Au procès Maradona, les images choc de Diego mort

Au procès Maradona, les images choc de Diego mort
Au procès Maradona, les images choc de Diego mortREUTERS

Les images, la description détaillée de Maradona, le ventre "comme une baudruche" sur son lit de mort, ont choqué et ému jeudi au procès en Argentine de l'équipe médicale pour potentielles négligences fatales à la légende du football.

"Il avait avec beaucoup d'oedèmes, le visage très gonflé, des oedèmes sur les membres, un abdomen globuleux. Comme un ballon de baudruche", a décrit à la barre Juan Carlos Pinto, urgentiste arrivé avec l'ambulance, le 25 novembre 2020, dans la maison de Tigre (nord de Buenos Aires) où Maradona était en convalescence.

"L'abdomen était très gonflé. Cela peut correspondre à une grande quantité de graisse, parce qu'il était obèse, ou à du liquide. Dans ce cas, c'étaient les deux : un patient obèse avec de l'ascite", un épanchement dans le ventre, a poursuivi le praticien.

Une longue vidéo, de 17 minutes, réalisée par la police scientifique, a été diffusée à l'audience. On y voit Maradona sur son lit de mort, en short de football et tee-shirt noir, relevé par dessus un ventre difforme, atrocement gonflé.

Auparavant, le procureur avait montré une photo grand format du cadavre. Gianinna, une des filles de Maradona, déjà en larmes lors de la description du Dr Pinto, ne regardait plus. Elle a gardé le visage enfoui dans ses mains pendant toute la vidéo.

Sept professionnels de santé (médecin, psychiatre, psychologue, infirmiers) sont rejugés depuis une semaine à San Isidro, près de Buenos Aires, pour négligences potentiellement fatales dans leur accompagnement de Maradona aux dernières semaines de sa vie.

L'idole argentine, champion du monde 1986, est mort à 60 ans d'une crise cardiorespiratoire et d'un œdème pulmonaire, sur son lit d'une résidence louée, une hospitalisation à domicile pour récupérer d'une neurochirurgie sans complication. Un policier et le médecin qui ont déposé jeudi ont aussi souligné l'inadéquation de cette maison de convalescence.

"Il n'y avait pas de défibrillateur, pas d'oxygène, rien. Dans la chambre, il n'y avait aucun élément permettant de dire que le patient était en hospitalisation à domicile", a souligné le Dr Pinto. "Pour moi, c'était une chambre normale, pas un lieu de traitement d'une personne. Comme une chambre de ma maison", a appuyé le commissaire Lucas Farias, un des policiers accourus le jour du décès.

Les accusés encourent entre 8 et 25 ans de prison. Ils nient toute responsabilité, se retranchant derrière leur spécialité, leur rôle segmenté, sans lien selon eux avec les causes naturelles du décès.

Un premier procès avait été annulé en mai 2025, après plus de 20 audiences, sur fond de scandale: une des trois juges avait collaboré en secret à la production d'une série documentaire sur l'affaire, avec elle-même en vedette. Elle a depuis été destituée.

Le deuxième procès, à raison de deux audiences par semaine, pourrait s'étirer jusqu'en juillet.