Palmarès de l’Open d’Australie : tous les vainqueurs de l’ère Open

Palmarès de l’Open d’Australie : tous les vainqueurs à l’ère Open
Palmarès de l’Open d’Australie : tous les vainqueurs à l’ère OpenDANIEL POCKETT/GETTY IMAGES VIA AFP

Premier rendez-vous majeur de la saison tennistique, l’Open d’Australie occupe une place à part dans l’histoire du tennis mondial. Plus ancien des tournois du Grand Chelem après Wimbledon, il est aussi celui dont le parcours fut le plus chaotique avant de s’imposer comme une référence absolue du circuit moderne.

L’Open d’Australie, un Grand Chelem longtemps à part

Créé en 1905 sous le nom de Championnats d’Australasie, le tournoi est à l’origine pensé comme une compétition itinérante, alternant entre les États australiens et la Nouvelle-Zélande. Sydney, Melbourne, Adélaïde, Brisbane ou Perth accueillent tour à tour l’événement, tandis que deux éditions se disputent même en Nouvelle-Zélande, à Christchurch en 1906 et à Hastings en 1912.

Cette géographie éclatée, combinée à l’éloignement extrême de l’Australie, freine durablement l’essor international du tournoi. Dans les années 1920, il faut près de 45 jours de bateau pour rallier l’Australie depuis l’Europe. Résultat : pendant des décennies, l’Open d’Australie ressemble davantage à un championnat régional qu’à une compétition mondiale. De nombreux géants du tennis de l’époque n’y participent jamais, préférant Wimbledon ou les grands tournois européens.

Jusqu’en 1968, le tournoi reste d’ailleurs assimilable à un championnat national amateur. Même les meilleurs joueurs de l’hémisphère sud, comme Norman Brookes ou Anthony Wilding, privilégient parfois d’autres compétitions locales jugées plus prestigieuses ou plus accessibles.

Le tournant de l’ère Open et les années de transition

L’ouverture aux professionnels en 1969 marque officiellement le début de l’ère Open. Mais contrairement aux autres tournois du Grand Chelem, cette transition est lente. Les meilleures stars mondiales boudent encore régulièrement Melbourne, en raison des dates du tournoi, souvent fixées autour de Noël et du Nouvel An, et de dotations financières longtemps inférieures à celles de Roland-Garros, Wimbledon ou l’US Open.

Entre la fin des années 1970 et le début des années 1980, le tableau manque encore de densité. Certaines éditions se jouent avec des formats réduits, des exemptions de premier tour, et parfois seulement cinq ou six matchs nécessaires pour décrocher le titre. L’année 1977 reste une curiosité historique, avec deux éditions organisées, en janvier puis en décembre. À l’inverse, aucune édition n’a lieu en 1986 afin de rééquilibrer le calendrier.

Le véritable basculement intervient au début des années 1980, lorsque les meilleurs joueurs du monde commencent à considérer l’Open d’Australie comme un objectif majeur. L’édition 1983, remportée par Mats Wilander face à Ivan Lendl, symbolise ce changement de statut.

Melbourne Park et la naissance du tournoi moderne

En 1988, l’Open d’Australie change définitivement de dimension. Le tournoi quitte le vétuste Kooyong Stadium pour s’installer à Melbourne Park, un complexe ultramoderne doté de grandes capacités et, surtout, de toits rétractables. Le passage du gazon au dur marque aussi une rupture sportive majeure.

La fréquentation explose, la couverture télévisée s’internationalise et le tournoi adopte progressivement les standards des autres Grands Chelems : tableaux à 128 joueurs, sept matchs pour remporter le titre, égalité de traitement hommes-femmes sur la durée des compétitions.

La surface évolue également au fil du temps, du Rebound Ace au Plexicushion en 2008, puis au GreenSet à partir de 2020, afin de mieux résister aux fortes chaleurs australiennes et de limiter les risques de blessure.

À partir du milieu des années 1990, plus aucun grand champion ne néglige Melbourne. L’Open d’Australie devient pleinement le premier grand rendez-vous de la saison, un tournoi où se construisent souvent les dynamiques de l’année.

La Rod Laver Arena à Melbourne (Australie)
La Rod Laver Arena à Melbourne (Australie)Photo by MORGAN HANCOCK / GETTY IMAGES ASIAPAC / GETTY IMAGES VIA AFP

Palmarès de l’Open d’Australie – Simple messieurs (ère Open)

1969 : Rod Laver (Australie)

1970 : Arthur Ashe (États-Unis)

1971 : Ken Rosewall (Australie)

1972 : Ken Rosewall (Australie)

1973 : John Newcombe (Australie)

1974 : Jimmy Connors (États-Unis)

1975 : John Newcombe (Australie)

1976 : Mark Edmondson (Australie)

1977 (janvier) : Roscoe Tanner (États-Unis)

1977 (décembre) : Vitas Gerulaitis (États-Unis)

1978 : Guillermo Vilas (Argentine)

1979 : Guillermo Vilas (Argentine)

1980 : Brian Teacher (États-Unis)

