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NBA Playin : comment les Toronto Raptors ont-ils pu se retrouver aussi bas ?

Scottie Barnes, le présent et le futur de Toronto ?
Scottie Barnes, le présent et le futur de Toronto ?AFP

Après une saison dernière surprenante, tant ils n'étaient pas espérés, les Raptors étaient attendus de nouveau comme trouble-fêtes cette année. Il n'en a rien été, et les voilà contraints de passer par le playin pour prolonger leur saison, sans réelle possibilité de faire mieux qu'un premier tour. De quoi précipiter une transformation en profondeur ?

Au début de la saison 2021/2022, les observateurs n'étaient pas nécessairement tendres avec les Toronto Raptors. La franchise canadienne passait loin derrière d'autres outsiders, et après avoir loupé les playoffs pour la première fois en 8 ans, cela sentait la fin de cycle. Pourtant, la régulière avait été de qualité, et conclue par une cinquième place.

Une place de poil à gratter confirmée en playoffs, où les Raptors ont gêné les 76ers, gagnant deux matchs avant de partir en vacances. Une confirmation était attendue en 2023, mais la mayonnaise n'a pas aussi bien pris, au point de précipiter Toronto en playin, avec les risques que cela comporte. La dernière danse de ce groupe ?  

Saison anonyme

La saison des Raptors n'est ni bonne, ni mauvaise. Une évidence, mais qui doit tout de même être exprimée. Car on s'est souvent demandée pendant l'année si Toronto devait tenter le push pour un run en playoffs, ou se laisser lentement glisser vers le bas de classement pour se lancer dans la course à un certain Victor.

Les dirigeants ont choisi l'option 1 en allant chercher un ancien de la maison, Jakob Poeltl, à la trade deadline, pour densifier une raquette qui en avait bien besoin. Une issue à confirmer, puisque le bilan des Raptors est de 15-11 avec l'Autrichien, pour 26-30 avant son arrivée. Mais pas non plus de quoi se rouler par terre, il a stabilisé l'équipe mais n'est pas un game changer. Et surtout, il est en fin de contrat.

Mais avec ou sans Poeltl, Toronto est paradoxal. Individuellement, les saisons sont de qualité. Pascal Siakam réalise sa meilleure saison statistique en carrière. Fred VanVleet est au niveau attendu, O.G Anunoby est loué par tous pour son impact des deux côtés du terrain, et même si Scottie Barnes a semblé quelque peu stagner pour sa saison de sophomore, cela reste assez convaincant. 

Résultat : un bilan de 41-41 et une neuvième place à l'Ouest. Alors que l'ossature était inchangée. Le groupe ne progresse plus collectivement, et dans la NBA actuelle, il n'y a pas 36 solutions dans ce cas de figure. 

La fin d'un groupe ?

Bien sûr, les Raptors sont en mesure de sortir du playin. Ils seront d'ailleurs favoris face aux Bulls - une autre équipe dans l'incertitude - et sur un match, sortir le Heat ou les Hawks est tout à fait du domaine du possible. Mais dans une série en 7 face aux Bucks, à moins de vouloir perdre de l'argent, personne ne pariera sur Toronto.

Ce groupe est resté extrêmement stable depuis son triomphe en 2019. La direction, l'entraîneur, les leaders sont les mêmes. À un Kawhi Leonard près. Et vu le niveau de "The Klaw" à cette époque, c'est quand même une sacrée différence. Mais depuis quatre ans, Toronto se débat avec un groupe de qualité, mais tout simplement moins fort que la concurrence. 

La victoire ou l'explosion ? On est tentés de le penser. Poeltl en fin de contrat, il ne reste qu'un an à Siakam, VanVleet et Gary Trent Jr sont tous deux en player option et pourraient bien être tentés de tester le marché. L'avenir passe sans doute par une reconstruction autour de Scottie Barnes, rookie de l'année 2022. 

Seulement, le management mené par le fameux Masai Ujiri aurait pu faire cette reconstruction lors des trois dernières saisons. Ujiri est souvent considéré comme un génie sur la partie transferts. La venue de Kawhi Leonard et de Marc Gasol, c'est lui, et tout le monde se demandait pourquoi il faisait ce genre de trades à l'époque. Cela a rapporté à la franchise un titre. 

Et donc, tout le monde imagine qu'il a un plan derrière la tête. Mais le plan des joueurs ne serait-il pas de tenter un dernier gros coup avant de se séparer ?

Des choix à faire

Si cette franchise est vouée à un profond chamboulement prochainement, rien n'est certain et tout va très vite dans la NBA d'aujourd'hui. La crainte des fans des Raptors étant sans doute que leur équipe sorte du playin, et gêne les Bucks au point de les pousser vers un match 6 voire 7 pour les plus optimistes. Cela pourrait pousser le management à penser qu'il y a encore quelques chose à faire avec ce groupe. 

Pourtant, sur le plan strictement comptable, ce groupe n'a passé qu'un tour de playoffs sur les trois dernières saisons en cumulé. Le plafond est là, et sauf miracle, les Raptors ne le briseront pas. En attendant, Toronto espère profiter d'une série de playoffs et d'au moins deux matchs à la maison pour récompenser les fidèles supporters. 

Ici, on pense que les Raptors sortiront du playin, et prendront un match, peut-être 2, aux Bucks. Mais cela ne changera pas grand chose. Et à moins d'un coup de Trafalgar improbable d'Ujiri, la saison prochaine devrait être de transition. Mais celle-ci ne l'était-elle pas déjà ?