque chose qu'on veut atteindre : aller en finale. On accumule beaucoup d'expérience, moi la première — je suis ici depuis six ans maintenant — et chaque match, chaque saison de Ligue des champions t'apporte quelque chose. Je pense que la saison dernière, on a montré qu'on pouvait rivaliser avec les grandes équipes, avec les autres. C'est quelque chose qu'on peut en retirer : qu'on est capables d'aller jusqu'en finale. Il faut simplement franchir les bonnes étapes match après match, croire en nous, faire confiance au processus. Et je pense que c'est particulièrement important, en ce début de saison, au moment d'entamer la phase de ligue de Champions League, de prendre confiance, de se frotter aux grandes équipes, de voir ce qu'on peut améliorer, ce qu'on peut mieux faire, pour tenir la distance jusqu'à la fin de la saison.

"Retrouver Lohmann et Wamser, une joie qui dépasse le terrain"

Vous allez retrouver Sydney Lohmann et Carlotta Wamser. Comment vivez-vous ces retrouvailles, y compris en dehors du terrain ?

Bien sûr, je suis vraiment heureuse de les revoir toutes les deux. Sydney ne sera pas dans le groupe en raison de sa blessure, mais j'espère qu'elle pourra voyager avec l'équipe jusqu'à Munich pour que je puisse la voir en dehors du terrain. Mais je trouve ça vraiment chouette de jouer contre des coéquipières de l'équipe nationale, contre des gens qu'on connaît, de les affronter, de voir comment elles évoluent, comment elles se sentent dans leur équipe, et aussi d'affronter ces grandes équipes. C'est simplement très excitant, aussi bien pour une joueuse individuellement que pour notre équipe. On a hâte d'y être.

Qu'est-ce qui rend le championnat anglais si attractif pour des joueuses de haut niveau comme Wamser ou Lohmann ?

Je pense qu'au final, c'est une décision que chaque joueuse doit prendre pour elle-même. La Women's Super League est un championnat vraiment compétitif, avec beaucoup de grandes équipes, de grands noms. À première vue déjà, ça paraît très disputé, on n'arrive pas vraiment à deviner qui va remporter le titre. Je crois qu'il y a trois ou quatre équipes au sommet qui peuvent jouer le titre. Et bien sûr, pour une joueuse allemande, y compris les plus jeunes, c'est aussi une question d'expérience — on en parlait justement. Je pense que l'expérience t'aide toujours, dans ton jeu sur le terrain, mais aussi pour grandir personnellement. C'est pour ça que certaines joueuses partent en Angleterre.

Face à des équipes comme Georgia Stanway ou Lea Schüller, parties récemment de votre équipe pour rejoindre l'Angleterre, est-ce qu'elles essaient de vous convaincre, vous aussi, de tenter l'aventure à l'étranger ?

Évidemment, on se parle normalement entre nous, elles nous racontent, à moi comme aux autres, comment c'est là-bas, quelles expériences elles vivent en Angleterre. Comme je le disais, c'est une décision qui reste individuelle, propre à chaque joueuse. Au final, on parle beaucoup du championnat anglais, et je pense qu'il est vraiment très fort, très professionnel, avec beaucoup de grands clubs qui veulent investir et faire progresser la ligue. Mais en Allemagne, je pense qu'on fait la même chose. Parfois ça ne se voit pas forcément de l'extérieur, mais nous, les joueuses, on le ressent : le championnat allemand est vraiment en pleine croissance. Beaucoup de clubs investissent, et ça rend la Bundesliga vraiment, vraiment bonne.

"Franzi Kett, difficile à arrêter"

À quel point un bon départ est-il important dans cette nouvelle saison de Ligue des champions ?

Je pense que c'est vraiment important. Chaque équipe veut démarrer parfaitement, avec trois points, parce que ça donne confiance en soi, ça installe une certaine assurance, et ça procure une bonne sensation pour les matchs à venir, qui sont eux aussi très exigeants. Ça ne sera pas un match facile, c'est certain. Mais au final, on veut se rendre à Unterhaching et on veut gagner.

