Début de saison décevant pour Diane Parry, la chute se poursuit pour la Française

La chute se poursuit pour Diane Parry…
La chute se poursuit pour Diane Parry…ČTK imago sportfotodienst Antoine Couvercelle PRESSE SPORTS

Sèchement battue au premier tour des qualifications de l'Open d'Australie, Diane Parry est loin du Top 100 mondial. Pour l'ancienne championne du monde juniors, la route vers les sommets est définitivement sinueuse...

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Être sacrée championne du monde juniors par l'ITF, ce n'est pas un gage de succès chez les grands. Pour parler des temps récents, peu de monde se souviendra d'une Whitney Osuigwe (2017), d'une Catherine Bellis (2014), d'une Irina Khromacheva (2011) ou encore d'une Noppawan Lertcheewakarn (2008). Des talents précoces qui n'ont jamais réussi à confirmer. Lentement, mais sûrement, Diane Parry est en train de s'installer dans cette catégorie, elle qui a été sacrée en 2019 (sans finale de Grand Chelem cependant). 

À seulement 23 ans, la Française est en bien mauvaise posture. Principalement de par ses résultats récents. Dès le premier tour des qualifications pour l'Open d'Australie, elle a été passée à la moulinette par une joueuse pourtant classée une soixantaine de places plus bas. Elena Pridankina a dominé la Tricolore 6-2, 6-3 sans coup férir, mettant en exergue le manque de puissance connu et les failles défensives de Parry

Problème : cela conclut une série inquiétante, à cheval sur deux saisons. La Française a en effet perdu sept de ses huit derniers matchs tous niveaux confondus, et sa seule victoire a été obtenue contre une joueuse classée au-delà de la 600ᵉ place mondiale. Bien loin de ce que l'on imaginait pour elle voilà quatre ans…

Un coup d'éclat sans lendemain

En effet, plus que son titre mondial chez les juniors, son véritable acte de naissance remonte à Roland-Garros 2022. Invitée pour le Grand Chelem sur terre battue, elle y signait un premier coup d'éclat en terrassant au premier tour nulle autre que la tenante du titre, Barbora Krejčíková.

On pourra arguer que la Tchèque était arrivée à court de préparation, mais le fait est qu'une 150ᵉ mondiale qui tape une nᵒ 2, ça fait du bruit. Et cela soulève de facto des espoirs, a fortiori dans un tennis féminin français en difficulté (Caroline Garcia n'avait pas encore amorcé son retour en grâce à ce moment-là). Un jeu quelque peu atypique mais une belle résistance physique et une bonne tenue à l'échange, les prémices d'une ascension semblaient posés. 

Le problème, c'est qu'à l'heure du bilan, cette promesse n'a pas été suivie d'effet. Malgré une forme de régularité, puisqu'elle a déjà atteint 5 fois le troisième tour en Grand Chelem en carrière, elle n'a d'une part jamais franchi ce seuil, comme elle n'a jamais disputé la moindre finale WTA. Mais surtout : ce succès sur Barbora Krejčíková reste à ce jour son seul contre une membre du Top 10

Un criant manque de constance

Si son début de saison 2025 avait été bien piètre, elle a rallumé la machine à espoirs en sortant des qualifications à Wimbledon, avant de se hisser encore une fois au troisième tour. Le tout en battant au passage Diana Shnaider, alors n°12 mondiale, et révélation de la saison précédente, dans ce qui a sans nul doute été son match le plus abouti de la saison. 

Rebelote à l'US Open. Cette fois, pas besoin de passer par les qualifications. Diane Parry a donc atteint le troisième tour, encore, en montrant de plus une belle force mentale contre Renata Zarazúa, qu'elle avait fini par terrasser au bout du super tiebreak. Et sa défaite en trois manches contre Marta Kostyuk n'avait rien de déshonorante. Depuis, elle a gagné son match de reprise avant de connaître la série de sept défaites en huit matchs susmentionnée. 

Mais ce match contre l'Ukrainienne a laissé des regrets. Face à une adversaire bien mieux classée, bien plus accomplie, mais prenable sur cette rencontre, elle n'a pas saisi l'occasion. Et après le match, venait le temps des regrets, comme elle le déclarait alors à L'Équipe : "J'ai été mieux et j'aspire à être mieux que ça. C'est frustrant de stagner depuis des mois."

Problème, on n'est plus dans la stagnation. 50ᵉ mondiale fin 2024, Diane Parry est pour l'instant 121ᵉ, et pourrait encore chuter. Pas de victoire, peu de perspective sur son programme. Le point positif, c'est qu'elle n'a aucun point à défendre avant fin avril. Mécaniquement, elle ne peut que monter… à condition de gagner des matchs. 

Tout reste à faire pour Diane Parry.
Tout reste à faire pour Diane Parry.AFP / StatsPerform

C'est donc probablement un retour sur les WTA 125 qui s'annonce. C'est là qu'elle a raflé ses plus grands succès, avec deux tournois remportés à ce niveau. Mais le dernier date de 2023, et elle n'avait même pas eu besoin de disputer la finale, son adversaire ayant déclaré forfait. Néanmoins, cela reste sans doute le meilleur choix pour tenter de retrouver le Top 100, car on imagine qu'un de ses objectifs devrait être de rentrer directement dans le tableau principal de Roland-Garros. 

Un retard irrémédiable ?

Mais, avec 155 points de retard sur la 100ᵉ mondiale à l'instant T, même un titre à ce niveau ne suffira pas. La constance doit être retrouvée, alors pourquoi pas au niveau ITF ? Sur des W100, des W75, de précieux points peuvent être grattés, et surtout, enchaîner les victoires pourrait être bénéfique pour le mental. Mais cela implique une chute spectaculaire de standing, et tout le monde n'ose pas franchir le pas, de peur de ne jamais pouvoir remonter. 

Pourtant, quand on jette un œil à celles qui ont été lauréates ou finalistes de Grand Chelem chez les juniors en 2019, l'année de son couronnement, il y a de quoi pâlir : Clara Tauson et Emma Navarro, qui sont dans le Top 15, Leylah Fernandez, inoubliable finaliste de l'US Open 2021, ou encore Camila Osorio, déjà trois titres WTA au compteur. Sans compter que certaines qui ont atteint ce stade après 2019 sont déjà bien accomplies, telles que Linda Nosková, Alexandra Eala, et bien évidemment Mirra Andreeva

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Déjà trop de retard pour Diane Parry ? La Française n'est pas au niveau des noms susmentionnés, et s'en éloigne jour après jour. Un jeu atypique, une première balle pas assez puissante, un revers à une main qui est parfois fascinant, parfois irritant, un manque de solutions tactiques quand l'adversité s'élève : la Tricolore a beaucoup de lacunes. Ce n'est sans doute pas une histoire de coaching, mais de conscience : le potentiel est réel, et personne ne le met en doute. Mais au vu de ce début d'année, et d'une certaine forme de découragement entrevue lors de son match en qualifications à Melbourne, le pire est à craindre. À moins d'un déclic…