Red Bull dans une "course contre-la-montre" pour développer voiture et moteur, explique Mekies

Laurent Mekies, la saison dernière.
Laurent Mekies, la saison dernière.NICOLAS ECONOMOU / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP

Face à des changements importants demandés à sa voiture et au développement d'un nouveau moteur, l'écurie de Formule 1 Red Bull s'est lancée dans une "course contre-la-montre", a expliqué ce jeudi à l'AFP son directeur français Laurent Mekies.

Mekies, interrogé en marge de la présentation du nouveau bolide à Détroit, s'est félicité que ces bouleversements coïncident avec l'arrivée du pilote français Isack Hadjar, qui va se retrouver au coeur du développement de l'écurie avec le taulier Max Verstappen.

Quelles ont été vos priorités pour cette première intersaison en tant que patron de l'écurie Red Bull ?

"C'est une intersaison très particulière. D'une part, vous êtes en face du plus gros changement réglementaire de l'histoire de la Formule 1 moderne. C'est la première fois depuis des décennies qu'on change au même moment le règlement châssis et le règlement moteur, et on l'a fait avec une amplitude et une profondeur très très importantes. C'est aussi l'intersaison où on a choisi en tant que Red Bull de créer notre propre moteur. On a pris la décision il y a presque trois ans, pour arriver à être prêt pour cette nouvelle réglementation. C'est le challenge le plus incroyable dans lequel vous pouvez imaginer vous lancer (...) ça a été ça notre intersaison, une course contre-la-montre de tous les instants, du fait de la taille du challenge dans lequel nous nous sommes embarqués."

Face aux changements réglementaires, vous avez choisi de modérer les attentes de résultat immédiat. Est-ce bien reçu au sein d'une telle écurie ?

"On a construit une usine dans un champs, acheté des bancs moteur, embauché 600 personnes... Je pense que ce serait tout simplement naïf de notre part de penser que l'on puisse faire notre moteur de zéro (...) et aller dès le début être plus compétitif que des gens qui l'ont fait depuis 95 ans. On estime qu'on va avoir beaucoup de difficultés, que les premiers mois vont être très compliqués. Mais ça ne fait que révéler la taille du challenge."

Donc tout le monde est sur la même longueur d'onde, même Max Verstappen, qui a énormément gagné avec Red Bull ?

"Max, c'est sans doute un de ceux qui comprend le mieux la taille du challenge et le chemin qu'il y a à prendre pour arriver à un niveau de compétitivité qui lui permettra de répéter les performances. Ça ne change pas l'ambition finale, à Red Bull il faut se battre pour la victoire. Mais ça ne va pas se passer dans les premières semaines."

Quelles sont vos attentes pour Isack Hadjar ?

"Isack a fait une saison extraordinaire l'année dernière. On est très contents d'avoir décidé de le voir à Red Bull Racings. Il a commencé à travailler très fort avec nous cet hiver, au simulateur, au contact de ses ingénieurs. On pense que c'est aussi une très bonne année pour lui d'être le coéquipier de Max. Parce qu'il y a une sorte de reset avec la nouvelle réglementation sur le type de comportement qu'on va avoir et le type de pilotage que chaque pilote va devoir trouver pour développer le plus de performances possible."