Votre coéquipière Franzi Kett est en train de s'imposer. Que pensez-vous d'elle ?

Je pense que Franzi est une joueuse vraiment, vraiment bonne. Sa saison dernière a été exceptionnelle. Elle est physiquement très forte, rapide, elle peut jouer des deux pieds, ce qui la rend créative, difficile à arrêter. Je trouve que c'est une très bonne joueuse, et j'aime beaucoup jouer avec elle sur le côté gauche, parce qu'on peut s'entraider et rendre ce côté gauche vraiment fort grâce à notre complicité.

Ressentez-vous une différence dans la préparation d'un grand match comme celui-ci par rapport à un match de championnat classique ?

Je pense qu'il n'y a pas énormément de différences dans la préparation à proprement parler. On analyse l'adversaire, on étudie son organisation défensive et offensive, on regarde les espaces dans lesquels on peut jouer et ce qu'on peut en tirer pour être dangereuses. La préparation est assez similaire entre un match de championnat et un match de Ligue des champions. Après, la Ligue des champions, ce n'est pas chaque week-end, c'est ce qui rend ces rencontres si particulières. On a vraiment hâte de jouer sous les projecteurs à Unterhaching, devant beaucoup de spectateurs. Et le premier match de la Ligue des champions a toujours quelque chose de spécial.

"Une efficacité offensive qui montre qu'on est sur la bonne voie"

Ce début de saison est marqué par beaucoup de buts inscrits par votre équipe. Y a-t-il une explication particulière à cette efficacité offensive ?

Comme je le disais, on a beaucoup travaillé sur le dernier tiers, quelque chose qu'on pouvait vraiment améliorer pour tirer davantage de nos occasions, pour en créer davantage tout court, et donc marquer plus. En ce début de saison, ça a plutôt bien fonctionné, et ça nous montre qu'on est sur la bonne voie, qu'il faut continuer ce travail, parce que je pense que c'est ce qui nous rend vraiment dangereuses : marquer beaucoup, avoir le ballon, pouvoir attaquer et éloigner le jeu de notre propre but. Et comme je le disais, on a beaucoup de joueuses créatives et de qualité qui génèrent beaucoup d'occasions. Notre objectif, c'est de les impliquer davantage, de continuer à pousser pour un jeu créatif.

Vous marquez beaucoup, mais vous délivrez aussi beaucoup de passes décisives. Y a-t-il une raison particulière à ça pour vous personnellement ?

Oui, au final, je travaille aussi là-dessus depuis longtemps : être plus dangereuse dans la surface, soit en tirant au but, soit en trouvant la joueuse libre qui peut marquer. Quand ça fonctionne comme ça, ça fait vraiment, vraiment du bien.

"Un tirage difficile, mais on veut se mesurer aux meilleures"

Comment avez-vous réagi au tirage au sort de cette phase de Ligue des champions, plutôt corsé, avec notamment un nouveau duel face au Barça ?

Oui, c'est un tirage difficile, mais on est aussi vraiment excitées. Je pense que la Ligue des champions, c'est justement l'endroit où on a envie de jouer ce genre de matchs, où on veut se mesurer aux meilleures. Bien sûr, ça ne sera pas facile d'aller chercher des points et de finir, dans le meilleur des cas, dans le top 4, mais c'est justement notre grand objectif : être dans le top 4 à la fin pour se qualifier directement pour les quarts de finale. Ce sont des matchs vraiment difficiles, on affronte Manchester City, le Real Madrid, et aussi Barcelone. Ce n'est pas simple. Mais je pense aussi que quand elles voient qu'elles doivent nous affronter, j'espère qu'elles pensent la même chose de nous. Et c'est ce qui rend tout ça si excitant.

Le tirage vous a aussi désignées face à l'Austria Vienne, ce qui a suscité beaucoup d'enthousiasme en Autriche. Que savez-vous de ce club, et avez-vous repéré des joueuses qui pourraient vous poser problème ?

