Dans un entretien avec l'AFP à Bahreïn, en marge des essais officiels de pré-saison, le pilote de 1,86 mètre, né à Londres il y a 29 ans d'un père britannique et d'une mère thaïlandaise, a aussi confié qu'il œuvrait à la création d'un Grand Prix dans son royaume d'Asie du Sud-Est dont il est le deuxième sujet en 75 ans à concourir dans la discipline phare du sport automobile.
Williams n'était pas aux essais privés de Barcelone fin janvier. Comment sentez-vous la voiture après les premiers essais officiels ici à Bahreïn la semaine dernière et au début de cette seconde session ?
"C’était évidemment agaçant de rater Barcelone. On a clairement manqué une occasion d’apprendre. On est en retrait par rapport à nos rivaux sur toute la grille. En même temps, les progrès réalisés entre le premier jour des essais la semaine dernière et là où nous en sommes maintenant sont énormes."
Pensez-vous, à l'instar de votre directeur James Vowles, que Williams puisse être, comme en 2025, au moins dans le top 5 du Championnat du monde des constructeurs ?
"Ce serait bien d'être encore plus proche des meilleures équipes et de se détacher du milieu de la grille. Mais si on est réaliste, cela va représenter un énorme défi. Nous avons été cette année très durement mis à l’épreuve sur la préparation de la voiture, sa construction et son développement. C’est en partie pourquoi nous avons raté Barcelone. Nous sommes en retrait. Nous ne sommes pas, à ce stade, là où nous voudrions être. Cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas revenir dans le top 5 au championnat constructeurs et faire une bonne saison, mais nous avons du retard à combler."
Comment ressentez-vous le fait d’être le second Thaïlandais de l'histoire à courir en F1, après le Prince Bira dans les années 1950 ?
"J’en suis extrêmement fier. Je me sens profondément Thaïlandais, suis bouddhiste et me sens très proche du peuple thaïlandais, de la culture thaïlandaise. Je me sens beaucoup plus en phase avec la Thaïlande qu’avec n’importe quel autre pays. Mon premier podium (sur deux en 2020, Ndlr) avec le drapeau thaïlandais derrière moi a énormément compté."
Il y a eu un Grand Prix en Malaisie, il y en a en Chine, au Japon et à Singapour. Est-ce qu'il en faut un autre en Asie ?
"Un Grand Prix de Thaïlande pourrait voir le jour. L’un de mes plus grands objectifs est de faire en sorte que cela arrive. Ce serait incroyable pour le pays. Il existe les infrastructures, l’accueil et la convivialité pour l'organiser. Hormis le Japon, il n’y a pas vraiment de structure en sport automobile pour l’Asie du Sud-Est. Il en faut une et j’adorerais que ce soit la Thaïlande. Pour qu’un pilote asiatique puisse courir en F1, à moins d’être Japonais, il doit venir en Europe à 11 ou 12 ans, vivre cinq ou six ans en Italie, construire tout son parcours là-bas avec beaucoup de sacrifices pour la famille et beaucoup d’argent. Il faut donc une culture et une structure pour rendre la F1 plus accessible en Asie. Je trouverais génial de pouvoir dire que la Thaïlande est quasiment le centre asiatique du sport automobile."
