Isack Hadjar veut être présent dans les "moments clés" cette saison

Isack Hadjar lors de la présentation Red Bull ce jeudi.
Isack Hadjar lors de la présentation Red Bull ce jeudi.MARK THOMPSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP

Le Français Isack Hadjar, promu pilote n°2 de l'écurie Red Bull après une saison de Formule 1, espère "saisir les opportunités", qui vont se présenter derrière son nouveau volant, au début d'une saison marquée par des changements majeurs au niveau des voitures et des moteurs.

Le Parisien âgé de 21 ans, lecteur assidu de manga, s'identifie volontiers en "personnage principal" d'une histoire, comme Goku, héros du best-seller Dragon Ball, qui "n'a pas peur d'affronter les meilleurs".

Peut-on rapprocher votre aventure automobile à celle d'un manga shonen, dont le héros progresse à chaque étape ?

"Oui, je suis le héros de mon shonen. Je suis le personnage principal et j'essaie d'atteindre mes objectifs. Je suis en plein commencement. J'espère faire une longue carrière et cocher les cases. Il faudra garder la faim, la hargne, et mon cerveau. Il faut être tellement complet mentalement et techniquement aussi, parce que technologiquement, on est à la pointe."

Vous avez déclaré que dans les moments importants, "il ne faut pas bégayer". Ce début de saison est-il un moment clef de votre jeune carrière ?

"Idéalement, il ne faut jamais bégayer. Mais c'est sûr qu'il y aura des moments où la voiture va performer dans une petite fenêtre, il faudra être là pour saisir l'opportunité. C'est toujours ça l'objectif, c'est d'être présent dans les moments clés."

Sentez-vous plus de pression avec Red Bull ?

"C'est un peu une saison où on ne sait pas à quoi s'attendre. Il n'y a pas vraiment d'attente. Le feeling est assez étrange, je suis juste curieux de voir comment la voiture arrive. Je pense que les premiers tours vont être super intéressants. Tous mes sens, tous mes capteurs vont être à l'affût. C'est le plus gros changement de réglementation depuis 12 ans. On a tous beaucoup d'interrogations et aussi beaucoup de pression. On ne sait pas ce que les autres équipes préparent. On ne peut que se concentrer sur nous-même."

Comment avez-vu pu travailler jusque là ?

"Déjà à la fin de l'année dernière j'ai fait pas mal de simulateur, j'ai pu tester différents modèles. Puis j'ai repris le boulot la semaine dernière, en plus de me préparer physiquement. Je suis resté très occupé. Je n'ai pas eu beaucoup de vacances parce que je sais qu'il y a beaucoup de travail."

Vous avez déclaré vouloir vous "poser" avec Red Bull. Pouvez-vous développer ?

"Ça veut dire rester longtemps. Et travailler avec les mêmes personnes. Je pense qu'il y a plus à aller chercher en performance à rester avec les mêmes personnes, tous les champions l'ont fait. Il faut gagner la confiance d'équipe, se montrer performant et prolonger (sourire)."

Qu'est-ce qui vous a le plus marqué depuis vos débuts dans votre nouvelle écurie ?

"La taille de l'équipe, le nombre d'employés, c'est impressionnant. C'est un privilège de bosser pour une équipe aussi légendaire."

Qu'est-ce que ça fait de savoir qu'il y a autant de gens qui travaillent pour vous aider ?

"Ça me met mal à l'aise parfois, tellement il y a du monde qui bosse pour deux voitures, deux pilotes. Je suis juste reconnaissant. A chaque fois que je performe en piste c’est aussi pour eux."

Vous êtes loué pour votre capacité à rapidement progresser. Comment faites-vous ?

"J'essaie d'identifier les problèmes très tôt dans la saison, les axes de progression. Que ce soit sur la voiture ou sur mon approche, aussi en étant honnête avec soi-même. S'il y a un truc à corriger, ça ne veut pas dire que c'est la faute du ciel. C'est moi. Et il faut que je change quelque chose."

Avez-vous pu développer votre relation avec votre coéquipier Max Verstappen ?

"Je l'ai fait un peu plus, mais on avait déjà commencé l'année dernière, on était dans la même famille (Hadjar roulait pour l'écurie de développement Racing Bulls, ndlr). On se connaît de mieux en mieux. J'ai vraiment de la chance de pouvoir apprendre à côté de lui, de voir ce que fait le meilleur au monde."

Si vous partagez cette famille, ça fait de lui un grand frère ?

"Je n'irais pas jusque là. C'est juste mon coéquipier."