Oui, bien sûr, on en a parlé, parce que Sarah Mattner-Trembleau vient justement de cette région, donc elle souhaitait ce tirage. J'étais contente pour elle, pour être honnête. Je pense que l'Austria Vienne a réalisé un très bon parcours qualificatif, c'est pour ça qu'elles sont aussi en phase de ligue. Je connais quelques joueuses, comme Carina Wenninger, ou encore Verena Hanshaw. Je trouve ça vraiment chouette de les affronter. Carina Wenninger a d'ailleurs joué très longtemps pour ce club, donc ce sera un match vraiment spécial pour elle aussi. C'est une rencontre sympa, on verra comment ça se passe, mais on a hâte d'y être.

Vous avez pratiquement tout gagné avec le Bayern, à l'exception de la Ligue des champions. À quel point cet objectif est-il présent dans votre esprit quand vous abordez la compétition ?

Pour être honnête, c'est plutôt que je prends du plaisir à jouer la Ligue des champions. Bien sûr, on veut toutes la gagner, c'est certain. Mais je sais aussi que, pour moi personnellement, il est important de simplement profiter des matchs, de les prendre les uns après les autres, honnêtement, et de voir ce qui en ressort. Évidemment, quand on arrive en quarts et en demi-finales, le chemin se raccourcit, alors les pensées peuvent venir, te dire que tu peux vraiment y arriver. Je pense que ces pensées viendront naturellement. Mais là, tout de suite, je suis simplement excitée pour le prochain match, et pour atteindre ce top 4 — je pense que c'est le plus grand objectif : rendre le chemin vers la finale le plus court possible.

Vous avez évoqué l'importance des duels individuels. Comment abordez-vous celui qui vous opposera à Carlotta Wamser, entre son couloir offensif et votre couloir défensif ?

J'ai hâte d'y être. Carlotta Wamser est mon adversaire directe en équipe nationale, donc je la connais plutôt bien. C'est assez sympa de l'affronter maintenant en Ligue des champions. Elle réalise aussi une belle saison en Angleterre, comme l'an dernier, et je suis vraiment heureuse pour elle qu'elle ait pu rejoindre Manchester City, c'est un gros, gros transfert. Je suis simplement impatiente, parce que pour moi, Manchester City est une équipe excitante. Après leur saison dernière, j'ai hâte de voir comment elles se comportent quand on les affronte, de me confronter à elles, et aussi de retrouver des visages familiers.

"Trouver l'endroit où l'on se sent bien"

Avec Wamser, Sydney Lohmann et Schüller parmi les trois internationales allemandes engagées en Women's Super League — sur les dix au total présentes dans ce championnat —, sentez-vous que le Bayern a aussi une forme de responsabilité pour défendre la valeur du championnat allemand ?

Pour être honnête, je n'y pense pas vraiment de cette manière. Bien sûr, on parle beaucoup du championnat anglais, du championnat allemand, on compare. Mais au final, chaque joueuse décide pour elle-même où elle veut jouer, où elle veut se développer, où elle veut gagner un titre, ou avoir le sentiment de pouvoir gagner le plus de titres possible. Et pour moi, ça a toujours été ici, et ça reste le cas aujourd'hui. En tant que joueuse, je ne me dis pas que le championnat anglais est énorme et que le championnat allemand est encore en train de grandir. C'est plutôt une question de trouver l'endroit, la place où l'on se sent bien, où l'on peut exprimer son meilleur football. Je pense qu'ensuite, on peut aider son équipe du mieux possible.

Qu'est-ce qui rend, selon vous, la Ligue des champions féminine si particulière ?

Je pense qu'en Ligue des champions féminine, il y a de grands clubs, de grandes joueuses, de grands matchs auxquels les gens peuvent assister. Je trouve aussi que les stades se remplissent de plus en plus, il y a de plus en plus de monde qui vient. Je pense que c'est ce qui rend cette compétition si spéciale. Et puis jouer sous les projecteurs, entendre l'hymne de la Ligue des champions, c'est tout simplement, pour les joueuses, la plus grande scène sur laquelle on puisse évoluer.