1981 : Johan Kriek (Afrique du Sud)

1982 : Johan Kriek (États-Unis). (À noter que Johan Kriek a remporté l’Open d’Australie 1981 en représentant l’Afrique du Sud, avant de devenir citoyen américain en août 1982 et de concourir ensuite sous les couleurs des États-Unis)

1983 : Mats Wilander (Suède)

1984 : Mats Wilander (Suède)

1985 : Stefan Edberg (Suède)

1987 : Stefan Edberg (Suède)

1988 : Mats Wilander (Suède)

1989 : Ivan Lendl (Tchécoslovaquie)

1990 : Ivan Lendl (Tchécoslovaquie)

1991 : Boris Becker (Allemagne)

1992 : Jim Courier (États-Unis)

1993 : Jim Courier (États-Unis)

1994 : Pete Sampras (États-Unis)

1995 : Andre Agassi (États-Unis)

1996 : Boris Becker (Allemagne)

1997 : Pete Sampras (États-Unis)

1998 : Petr Korda (Tchèquie)

1999 : Yevgeny Kafelnikov (Russie)

2000 : Andre Agassi (États-Unis)

2001 : Andre Agassi (États-Unis)

2002 : Thomas Johansson (Suède)

2003 : Andre Agassi (États-Unis)

2004 : Roger Federer (Suisse)

2005 : Marat Safin (Russie)

2006 : Roger Federer (Suisse)

2007 : Roger Federer (Suisse)

2008 : Novak Djokovic (Serbie)

2009 : Rafael Nadal (Espagne)

2010 : Roger Federer (Suisse)

2011 : Novak Djokovic (Serbie)

2012 : Novak Djokovic (Serbie)

2013 : Novak Djokovic (Serbie)

2014 : Stan Wawrinka (Suisse)

2015 : Novak Djokovic (Serbie)

2016 : Novak Djokovic (Serbie)

2017 : Roger Federer (Suisse)

2018 : Roger Federer (Suisse)

2019 : Novak Djokovic (Serbie)

2020 : Novak Djokovic (Serbie)

2021 : Novak Djokovic (Serbie)

2022 : Rafael Nadal (Espagne)

2023 : Novak Djokovic (Serbie)

2024 : Jannik Sinner (Italie)

2025 : Jannik Sinner (Italie)

Palmarès de l’Open d’Australie – Simple dames (ère Open)

1969 : Margaret Court (Australie)

1970 : Margaret Court (Australie)

1971 : Margaret Court (Australie)

1972 : Virginia Wade (Royaume-Uni)

1973 : Margaret Court (Australie)

1974 : Evonne Goolagong (Australie)

1975 : Evonne Goolagong (Australie)

1976 : Evonne Goolagong (Australie)

1977 (janvier) : Kerry Reid (Australie)

1977 (décembre) : Evonne Goolagong (Australie)

1978 : Chris O’Neil (Australie)

1979 : Barbara Jordan (États-Unis)

1980 : Hana Mandlíková (Tchécoslovaquie)

1981 : Martina Navrátilová (États-Unis)

1982 : Chris Evert (États-Unis)

1983 : Martina Navrátilová (États-Unis)

1984 : Chris Evert (États-Unis)

1985 : Martina Navrátilová (États-Unis)

1987 : Hana Mandlíková (Tchécoslovaquie)

1988 : Steffi Graf (Allemagne)

1989 : Steffi Graf (Allemagne)

1990 : Steffi Graf (Allemagne)

1991 : Monica Seles (Yougoslavie)

1992 : Monica Seles (Yougoslavie)

1993 : Monica Seles (Yougoslavie)

1994 : Steffi Graf (Allemagne)

1995 : Mary Pierce (France)

1996 : Monica Seles (États-Unis). (À noter que Monica Seles a acquis la citoyenneté américaine en 1994, dans le contexte de la guerre en Yougoslavie, après avoir concouru sous les couleurs yougoslaves en début de carrière.)

1997 : Martina Hingis (Suisse)

1998 : Martina Hingis (Suisse)

1999 : Martina Hingis (Suisse)

2000 : Lindsay Davenport (États-Unis)

2001 : Jennifer Capriati (États-Unis)

2002 : Jennifer Capriati (États-Unis)

2003 : Serena Williams (États-Unis)

2004 : Justine Henin (Belgique)

2005 : Serena Williams (États-Unis)

2006 : Amélie Mauresmo (France)

2007 : Serena Williams (États-Unis)

2008 : Maria Sharapova (Russie)

2009 : Serena Williams (États-Unis)

2010 : Serena Williams (États-Unis)

2011 : Kim Clijsters (Belgique)

2012 : Victoria Azarenka (Biélorussie)

2013 : Victoria Azarenka (Biélorussie)

2014 : Li Na (Chine)

2015 : Serena Williams (États-Unis)

2016 : Angelique Kerber (Allemagne)

2017 : Serena Williams (États-Unis)

2018 : Caroline Wozniacki (Danemark)

2019 : Naomi Osaka (Japon)

2020 : Sofia Kenin (États-Unis)

2021 : Naomi Osaka (Japon)

2022 : Ashleigh Barty (Australie)

2023 : Aryna Sabalenka (Biélorussie)

2024 : Aryna Sabalenka (Biélorussie)

2025 : Madison Keys (États-Unis)

Records du tournoi

Chez les hommes, Novak Djokovic est le recordman absolu de l’Open d’Australie, toutes époques confondues, avec dix titres, tous remportés à l’ère Open. Aucun joueur, avant ou après 1969, n’a fait mieux à Melbourne, ce qui fait du Serbe la référence historique du tournoi.

