"Ma carrière est basée sur la frustration, la colère de ne pas avoir les mêmes moyens que les autres pilotes, et d'avoir toujours dû compenser", a expliqué le pilote de 21 ans, arrivé en F1 cette saison chez Racing Bulls, l'écurie sœur de Red Bull.
QUESTION : Depuis quelques mois, les rumeurs du paddock vous envoient chez Red Bull l'an prochain. Si cela se concrétisait, pensez-vous être en mesure de battre Verstappen ?
RÉPONSE : "Non."
Q : Qu'est-ce qu'il vous manque pour y arriver ?
R : "Tout. Il est meilleur dans tous les domaines. Il pilote mieux, il fait moins d'erreurs, il a aussi plus d'expérience. Il est chez lui, dans son équipe (Verstappen pilote chez Red Bull depuis 2016, NDLR), donc non, pour l'instant, ce n'est pas possible."
Q : L'influent conseiller de Red Bull Helmut Marko affirme que vous faites preuve d'une grande force mentale...
R : "Je suis d'accord."
Q : Idéal donc face à un pilote comme Verstappen. D'où vient cette force ?
R : "Ma carrière est basée sur la frustration, la colère de ne pas avoir les mêmes moyens que les autres pilotes, et d'avoir toujours dû compenser (...). Mentalement, il n'y a pas plus solide que moi sur la grille. C'est un fait (...), je suis au courant de ça. Ils l'ont eu plus facile que moi les autres pilotes."
Q : Comment envisagez-vous une éventuelle cohabitation avec Verstappen ?
R : "Face à mes coéquipiers, j'ai toujours été plus fort. Là (si cela se concrétise, ndlr), ce sera la première fois que je vais pour être à côté du meilleur au monde. C'est une opportunité de fou d'apprendre."
Q : Vous semblez bien affirmatif...
R : ... (Silence)
Q : En juin dernier, vous disiez ne pas vous sentir "prêt" à rejoindre Red Bull. Qu'en est-il aujourd'hui ?
R : "Je suis prêt à piloter pour n'importe quelle équipe – mais c'est plutôt (le fait d'être associé) au meilleur pilote au monde. De toute façon, on ne sera jamais assez prêt face à Max. Donc autant y aller maintenant."
Q : Si cela se confirme, comment pensez-vous pouvoir gérer la situation face à un pilote de son envergure – qui plus est dans un baquet que l'on considère comme maudit dans lequel six pilotes ont pris place depuis 2016 ?
R : "Le fait de l'accepter et de ne pas arriver en mode 'Ce n'est arrivé qu'aux autres pilotes, moi je me sens invincible, je vais y aller et ça va bien se passer' – le fait donc de savoir que ça va être dur, c'est déjà un bon début."
Q : Ce baquet ne vous fait pas peur ?
R : "Ce sont des pilotes de qualité qui se sont retrouvés au côté de Max et qui se sont fait battre. Ça met le doute, surtout quand on voit l'écart de performance entre les deux voitures (celle de Verstappen face à celle de son équipier, NDLR) qui est énorme. C'est difficile à comprendre. Mais à partir de 2026, on part d'une feuille blanche (la F1 inaugurera l'an prochain un nouveau règlement technique qui modifiera en profondeur les voitures, NDLR). Le timing serait alors idéal car il n'y aura pas encore l'effet Verstappen sur la voiture."