"Bunny Shaw, une joueuse qui convertit neuf occasions sur dix"

Quel impact pensez-vous que le retour de Bunny Shaw pourrait avoir sur la compétition, et à quel point avez-vous hâte de l'affronter ?

Je pense que Bunny Shaw est une joueuse de classe mondiale. Elle a montré la saison dernière combien de buts elle pouvait marquer. J'ai regardé quelques matchs de Manchester City, et elle a vraiment un gros impact sur leur jeu. C'est une joueuse de classe mondiale dans la surface, je dirais qu'elle convertit neuf occasions sur dix, ce qui la rend vraiment très, très forte. Et je pense qu'au final, pour le prochain match, il va falloir bien se préparer face à ça, sur les centres, sur toutes les occasions, pour essayer de la sortir du match.

Quelle est, selon vous, la principale menace que représente l'attaque de Manchester City dans son ensemble ?

Je pense qu'au final, c'est leur créativité qui les rend si fortes. La qualité individuelle de leurs joueuses, avec Bunny Shaw, avec Lauren Hemp aussi, une très bonne joueuse avec beaucoup de dynamisme. Elles sont vraiment créatives, elles ont différentes façons d'être dangereuses, de se créer des occasions. Au final, il va falloir bien défendre, gagner nos duels individuels contre elles, je pense que c'est vraiment important, et c'est aussi quelque chose qu'on veut améliorer cette saison. Ce sera un bon test, mais un test exigeant pour nous. J'ai vraiment hâte de voir comment ça va se passer pour les deux équipes, parce que je pense qu'on est vraiment solides défensivement, on a de très bonnes défenseuses. Mais au final, bien sûr, on veut aussi attaquer et marquer des buts.

Après avoir atteint les demi-finales la saison dernière, est-ce que cela change vos attentes, personnelles et collectives, pour cette édition ?

Je pense qu'en termes d'attentes, on veut réaliser la même chose que la saison dernière. On veut atteindre la demi-finale, montrer qu'on peut y arriver à nouveau, et dans le meilleur des cas, aller jusqu'en finale, franchir cette étape supplémentaire. Je pense que ce serait tout simplement incroyable de disputer une finale de Ligue des champions, et beaucoup de joueuses dans l'équipe veulent l'atteindre. Toute l'équipe veut y arriver. Beaucoup de joueuses n'ont pas encore joué de finale, ce serait donc une expérience nouvelle. C'est vraiment un grand objectif pour nous d'y parvenir.

"Plus de supporters du Bayern que de City"

Manchester City domine souvent la possession et presse haut. Où voyez-vous les espaces à exploiter, et comment comptez-vous conserver le ballon face à elles ?

Pour être honnête, on joue d'abord samedi contre Cologne, donc c'est ce match qu'on prépare en priorité. Mais bien sûr, j'ai regardé quelques matchs, et on parle aussi du prochain rendez-vous en Ligue des champions. Je pense qu'au final, City est vraiment très fort en attaque, elles sont aussi très axées sur le placement, comme nous. Elles ont beaucoup de possession à chaque match, et offensivement, elles sont vraiment créatives. Elles sont très fortes en contre-attaque, mais aussi pour créer des occasions en conservant le ballon, en pénétrant la surface par des centres ou de bonnes petites passes. C'est quelque chose qu'il faudra bien préparer. Mais au final, nous aussi, on a nos forces : on veut les faire douter sur le terrain, on est une équipe physique, forte et dynamique. Ce sera un duel entre celle qui aura le plus le ballon et le contrôle du match. Je pense que ce sera vraiment excitant à voir, et on peut être vraiment dangereuses quand on passe dans le dos de leur ligne défensive, quand on crée des menaces dans la profondeur, et qu'on utilise notre dynamisme vers l'avant.

Le match se jouera à Unterhaching. Quelle ambiance attendez-vous, et comment pensez-vous qu'elle pourra pousser l'équipe ?

