Après la victoire contre le Sénégal (3-1), l'Équipe de France est en position de force pour accéder aux 1/16 de finale de la compétition et on voit mal comment elle pourrait subir une contre-performance contre l'Irak, accrocheur contre la Norvège pendant la première période avant de logiquement baisser de pied (4-1).
Avec une compétition rallongée d'un match et donc avec la possibilité de disputer huit rencontres en tout, la gestion physique est un facteur prépondérant. A priori, contre l'équipe la plus faible du groupe, les Bleus peuvent très bien se présenter avec un XI de départ profondément modifié. Pour l'heure, trois nouveaux joueurs seulement devraient débuter : Lucas Digne à la place de Théo Hernandez, Manu Koné pour Aurélien Tchouaméni et Bradley Barcola pour Désiré Doué.
Est-ce suffisant ? Au Lincoln Financial Field de Philadelphie, antre des Eagles, les Français seront en position de force pour valider leur accession au tour suivant et ils peuvent le faire sans impliquer de nombreux joueurs-clefs tels que Michael Olise, Kylian Mbappé, Adrien Rabiot, Dayot Upamecano et William Saliba. Seul Tchouaméni semble avoir droit à une pause, sans que l'on sache finalement s'il s'agit d'une grâce ou d'une sanction sportive.
Les plages de repos sont des aspects essentiels et, d'ailleurs, Didier Deschamps avait préféré exonérer Mbappé de conférence de presse à la veille de France-Sénégal par crainte de passer trop de temps dans les transports.
Ainsi, contre l'Irak, une considération non négligeable aurait pu entrer en ligne de compte : l'horaire du match. À 23h en France, il sera 17h en Pennsylvanie et plus que la température, estimée à 26 degrés, c'est l'humidité, proche des 80%, et les risques d'orage (75% de probabilité) qui pourraient jouer un rôle, et pas le plus agréable.
A priori, ce ne sera pas la solution choisie par Didier Deschamps et son staff qui semblent envisager une relâche pour les titulaires pour le troisième match contre la Norvège. Or ce match aurait pu constituer un très bon galop d'essai avant le début de la phase à élimination directe. Il aurait aussi pu être une deuxième opportunité pour maintenir la plus large partie du groupe active, avec des cadres disputant une heure avant de se reposer en vue des prochaines échéances, surtout que les Bleus ont dû atteindre un premier pic physique pour affronter d'emblée le champion d'Afrique.
Enfin, en perspective des futurs trajets en avion qui émailleront le périple tricolore jusqu'à la finale tant espérée, préserver les forces des cadres ne fait pas partie des gains marginaux. Deschamps craint-il une décompression et un trop-plein d'euphorie dès maintenant ? Dans un discours diffusé sur les comptes de la FFF, le sélectionneur a cité en exemples le barrage contre la Bolivie et le match nul contre l'Espagne en préparation pour mettre en avant les performances irakiennes. Une façon peu discrète de maintenir son vestiaire sous pression, en utilisant aussi les nuls de la Roja contre le Cap Vert (0-0) et du Portugal contre la RD Congo (1-1).
Cependant, avec toujours la possibilité de faire entrer l'ensemble de son armada offensive en fonction de l'évolution du score, DD va limiter la rotation. Un calcul qui ne surprend pas, qui reste compréhensible dans l'absolu, mais qui pourrait avoir des conséquences imprévues pour le reste de ce Mondial car le repos est un luxe qu'il ne faut pas galvauder.
