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Une juge rétablit des sites de paris au Brésil malgré l'interdiction de Lula

Une juge rétablit des sites de paris au Brésil malgré l'interdiction de Lula
Une juge rétablit des sites de paris au Brésil malgré l'interdiction de LulaPhoto par EVARISTO SA / AFP

Une juge brésilienne a autorisé trois sites de paris à fonctionner à nouveau, un mois après l'interdiction décrétée par le président Lula durant la campagne pour sa réélection, selon une décision judiciaire consultée vendredi par l'AFP.

Le bureau du procureur général de l'Union (AGU), organe public chargé de défendre les intérêts juridiques de l'Etat brésilien, a annoncé dans un communiqué qu'il allait faire appel de cette décision.

Adriana Pileggi, magistrate du tribunal TRF-3, à São Paulo, a jugé recevable un recours de l'entreprise CDA Gaming, qui opère ces trois sites. Cette société avait contesté le décret de Luiz Inácio Lula da Silva pour une supposée "violation des principes de sécurité juridique". La juge précise que sa décision ne s'applique qu'aux sites de cette entreprise.

Quelques jours avant le premier tour de la présidentielle qu'il a finalement remportée, Lula avait pris une mesure drastique en interdisant les plateformes connues au Brésil sous le nom de "bets" (de l'anglais "bet", pari), qui avaient explosé ces dernières années dans le pays. Pour le gouvernement, elles sont à l'origine d'un problème de santé publique en raison de la dépendance qu'elles peuvent provoquer, et l'une des sources de l'endettement record des ménages.

Mais la juge Pileggi a rappelé que les sites de paris ont dû "faire de lourds investissements" pour opérer légalement après la régulation de leur activité par le gouvernement Lula en 2023, s'acquittant notamment d'un droit d'entrée de 30 millions de réais (environ cinq millions d'euros).

"L'invocation de l'intérêt public ne confère pas au gouvernement le pouvoir magique de modifier soudainement ce qui a été convenu", a affirmé cette magistrate. Mardi, la Cour suprême a tenu une audience publique avant d'analyser d'autres recours présentés par les principales entreprises du secteur contre le décret de Lula.

Durant l'audience, plusieurs clubs de football ont déploré une forte baisse de leurs revenus, la plupart des équipes de première division ayant des "bets" comme sponsor principal. En revanche, des représentants de la grande distribution ont rapporté que leurs ventes avaient augmenté depuis l'interdiction des paris en ligne.

Entré en vigueur fin septembre, le décret doit être approuvé par le Parlement avant fin janvier pour devenir une loi de manière définitive.

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