Je pense que ce premier match à Unterhaching a quelque chose de spécial pour nous aussi, en Ligue des champions. J'espère que beaucoup de spectateurs viendront assister à la rencontre. Et je pense qu'il y aura plus de supporters du Bayern que de Manchester City, évidemment, donc ils vont nous pousser. On veut aussi les impliquer dans le match, pour qu'ils nous poussent, et qu'on puisse tirer de l'énergie de l'ambiance. Je pense que c'est vraiment important, et ça peut avoir un impact décisif sur le match. C'est ce qu'on veut utiliser.

"Seule Allemande nommée au Ballon d'Or"

Vous décrochez une nouvelle nomination pour le Ballon d'Or, et vous êtes, comme l'an dernier malgré les demi-finales de l'Euro, la seule Allemande sur cette liste. Pensez-vous que le talent allemand est parfois un peu négligé ou sous-estimé ?

Merci. Je pense qu'Ann-Katrin Berger est aussi nominée, mais dans la catégorie gardiennes. Au final, je pense qu'on a beaucoup de bons talents en ce moment, même si certaines n'ont peut-être pas encore pu montrer tout leur potentiel dans chaque match. Mais quand je regarde notre équipe nationale, il y a de très, très bonnes jeunes joueuses, elles vont s'imposer dans les prochaines années. Je pense aussi que Jule Brand a réalisé une très bonne saison à Lyon. Au final, en tant qu'équipe nationale, on a atteint les demi-finales de la Ligue des nations, ce qui montre que l'Allemagne est vraiment forte, tout comme les demi-finales de l'Euro. Je pense que j'ai surtout été surprise d'être la seule nominée, mais on ne peut pas changer ça. Je suis en revanche persuadée que dans les prochaines années, ça va évoluer.

Aitana Bonmatí a récemment déclaré, dans un entretien en Espagne, que vous seriez la joueuse qu'elle aimerait voir rejoindre le Barça. Qu'est-ce que ça représente pour vous d'entendre une déclaration comme celle-là ?

J'apprécie vraiment beaucoup. Aitana est une grande joueuse, une joueuse exceptionnelle, et ça me rend heureuse et fière d'entendre quelque chose comme ça. Ça montre que je suis sur la bonne voie, que je joue du bon football, et aussi qu'au sein de l'équipe, je peux aider mes coéquipières et rendre mon équipe meilleure. Je pense que c'est agréable à entendre, et j'apprécie vraiment beaucoup.

La saison dernière, le Bayern a réalisé un sans-faute face aux équipes anglaises, avec trois victoires en trois matchs. Pensez-vous pouvoir poursuivre cette dynamique ?

C'est quelque chose que je suis vraiment contente d'entendre, je ne le savais pas. Bien sûr, on veut gagner contre Manchester City, c'est certain. Ce sera un match difficile, mais au final, je pense qu'on a un grand effectif, une grande équipe, et qu'on connaît beaucoup de succès en Allemagne en ce moment. La saison dernière, on a tout gagné, mais maintenant, on veut aussi montrer qu'on peut le faire à l'échelle internationale.

Vous parlez souvent du fait que certaines joueuses quittent l'Allemagne, principalement pour l'Angleterre. Qu'est-ce qui vous retient, vous, en Allemagne, et plus précisément au Bayern ? Est-ce que l'Angleterre a quelque chose que vous n'avez pas ici ?

D'une certaine manière, oui. Au final, je me sens vraiment bien ici, j'ai mes proches, je ne suis plus si jeune, mais je suis dans un processus de progression, et je pense que ces dernières années montrent que je continue à bien me développer dans ce club. Et je pense que c'est le plus important : si je peux continuer à progresser chaque année, ça me rend encore meilleure, ça me fait grandir en tant que footballeuse, mais aussi en tant que personne. Il se pourrait qu'à un moment donné, je me dise que je veux changer, parce que je voudrais grandir personnellement dans un pays que je ne connais pas. Mais pour l'instant, je me sens vraiment bien ici, vraiment heureuse, à l'aise, je peux jouer les matchs, progresser dans mon jeu, travailler les détails. C'est vraiment important pour moi.

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