Le directeur de M-Sport Ford trouve "idiotes" les critiques contre le rallye automobile

La Ford de McErlean ce vendredi.
La Ford de McErlean ce vendredi.BASTIEN ROUX/DPPI VIA AFP

Le directeur de l'écurie privée M-Sport associée au géant automobile Ford en rallye, Richard Millener, sait bien qu'il ne joue pas dans la même catégorie que Toyota et Hyundai en vue d'une couronne au Championnat du monde (WRC).

Mais dans un entretien avec l'AFP au Rallye Monte-Carlo, le Britannique se dit optimiste pour 2027, année d'une nouvelle réglementation et d'une relance espérée de cette discipline du sport automobile, dont il rejette les critiques "idiotes" et récurrentes sur le manque supposé de promotion auprès du public et d'attraction des constructeurs.

Millener se félicite aussi de son duo de pilotes irlandais mis en concurrence, Jon Armstrong et Joshua McErlean, mais il déplore que le premier soir de course, jeudi, ait été interrompu en raison du brouillard qui a fait peur à des concurrents.

QUESTION : Armstrong a brillé lors de la seconde épreuve spéciale. Pensez-vous que sa sécurité et celles des autres pilotes était menacée pour justifier l'arrêt de la course ?

RÉPONSE : "C'est un véritable rallye Monte‑Carlo, avec tout ce que ça implique. Jon a fait un travail fantastique pour sa première sortie vraiment compétitive dans la voiture. Son passage en WRC est peut‑être un peu plus simple que pour d’autres qui accèdent à ce niveau, grâce à ce qu’il a fait en Championnat d’Europe l'an dernier (NDLR : Armstrong est nouveau chez M-Sport Ford dans la catégorie reine Rally1, après des années en Rally2 et vice-champion d'Europe en 2025). Mais si on passe de Rally2, comme Josh, à Rally1 sans jamais avoir connu l'expérience de gagner un rallye, c’est assez différent.

En termes de sécurité, je me sens un peu lésé dans la troisième spéciale avec le temps qu’on nous a attribué. (NDLR : les pilotes qui n'avaient pas fini l'étape avant le drapeau rouge se sont vu attribuer un temps forfaitaire et Armstrong a été classé cinquième, alors qu'il était troisième avant l'interruption).

Mais ce n’est pas la fin du monde. On ne joue pas le championnat.

La spéciale a été neutralisée pour des questions de sécurité des spectateurs et non en raison du brouillard. Est‑ce que le brouillard est dangereux ? C’est ça le rallye. C’est avant tout le plus grand des défis."

Q : Quelles sont vos attentes pour Monte‑Carlo et pour la saison et qu'espérez-vous avec la nouvelle réglementation en 2027 ?

R : Pour Monte‑Carlo, les objectifs étaient assez clairs : c’était Josh (McErlean). On voulait vraiment qu'il essaie de répéter l’an dernier et d’améliorer un peu. Malheureusement, une toute petite erreur hier soir lui a coûté cher : il est sorti de la route et doit se reconcentrer et s’en servir de leçon. Pour Jon sur la saison, c'est ce que nous voulions de Josh, à savoir des résultats sur les deux ou trois premiers rallyes. Après ça, on commencera à augmenter un peu la pression.

Quant aux nouvelles réglementations, la FIA (Fédération internationale de l'automobile) a fait du bon travail pour décider de la direction à prendre. Les voitures sont évidemment plus simples et moins chères, mais c’était nécessaire pour faire redescendre le sport auto de quelques étages. Les voitures sont trop chères. Il n’y a pas de nouveaux constructeurs qui veulent arriver à ce niveau. Il fallait changer. On ne peut pas continuer avec trois, ou deux et demi, constructeurs. On pourrait se retrouver avec M-Sport-Ford, Lancia, Hyundai, Skoda, Toyota, Citroën, avec cinq ou six constructeurs dans le championnat l’an prochain, ce qui serait incroyable.

Q : Que répondez-vous aux critiques de pilotes et directeurs d'équipes contre la FIA et le manque supposé d'attrait et de promotion du rallye ?

R : Nous devons tous faire attention parce que nous sommes trop critiques envers notre propre sport. C’est idiot, parce qu’il y a beaucoup de points positifs. Il y a toujours beaucoup de fans à chaque rallye. Mais les gens dans le milieu peuvent être tellement négatifs et c’est très pénible.