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Un principe simple pour Filipe Luis : "personne n'est plus important que l'équipe"

Filipe Luis.
Filipe Luis.Photo par STR / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP

L'entraîneur de Monaco Filipe Luis, ancien international brésilien révélé sur le banc à Flamengo, dévoile pour l'AFP sa philosophie, ses ambitions et son "addiction" au football alors que l'ASM domine la Ligue 1 après cinq journées.

Vos débuts en France paraissent idylliques.

Je suis ravi de la façon dont le club m'a accueilli, de l'ambiance de travail, de l'organisation. J'apprécie aussi la qualité des joueurs, leur volonté de progresser. Mais mettre en place mes idées est un processus long. J'exige énormément. Ces débuts me plaisent. Dès que l'assimilation s'est faite, tout s'est amélioré. Pour rester ambitieux, il faudra travailler de meilleurs déplacements sans perdre nos acquis.

Pouvez-vous résumer vos principes?

Sans ballon, mettre l'adversaire dans l'inconfort par la pression. Voir l'équipe dans le camp adverse comporte des risques et demande une grande justesse pour gérer les espaces. Avec le ballon, essayer de contrôler, tout en attaquant systématiquement l'adversaire. Notre marge de progression est grande. On est encore loin de ce que je souhaite. Progresser en gagnant permet aux joueurs de croire à tes idées.

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D'où vient votre philosophie?

Je suis certainement devenu entraîneur à cause de (Diego) Simeone (son entraîneur à l'Atlético Madrid, ndlr). Il a changé ma mentalité, éveillé mon intérêt pour le métier. Ma philosophie comporte un peu de lui, de Mourinho, Jorge Jesus, Guardiola pour l'attaque. Elle vient surtout de mes sensations de joueur. Mes idées sont profondément ancrées en moi, qu'il y ait victoire ou défaite. Mais le résultat reste toujours le plus important.

On dit qu'aujourd'hui le management humain est devenu essentiel.

Je suis ouvert, j'écoute les joueurs, je les laisse donner leur avis. Je suis proche, mais pas adepte du discours de motivation. Trop parler n'est pas bon. Tu as beau motiver un joueur, seuls sa personnalité et le processus naturel de compétition l'emmèneront plus loin. Il doit savoir ce qu'il a à faire. C'est une loi de survie: le plus fort, le mieux préparé, l'emportera. Je stimule la compétition interne. En revanche, chacun a le droit à l'erreur, doit s'y préparer et assumer.

Vous savez aussi être dur en public, comme avec Pedro, star de Flamengo temporairement écartée en juillet 2025...

Personne n'est plus important que l'équipe. Un principe clair avait été rompu. J'ai pris une décision compliquée. J'entraînais alors certains amis, comme Pedro, avec qui je jouais un an auparavant. Je devais instaurer une barrière dans le travail. A Monaco, c'est différent. Mais je reste débutant. C'est pourquoi j'ai signé sans hésitation. L'ambition du club colle à la mienne: grandir en gagnant.

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Jusqu'où va votre ambition?

Pour espérer rester en poste, il faut gagner le prochain match. C'est mon principe. Après Flamengo, je veux écrire ma propre histoire, continuer à gagner. Pas pour prouver à qui que ce soit, plutôt pour m'améliorer comme entraîneur, comme personne. Je suis extrêmement ambitieux. Je ne veux pas vivre dans le passé. Je veux plus voir jusqu'où mon niveau m'emmènera.

Devenir entraîneur était-il une certitude?

Joueur, le jour le plus heureux a été mon dernier match au Maracanã, avec mon club de cœur Flamengo, après une carrière réussie au-delà de mes capacités. L'après-match a été un moment de plénitude, avec mes amis chez moi. Mais heureusement, un mois plus tard, j'entraînais les U17 du club. Parce que j'avais toujours vécu pour le match, où tu t'exposes totalement, tu joues ta vie. Sans ça, c'est le vide. Continuer à vivre ma passion a été salvateur. J'ai, par exemple, diversifié mes activités avec des sociétés immobilières. Mais je n'ai aucun goût pour ça. J'aime le football. Ces débuts avec les jeunes de Flamengo ont été un laboratoire pour me découvrir entraîneur.

Comment jugez-vous la L1?

Ce championnat est sous-estimé. Sur le plan tactique, les entraîneurs, dont j'analyse certains depuis longtemps, travaillent très bien. Ici, on a le courage de lancer énormément de jeunes de très bon niveau. Je regarde tout. Je suis complètement "addict" au football. Être entraîneur demande énormément de sacrifices. Il faut être fou. Mais j'adore cette exigence du haut niveau. À la condition que ma femme et mes enfants me soutiennent…

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