Ayoub El Kaabi, l'incroyable histoire du menuisier de Casablanca devenu héros de l'Olympiakos

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Ayoub El Kaabi, l'incroyable histoire du menuisier de Casablanca devenu héros de l'Olympiakos

Ayoub El Kaabi a écoeuré Dibu Martínez
Ayoub El Kaabi a écoeuré Dibu MartínezAFP
Auteur de 5 buts en demi-finale de la Ligue Europa Conférence contre Aston Villa, Ayoub El Kaabi a connu un parcours loin des sentiers battus, de Casablanca à Athènes où l'international marocain (44 sélections, 22 buts) est devenu le buteur emblématique de l'Olympiakos pour sa première expérience en Coupe d'Europe, à 30 ans.

D'une certaine manière, Ayoub El Kaabi a vengé Lille et peut-être aussi une bonne partie des Français qui n'ont pas oublié le comportement de Dibu Martínez en finale de la Coupe du monde et lors de la nouvelle séance de tirs au but remporté au stade Pierre-Mauroy contre le LOSC au tour précédent.

En demi-finale de la Ligue Europa Conférence contre Aston Villa, l'attaquant de l'Olympiakos a inscrit 5 des 6 buts de son équipe qui affronte la Fiorentina ce mercredi soir pour le titre en C4. En comptant la phase de groupes en Ligue Europa, le natif de Casablanca en est à 13 réalisations en 14 rencontres ! 

Petits boulots et ciseaux retournés

Arrivé l'été dernier au Pirée, El Kaabi a attendu ses 30 ans pour enfin découvrir la Coupe d'Europe, lui qui a évolué au Maroc, en Chine, en Turquie et au Qatar. Les Rouge et Blanc ont réalisé une excellente pioche : l'attaquant en est à 32 buts et 3 passes décisives toutes compétitions confondues cette saison et en ayant disputé la CAN en janvier. Des performances qui interpellent, sauf dans son pays. "C'était attendu par beaucoup de Marocains, dans le sens où on connaissait son niveau, on savait qu'il le ferait mais il restait encore à savoir quand, explique Sami Nouaim de H24Info. Ce qu'il a réalisé est extraordinaire !"

Demi-finaliste du dernier Mondial, acteur majeur du football africain, le Maroc est devenu un fleuron de la politique formative avec notamment son académie Mohamed VI. Mais El Kaabi ne sort pas de ce système. À la manière d'un Franck Ribéry ou d'un Mathieu Valbuena, il n'a pas connu un centre de formation et s'est forgé dans l'adversité. "Il s'est fait son propre nom, il a gravi les échelons et c'est un très bon exemple de persévérenace pour toute la jeunesse marocaine", poursuit le journaliste. Car la vie n'a pas été simple pour le buteur et rien ne lui a été offert. Avant de réussir dans le football, El Kaabi a connu le monde du travail dès l'adolescence : "il a quitté l'école à 15 ans pour subvenir aux besoins de sa famille qui faisait face à des difficultés sociales et financières. Il vient de Derb Milla, un quartier très modeste et populaire. Il a enchaîné les petits boulots, parfois payés au noir. Il a été apprenti menuisier dans un atelier de Casablanca, fournisseur de sel pour les épiciers, maçon. Il a jonglé avec son travail et sa passion pour le football". 

Casablanca est une grande ville de ballon rond qui abrite l'un des plus grands derbies du monde en termes d'enjeu et de ferveur entre le Wydad et le Raja et c'est dans la rue qu'El Kaabi apprend à jouer et à se faire remarquer : "des gens ont contacté la famille pour expliquer qu'Ayoub avait un talent inné. Il a d'abord intégré un club de quartier, le CH Khadija. Il a commencé de très bas, en ligue régionale, sur des terrains en terre battue". 

Après un passage à l'Ettifaq Lalla Meryem, il débarque à 19 ans au Racing Casablanca, l'un des plus anciens clubs du pays. D'ordinaire, les joueurs commence devant avant de reculer. Lui fait l'inverse ! "Il jouait... arrière gauche dans l'équipe réserve, sourit le journaliste. Mais il marquait tellement de buts qu'il a été replacé avant-centre par Abdelhak Mendoza, ancien entraîneur et président du club qui a changé sa carrière". 

Pour le journaliste parfait connaisseur du football casaoui, "c'était vraiment spécial de voir jouer Ayoub". Précis et adroit, l'attaquant de surface se bâtit aussi une solide réputation pour son style spectaculaire : "c'est un amoureux des reprises de volée et il est le joueur marocain qui a marqué le plus de buts avec des ciseaux retournés toutes compétitions confondues".

Des statistiques mirifiques 

Avec 25 buts en 33 matches, il contribue activement à la montée du Racing en Botola en 2017. Il signe alors à Berkane, en pleine ascension. En 29 matches toutes compétitions confondues, il trouve les filets à 16 reprises. En Coupe de la confédération africaine, l'équivalent de la Ligue Europa, ses statistiques sont éloquentes : 4 buts et une passe décisive en 6 matches. En récompense, il est sélectionné avec les Lions de l'Atlas pour le CHAN, à 24 ans. Le Maroc l'emporte et El Kaabi marque 9 fois en 6 matches. 

El Kaabi veut alors mettre le cap sur l'Europe. Mais le chemin tout tracé prend une déviation inattendu. A cette époque, un nouvel acteur débarque avec de gros moyens et au moins autant d'ambitions : la Chine. "Hebei est arrivé avec un contrat impossible à refuser : on parle de 6M€ par saison", chiffre Sami Nouaim. Là-bas, le Marocain côtoie deux icônes argentines : Pocho Lavezzi et Javier Mascherano. Son club atteint la 6e du championnat soit sa meilleure performance. 

En 2019, il est prêté au Wydad et en 2020-2021, il marque 26 fois et adresse 4 passes décisives en 43 matches. Capitaine de la sélection, il remporte une nouvelle fois le CHAN avec 3 buts et une passe décisives à la clef. Il rejoint ensuite Hatayspor, en Turquie. Sa réussite perdure : 18 buts et 2 passes décisives en 32 matches pour sa découverte de la Süper Lig. Il devient régulier avec les Lions de l'Atlas mais manque le Mondial historique fin 2022. Après une demi-saison (8 buts et 2 passes décisives en 21 matches), il rallie Al-Sadd début mars et continue à avoir un rendement élevé : 6 réalisations et une passe décisive toutes compétitions confondues.

Et puis, au bout du périple, le Marocain a posé ses valises dans le grand port grec au beau milieu de l'été. Dix mois plus tard, après avoir emprunté des chemins de traverse, El Kaabi est donc à l'aube du plus grand rendez-vous de sa carrière. Déjà 4e meilleur buteur de la courte Histoire de la Ligue Europa Conférence avec 10 buts en seulement 8 matches, il sera l'atout numéro 1 de l'Olympiakos qui défie la Fiorentina pour remporter la toute première Coupe d'Europe du club du Pirée, en plus dans l'antre de l'AEK. Plus qu'un aboutissement, cela pourrait être le début d'une nouvelle carrière. 

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