La star numéro un du "roi des sports" ne cache pas que le souvenir de ce moment, il y a six ans, fait encore battre son cœur plus vite.
"C’est un lieu unique pour moi, car c’est ici que j’ai battu mon premier record du monde. C’est un moment qui change une vie, car du jour au lendemain, on passe du statut de non-détenteur à celui de détenteur du record, puis il faut le conserver, ce qui était l’un de mes plus grands rêves d’enfant", a souligné "Mondo".
Ce jour-là, il a effacé des tablettes le record de Renaud Lavillenie, qui avait franchi 6,16 m à Donetsk en 2014, et son nom est apparu pour la première fois parmi les détenteurs de records. Il revient à Toruń auréolé du statut d’athlète imbattable.
La semaine dernière, à Uppsala en Suède, il a franchi 6,31 m, soit, pour donner une image, la hauteur d’un toit de maison à deux étages. Personne n’est aussi rapide que lui sur la piste d’élan, et lorsqu’il s’élève, il semble défier la gravité. Il saute avec élégance et donne l’impression de ne fournir aucun effort.
À Toruń, pour sa dernière sortie de la saison hivernale, il visera 6,32 m, ce qui ne ferait que renforcer son statut de légende. La médaille d’or lui semble quasiment acquise, puisqu’il n’a plus connu la défaite depuis sept ans. Son adversaire le plus dangereux sera le Grec Emmanouil Karalis, entraîné par Marcin Szczepański, qui a franchi 6,17 m cette année, soit la deuxième meilleure performance de l’histoire.
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Duplantis, 26 ans, a laissé entendre que sa limite se situerait autour de 6,40 m, même s’il a reconnu que "ce serait presque de la folie". Pour son dernier record, il a utilisé une perche plus rigide et allongé sa course d’élan de 20 à 22 foulées.
"Je me suis senti un peu étrange, mais la nouvelle perche est encore plus puissante", a-t-il remarqué.
Lors de la conférence de presse, quelques jours avant son arrivée à Toruń, il a indiqué vouloir encore expérimenter un peu. "Et on verra jusqu’où cela me mènera", a-t-il ajouté.
Selon différents modèles mathématiques, la limite théorique des capacités humaines atteindrait environ 6,50 m.
Né aux États-Unis mais représentant la Suède, il repousse cette limite centimètre après centimètre, ce qui lui apporte non seulement la gloire, mais aussi des gains financiers. Chaque record lui vaut des récompenses de la part des organisateurs et des sponsors.
Depuis l’an dernier, Duplantis, fiancé à la mannequin et influenceuse Desire Inglander, s’essaie aussi à la musique. Il a récemment sorti une nouvelle chanson, "Feelin’ Myself". Selon lui, "ce n’est probablement pas la meilleure chanson à écouter avant de sauter", mais il l’apprécie.
Duplantis fait partie des rares superstars de l’athlétisme dont la notoriété dépasse le cadre du sport. À ses côtés, on peut citer le champion olympique du 100 m Noah Lyles (États-Unis), la sauteuse en hauteur ukrainienne Yaroslava Mahuchikh, ou encore l’Américaine Sydney McLaughlin-Levrone et la Néerlandaise Femke Bol, spécialistes du 400 m.
À Toruń, en dehors du Suédois, seule Mahuchikh sera présente parmi ce cercle, ce qui pourrait faire de la compétition un véritable "one-man show".
La compétition débute vendredi, et la finale du saut à la perche masculin est prévue samedi soir.
