La descente en Ligue 2 avait déjà provoqué une fin de cycle à Montpellier : un an plus tard, le renouvellement se prolonge. Alors que la Paillade a réussi une belle entame avec 8 points pris sur 12 avant d'affronter le leader Saint-Étienne, les derniers jours du mercato ont vu les départs de Khalil Fayad à l'Hadjuk Split et d'Yanis Issoufou à Millwall. Ils se sont ajoutés à ceux de Lucas Mincarelli et Enzo Tchato, également formés au club, de Christopher Jullien, Téji Savanier et Alexandre Mendy, partis libres, et de Modibo Sagnan.
Il a donc fallu recruter et trois renforts ont été signés en vitesse : Yanis Zouaoui (Le Havre), Alpha Sissoko (libre) et Mamadou Camara (Laval) viennent ainsi d'arriver.
Après avoir envisagé de vendre tout ou partie du club créé par leur père, Laurent et Olivier Nicollin ont finalement renoncé. Ils ont gardé Zoumana Camara sur le banc. Charge à lui désormais de recomposer une équipe compétitive qui accède a minima aux pré-barrages. Dès ce weekend, la composition de départ pourrait évoluer par rapport vu contre Boulogne-sur-Mer (0-0). Zouaoui vient concurrencer Théo Sainte-Luce au poste de latéral gauche, Sissoko en fait de même côté droit avec Naoufel El Hannach, prêté par le PSG. Avec la présence de Daylam Meddah, venu de Pau cet été, au poste d'axial gauche, la défense a beaucoup évolué et si l'attaque est en panne avec seulement 3 buts inscrits en 4 journées, la solidité de l'équipe a permis de maximiser les bénéfices avec trois cleansheets consécutives. Avec un peu plus de réussite dans les arrêts de jeu lors de la première journée contre Dijon (1-1), le MHSC aurait même pu compter deux points supplémentaires.
C'est semble-t-il cet aspect-là qui est la priorité de la Paillade. Quand des équipes comme Saint-Étienne, Reims et Rodez ont déjà atteint la dizaine de buts marqués avec un jeu résolument offensif, Montpellier se montre plus prudent pour avancer. Les automatismes en attaque étant plus durs à développer, la certitude d'être en place derrière offre plus de temps. Ce qui n'empêche pas la frustration, comme l'a indiqué Camara après le nul contre Boulogne car son équipe a bénéficié d'un penalty manqué par Florian Tardieu et d'une supériorité numérique à partir de la 80e minute : "il y a eu des choses positives, de très bonnes choses. Mais, ce point laisse une espèce de goût amer. Je parle de frustration parce que je n’ai pas grand-chose à reprocher à mes joueurs en termes d’intensité et d’efforts (...) Les difficultés offensives ? Ça montre qu’il faut faire plus, être plus dans l’état d’esprit et beaucoup plus efficace. La solidité est là, on est dans la continuité de ce qu’on faisait la saison passée. En revanche offensivement, il faut être beaucoup plus tueur. Sans incriminer forcément les joueurs offensifs, c’est un état d’esprit que toute l’équipe doit avoir".
Pour autant, mieux vaut établir ce constat en étant à la troisième place et toujours invaincu. En l'espèce, seuls six clubs comptent au moins deux victoires et des écarts sont déjà en train de se matérialiser. La saison sera longue et si le mercato a été agité, la stabilité conservée avec son entraîneur constitue un premier vecteur de performance de la Paillade qui a quasiment évacué la question du maintien dès le mois d'août et peut désormais se consacrer à des objectifs plus élevés.
