Quand ce n'est pas l'un c'est l'autre. Après que Carlos Alcaraz a déclaré forfait pour Roland-Garros et Wimbledon, c'est au tour de Jannik Sinner de renoncer à l'US Open. En temps normal, l'absence de l'un (quand il n'y a pas d'insolation au menu et provoquer la victoire gênante d'Alexander Zverev à la Porte d'Auteuil) équivaut à un trophée pour l'autre. Mais dans cette saison 2026 totalement inattendue avec les trois premiers mondiaux titrés en Majeur, le retour de l'Espagnol s'accompagne de nombreux doutes.
Le premier de la liste concerne évidemment l'état de son poignet. S'arrêter plusieurs mois n'est pas anodin et revenir à la compétition dans un format en trois sets gagnants n'a rien à voir avec une reprise en douceur sur un ATP 250. Son apparition en double mixte au côté de Serena Williams n'a pas donné d'indication supplémentaire car le format tient davantage à l'exhibition qu'à la compétition.
Le tirage au sort aurait pu lui être clément. Tête de série numéro 2 et donc placé tout en bas du tableau, le Murcien a eu droit à une partie piégeuse, avec Roman Safiulin pour commencer, avant de se poursuivre théoriquement avec Jenson Brooksby, Matteo Arnaldi et Alexander Bublik ou Tommy Paul en huitièmes de finale. Le chemin qui doit donc mener à Arthur Fils en quarts est loin d'être rectiligne et l'accumulation des efforts pourrait affaiblir l'homme qui a remporté tous les Grands Chelems à seulement 22 ans.
N'ayons pas peur de l'affirmer : le tennis ne peut pas se permettre une nouvelle victoire de Zverev, à la fois pour son passif avec ses ex-compagnes, mais aussi pour sa personnalité et son jeu. L'opposition entre Sinner et Alcaraz est vitale, d'autant que l'Allemand n'a pas suffisamment de recul sur lui-même pour endosser le costume de vilain comme a su le faire Novak Djokovic, jusqu'à ce que les retraites de Roger Federer et Rafael Nadal ne lui redonnent un fort capital sympathie.
Or à l'aube du tournoi, Zverev n'est plus un joueur qui butait en demi-finale. Il sait comment gagner à présent, même si ce fut à la Pyrrhus. Mentalement, cela change tout même si, à 100%, il sera toujours un cran en-dessous d'Alcaraz. Mais au moment de lancer la quinzaine, les statuts se sont inversés et Alcaraz s'avance dans l'inconnu.
