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C'est la sensation du tennis français en ce début de saison. Brillant sur les circuits inférieurs, Moïse Kouamé avait dégoté une wildcard pour le tableau principal du Masters 1000 de Miami. Difficile néanmoins d'évaluer ses chances réelles, d'autant que son adversaire du premier tour, Zachary Svajda, appartenait déjà au top 100.
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On sentait logiquement une certaine nervosité de la part du Français au début de son match. On craignait un break précoce qui modifierait de facto la physionomie du match, mais Kouamé passait suffisamment de premières balles, s'autorisant même un jeu blanc. Si Svajda espérait un match facile, il en était pour ses frais : l'Américain commençait à déjouer et concédait le premier break du match dès le cinquième jeu. Le Français se tendait au moment de confirmer son avantage, passait moins de premières, sauvait même une balle de débreak, mais s'installait tout de même confortablement en tête en capitalisant sur les nombreuses fautes adverses.
Surprenant Kouamé
Mais ce manque de premières ne pouvait pas rester impuni, et Svajda débreakait logiquement pour égaliser à 4-4. Dès lors, Kouamé allait tester un nouveau genre de pression : celle de servir pour rester dans le set. La première tentative était une réussite avec un jeu blanc. Mais sur la deuxième, il était de nouveau abandonné par sa première, et l'Américain se ruait sur l'occasion pour conclure la manche.
Il fallait alors serrer les dents et surtout ne pas s'effondrer. La réaction était positive sur sa mise en jeu, avec quelques aces bien claqués pour se maintenir à flots. Mais il paraissait sur un fil, et la catastrophe manquait d'arriver au huitième jeu, quand il se retrouvait mené 0-40 avant de conserver sa mise en jeu au courage, mais il paraissait entamé physiquement.
C'est à ce moment-là que Svadja offrait sur un plateau, à grand renfort de fautes directes, le break à Moïse Kouamé, qui allait donc servir pour le set, mais l'intervention du physio avant de tenter sa chance laissait planer le doute sur la suite. Un état de fait totalement démenti par un jeu blanc euphorique pour égaliser à une manche partout. Décidément, le jeune Français avait de la ressource.
Sur les genoux, puis à genoux
On ne croyait pas si bien dire : après un passage par la case vestiaires, le Français revenait en pleine forme, lui qui semblait à l'agonie, et breakait son rival d'entrée de troisième set ! Même s'il ne paraissait pas particulièrement fringant physiquement, il déroulait sur ses mises en jeu et choisissait de ne pas lutter plus que de raison sur celles de Svajda. Une stratégie qui manquait de se retourner contre lui au sixième jeu, dans lequel il commettait trois doubles fautes, sauvait quatre balles de break, mais restait devant.
Le physio devenait son meilleur ami, et il tenait uniquement par son service. Car dans le jeu, il ne parvenait plus à faire les efforts, semblant perclus de crampes. Il fallait alors faire un dernier effort et servir pour le match, contre un adversaire semblant désœuvré. Mais plus rien n'était facile malgré les cadeaux adverses : double faute sur la première balle de match, avant une dernière faute directe d'un Svajda qui aura totalement perdu pied.
5-7, 6-4, 6-4, Moïse Kouamé remporte son tout premier match en tableau principal ATP à 17 ans ! Et gagne le droit de défier Jiří Lehečka au deuxième tour. Mais pour l'instant, il faut juste applaudir un nouveau talent du tennis mondial.
