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N'importe quelle personne s'intéressant à minima au ski alpin connaît Clément Noël. Logique, puisque lors de la dernière édition des Jeux Olympiques d'Hiver, en 2022, à Pékin, ce dernier est allé chercher l'or en slalom, le premier titre olympique français en ski alpin depuis Antoine Dénériaz en 2006. Un morceau d'histoire donc.
Quatre ans après, on ne sait trop que penser du leader du ski alpin tricolore. 15 victoires en Coupe du monde, un sacré cap, mais pas le moindre globe de cristal, pas la moindre médaille aux Championnats du monde, pas mal de victoires qui lui ont échappé par excès d'engagement ou manque de maîtrise, on reste souvent sur sa faim.
Néanmoins, il vient de ressortir du bois au meilleur moment. Sur le mythique slalom nocturne de Madonna Di Campiglio, un des rares qui ne figuraient pas à son compteur, il a transformé une première manche intéressante en sa 15ème victoire en carrière donc. Une issue convenue, tant il semblait fort ce soir là.
Paco Rassat le conquérant
Mais la vraie nouveauté de la saison, c'est que l'un de ses principaux rivaux de la saison est... un autre Français. Paco Rassat, la saison dernière, faisait partie des espoirs de la discipline, mais tous les espoirs ne font pas des grands champions. Désormais, de façon incroyable, trois skieurs comptent plus d'une victoire cette saison : Marco Odermatt, Marco Schwarz... et Paco Rassat.
Dès le deuxième slalom de la saison, à Gurgl, il a opéré une remontée fantastique, passant d'une 14e place en première manche en un premier succès en Coupe du monde totalement inattendu. Un scénario qu'on aime, mais pas autant que la suite. Car la semaine dernière, son ascension vient de prendre un double coup d'accélérateur.
Le soir de la victoire de Clément Noël, sans faire de bruit, il s'est faufilé sur la troisième marche du podium. Mais ce n'était qu'un prélude à sa performance sur la mythique piste d'Adelboden ce dimanche. Quatrième de la première manche, parfaitement placé en embuscade, il a montré tout son talent sur une deuxième manche incandescente et une fois encore terrassé tous les cadors de la discipline.
Comment ne pas rêver d'un doublé olympique ?
Première chose : Paco Rassat est en tête de la Coupe du monde de slalom, avec 26 points d'avance sur... Clément Noël. Le duo bleu a remporté la moitié des slaloms au programme, et on peut donc parfaitement imaginer l'un d'entre eux remporter le premier globe de cristal du slalom français depuis Jean-Baptiste Grange en 2009, ce qui serait seulement le troisième dans la discipline depuis 1972 (avec Sébastien Amiez en 1996).
Mais bien évidemment, plutôt que le globe de cristal, on ne peut que penser aux Jeux Olympiques. De quoi se remémorer un des moments forts du sport français au XXIe siècle : le doublé au slalom des JO de 2002 à Salt Lake City, avec l'inoubliable victoire de Jean-Pierre Vidal devant Sébastien Amiez. Frissons garantis.
Mais pour Clément Noël, en particulier, il y a un énorme morceau d'histoire en jeu : jamais un slalomeur n'a conservé son titre aux Jeux Olympiques. C'est arrivé en Géant avec Alberto Tomba, en Super-G avec Kjetil André Aamodt et Matthias Mayer, et c'est tout. Le Français pourrait donc rentrer dans un club très fermé, histoire de cimenter sa légende. Sauf que...
... la pression du statut de favori, il ne l'avait pas en 2022. Mais c'était le cas en 2023, pour des Mondiaux à domicile. Résultat : une bien frustrante quatrième place. Il aura donc tout à perdre dans un mois, au contraire de Paco Rassat, qui a déjà réussi sa saison, et qui pourra clairement arriver l'esprit léger aux Jeux. Souvent, dans ces conditions, les performances sont de qualité. Mais quoi qu'il en soit, l'espoir est grand, et tout autre résultat qu'un podium serait une immense déception. Aux Bleus de jouer !
