Monfils a "kiffé" ses adieux à Melbourne malgré sa défaite au premier tour

Monfils face à la presse après sa défaite ce mardi.
Monfils face à la presse après sa défaite ce mardi.IZHAR KHAN/AFP

Après un combat de près de quatre heures, Gaël Monfils a rendu les armes ce mardi dès le premier tour de l'Open d'Australie : pour sa 20ᵉ et dernière participation, le Français de 39 ans est tombé sur trop jeune pour lui. Mais il a "kiffé".

"J'ai joué 3 heures 50, j'ai perdu, pffff... j'ai donné le maximum, contre un jeune qui a mieux joué que moi. C'était cool, il a gagné son premier match en Australie, bravo à lui et moi j'ai kiffé et je suis content", a affirmé La Monf après sa défaite 6-7 (3), 7-5, 6-4, 7-5 contre l'inexpérimenté Australien Dane Sweeny, 182e mondial.

Après un premier set accroché, ses forces ont inexorablement décliné, son potentiel d'énergie a chuté... trop vite.

"À un moment, la situation est marrante parce que dans ma tête, ça va 'mégavite', mais mon corps... ça ne va plus vite", et le plan imaginé pour gagner le point tombe piteusement à l'eau, raconte-t-il en en rigolant encore.

La situation est d'autant plus marquante, pour lui qui a bâti son jeu autour d'un physique hors norme, qu'en face il voit Sweeny et ses 24 ans qui "fait encore des glissades" après plus de trois heures de jeu.

"Je n'arrivais plus"

Mais au lieu de se frustrer, La Monf réagit avec un grand recul : "Je dis BRAVO. Moi, je n'arrivais plus à me mettre derrière la balle, je ne poussais plus sur les jambes pour le service..."

Car pour résumer, le showman adulé aux quatre coins du monde – y compris à Melbourne, même si le public a évidemment beaucoup soutenu aussi Sweeny ce mardi – a tout simplement "affronté un petit jeune qui a joué sa chance à 100 %" alors que lui n'était pas au maximum de son potentiel.

Plus précisément, tient-il à souligner comme pour rappeler qu'il a gardé l'âme d'un compétiteur, il n'était pas au maximum de son potentiel d'antan.

"Il y a beaucoup de trucs que je veux faire mais que je n'arrive plus à faire. J'étais à 100 % de mon 100 % d'aujourd'hui... qui n'est pas mon 100 %" dans l'absolu, insiste-t-il.

D'autant qu'il ressent depuis quelque temps une gêne à un pied. Non pas une douleur, assure-t-il, mais une gêne. Surtout pas de quoi l'empêcher de venir jouer à Melbourne.

"J'avais envie de venir jouer ici, dit-il des étincelles dans les yeux. Je suis venu chercher du kif: entrer sur le terrain, jouer..."

Les émotions viendront

De ce côté-là, mission accomplie car il s'est tellement donné qu'après être passé par le vestiaire et la douche, il dit ne pas réaliser qu'il a dit adieu au public de Melbourne.

"C'est quand je vais partir... je vais réaliser que je ne reviendrai plus jamais pour jouer au tennis. Là, quand je me suis assis dans le vestiaire, je me suis dit que ce n'était pas comme je voulais, mais j'étais content, j'avais tenu 3 heures 50. Limite, j'ai dit à mon physio : 'on va bosser ce soir parce que j'ai envie de mieux jouer que ça'", raconte-t-il.

Melbourne, c'est fini, certes. Mais la saison est encore longue et Monfils entend bien non seulement en profiter, mais signer des résultats. Même si dans sa tête, la fin de carrière est bien proche désormais et que ses moyens tennistiques, eux, s'éloignent.

"Je vais essayer de pousser mon corps encore un peu plus. La période qui vient sera un peu mieux, avec des matches en trois sets", rappelle-t-il en référence à la série de tournois ATP qui séparent l'Australie du prochain Majeur, Roland-Garros (24 mai-7 juin).

Dans l'histoire du Majeur du bout du monde, Monfils restera comme l'un des six joueurs de l'ère Open (depuis l'édition 1969) à y avoir participé au moins 20 fois avec Roger Federer (21 fois), Novak Djokovic (21) Lleyton Hewitt (20), Feliciano Lopez (20), et Stan Wawrinka (20). Le Français a atteint deux fois les quarts de finale à Melbourne, en 2016 et 2022.