Chez les femmes, le record absolu appartient à Margaret Court, détentrice de 11 titres, dont 4 à l’ère Open. En revanche, si l’on se limite strictement à l’ère Open, c’est Serena Williams qui domine le palmarès moderne avec 7 sacres, un total inégalé depuis 1969.

Serena Williams remporte l'Open d'Australie en 2017
Serena Williams remporte l'Open d'Australie en 2017Photo by RECEP SAKAR / ANADOLU AGENCY / ANADOLU VIA AFP

En simple messieurs, avant 1969, le palmarès est largement dominé par l’Australie, qui cumule 44 titres entre 1905 et 1968, loin devant le Royaume-Uni (5) et les États-Unis (4). Cette suprématie s’explique par l’isolement géographique du tournoi et une participation internationale limitée. Depuis le début de l’ère Open, la hiérarchie s’est profondément transformée : les États-Unis totalisent 14 titres, la Serbie suit avec 10 sacres tous remportés par Novak Djokovic, devant la Suisse (7) et l’Australie (6). 

En simple dames, le constat est comparable. Avant l’ère Open, l’Australie écrase la concurrence avec 33 titres, symbole d’un tournoi longtemps dominé par les joueuses locales. Depuis 1969, la domination s’est déplacée vers les États-Unis, leaders avec 18 victoires, devant l’Australie (11), l’Allemagne (5) et la Biélorussie (4). 

Le bilan des Français à l’Open d’Australie

En simple messieurs, aucun joueur français n’a remporté l’Open d’Australie depuis le début de l’ère Open en 1969. Plus largement, un seul Français a gagné un tournoi du Grand Chelem à l’ère Open : Yannick Noah, sacré à Roland-Garros en 1983. Le seul titre français à Melbourne remonte à l’ère pré-Open, avec Jean Borotra, vainqueur en 1928.

À l’ère Open, deux Français ont atteint la finale. En 2001, Arnaud Clément se hisse jusqu’au dernier match après avoir notamment éliminé un jeune Roger Federer et Yevgeny Kafelnikov, finaliste sortant de l’édition 2000 et vainqueur du tournoi en 1999. Il s’incline ensuite en finale face à Andre Agassi. Lors de cette même édition 2001, Sébastien Grosjean atteint les demi-finales.

En 2008, Jo-Wilfried Tsonga, alors 39e joueur mondial, réalise un parcours marquant en éliminant successivement Richard Gasquet (tête de série n°8), Mikhail Youzhny, puis Rafael Nadal (n°2 mondial) en demi-finale. En finale, le natif du Mans remporte le premier set mais s’incline face à Novak Djokovic.

Novak Djokovic et Jo-Wilfried Tsonga à l'Open d'Australie en 2008
Novak Djokovic et Jo-Wilfried Tsonga à l'Open d'Australie en 2008Photo by GREG WOOD / AFP

Chez les dames, le bilan est nettement plus positif pour le tennis français. Mary Pierce connaît la consécration en 1995, en remportant à Melbourne son premier tournoi du Grand Chelem, dans un contexte marqué par l’absence de la n°1 mondiale Steffi Graf. Impressionnante tout au long de la quinzaine, elle ne concède aucun set et élimine successivement plusieurs joueuses du top 10, dont Anke Huber, Natasha Zvereva, Conchita Martínez, avant de dominer Arantxa Sánchez Vicario en finale.

Deux ans plus tard, en 1997, Mary Pierce confirme son affinité avec Melbourne. Non tête de série, elle atteint de nouveau la finale après avoir écarté Anke Huber, Sabine Appelmans et Amanda Coetzer, cette dernière ayant auparavant éliminé Steffi Graf. Elle s’incline finalement face à la prodige suisse Martina Hingis.

Autre figure majeure du tennis féminin français, Amélie Mauresmo s’impose elle aussi comme une actrice centrale de l’histoire tricolore à l’Open d’Australie. En 1999, à seulement 19 ans, elle accède à la finale du tournoi après avoir notamment éliminé la n°1 mondiale Lindsay Davenport, avant de s’incliner face à Martina Hingis.

Elle atteint enfin le sommet en 2006, en remportant à Melbourne son premier titre du Grand Chelem face à Justine Henin, profitant de l’abandon de son adversaire en finale. Ce sacre vient conclure un tournoi maîtrisé, marqué par des victoires convaincantes face à Nicole Vaidišová et Patty Schnyder, et confirme la place d’Amélie Mauresmo parmi les grandes championnes françaises de l’ère Open.