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Si on dit "skicross", une course reviendra forcément dans la discussion. La finale masculine des Jeux Olympiques de 2014, à Sochi, quand l'équipe de France avait réalisé un glorieux triplé, avec le sacre de Jean-Frédéric Chapuis devant Arnaud Bovolenta et Jonathan Midol.
L'âge d'or du skicross français. Après ce triomphe, Chapuis allait remporter trois fois d'affilée la Coupe du monde (après le titre mondial en 2013), avant que ce ne soit le tour de Midol, puis que François Place ne soit lui aussi champion du monde en 2019. Et bien évidemment, chez les femmes, on n'oubliera pas Ophélie David, championne du monde 2007, et qui a remporté sept fois d'affilée le classement général de la Coupe du monde entre 2004 et 2010 (succédant à Valentine Scuotto, qui avait inauguré le palmarès en 2003).
Depuis ? C'est moins réjouissant. Il y a des victoires en Coupe du monde, par-ci, par-là, mais lors des grands rendez-vous, les Bleus déchantent. Aucune médaille lors des deux dernières éditions des Jeux Olympiques, une seule lors des deux derniers Championnats du monde. Et encore, c'était par équipes, Melvin Tchiknavorian et Jade Grillet Aubert sauvant le coup avec l'argent l'hiver dernier.
Ainsi, à l'approche des Jeux Olympiques de Milan-Cortina, on ne savait pas vraiment quoi penser. Sachant qu'au vu de l'énorme concurrence, une seule médaille suffirait à l'équipe de France de skicross. Mais en une course, la perception a changé : la victoire de Marielle Berger Sabbatel à San Candido - Innichen a rebattu les cartes.
La Française est l'archétype de la skieuse régulière. Toujours placée, très rarement gagnante. Cette victoire en Italie est seulement sa troisième en carrière en Coupe du monde... pour 33 podiums au total ! Ce chef-d'œuvre de régularité a atteint son paroxysme lors de la saison 2023/2024 de Coupe du monde : 10 podiums en 16 courses, mais aucun succès.
L'heure est venue
Mais en Italie, elle a oublié la régularité pour la prise de risques. Car il n'y a sans doute que comme cela qu'elle peut battre la crème de la discipline. Ce qui lui a permis de devancer Fanny Smith, soit la championne du monde en titre, Sandra Näslund, soit la championne olympique en titre, et Daniela Maier, médaillée olympique et mondiale. L'élite.
Mais à 35 ans, le temps presse pour Marielle Berger Sabbatel. Ce pourrait déjà être ses derniers JO dans un mois. Et sur les grandes compétitions, elle n'a pas réussi à laisser sa marque. L'hiver dernier, pour la première fois de sa carrière, elle est entrée en finale mondiale à Engedin... et a terminé quatrième, que ce soit en individuel ou par équipes avec Youri Duplessis Kergomard.
Une médaille mondiale aurait sans doute représenté une consécration bienvenue pour elle. Mais ne serait-ce pas le carburant nécessaire ? D'autant qu'aux Jeux Olympiques, elle n'a jamais atteint les demi-finales. Pire encore, elle n'avait pas réussi à se qualifier pour la dernière édition à Pékin. Ce qui jette forcément le trouble sur ses chances de réussite en terre italienne.
Mais être la seule, cette saison, à avoir battu Sandra Näslund, unanimement considérée comme la Reine de la discipline, ce n'est pas un hasard : c'est la preuve que sur une course, Marielle Berger Sabbatel peut réussir à battre n'importe qui. Cela tombe bien, c'est l'objectif aux Jeux Olympiques. Là où la densité est plus forte chez les hommes, mais la concurrence aussi, elle représente sans doute la meilleure carte française pour cet évènement. Pour un dernier baroud d'honneur ?
