Bernd Mayländer, le vendeur devenu l'incontournable pilote de la voiture de sécurité

Bernd Mayländer à Bahreïn le 11 février.
Bernd Mayländer à Bahreïn le 11 février.ANTONIN VINCENT/DPPI VIA AFP

L'Allemand Bernd Mayländer, pilote de la voiture de sécurité de Formule 1 depuis 2000, va vivre ce week-end à Melbourne son 500e Grand Prix, "une grande fierté" pour cet ancien vendeur.

Né il y a 54 ans à Waiblingen, près de Stuttgart, il a commencé les sports mécaniques durant son adolescence avant de devenir pilote amateur au début des années 1990.

"Quand j'ai fini mes études, j'ai travaillé pendant trois ans pour une entreprise du groupe Coca-Cola, puis en 1993 je me suis consacré à plein temps au pilotage en devenant professionnel", a-t-il confié ce vendredi à l'AFP dans le paddock du GP d'Australie.

Rapidement, les bons résultats se sont enchaînés avec une victoire finale dans la Porsche Carrera Cup Allemagne 1994, puis lors des 4 Heures de Zeltweg (Autriche) en 1997.

Hasard

En 1999, Bernd Mayländer décroche le volant de la voiture de sécurité de la Formule 3000 (ancêtre de la F2) un peu par hasard et cela va le propulser peu après en Formule 1.

"Lors d'une course de Porsche Super Cup durant le Grand Prix de Saint-Marin 1999 à Imola, je reçois un appel de Charlie Whiting (directeur de course et délégué à la sécurité de la Fédération internationale de l'automobile, ndlr) qui me convoque dans son bureau. Je suis très surpris et quand je le rencontre, il me propose de piloter la safety car de Formule 3000, en me disant qu'en 2000 il pourrait être possible d'avoir ce poste aussi en F1", se remémore-t-il.

Toutefois, jusqu'en 2004, l'Allemand reste pilote professionnel en parallèle de sa mission lors des GP de Formule 1 et remporte notamment les 24 heures du Nürburgring en 2000, un an après une 19ᵉ place lors de sa seule participation aux 24 heures du Mans.

Depuis ses débuts en 2000, le sympathique et souriant Bernd Mayländer est devenu un personnage incontournable du paddock et il a quasiment été inamovible dans les différentes voitures de sécurité qu'il a pilotées.

"J'ai fait quasiment toutes les courses depuis 2000, je n'en ai raté que quatre pour des raisons médicales car je devais subir des opérations", explique-t-il à l'AFP.

"Encore en forme et motivé"

S'il s'attendait à occuper cette fonction pendant quelque temps, il ne s'imaginait pas être toujours au volant de la voiture de sécurité un quart de siècle plus tard.

"Je savais que potentiellement je pourrais rester longtemps, mais jamais je n'aurais pensé être encore là 26 ans plus tard... Atteindre les 500 Grands Prix est une grande fierté", souligne-t-il.

Concrètement, Bernd Mayländer s'installe derrière le volant de la voiture de sécurité durant chaque Grand Prix, prêt à entrer en piste au moindre incident. Il suit le GP en direct sur plusieurs écrans, mais c'est uniquement la direction de course qui peut décider du déploiement de la safety car et lui intimer l'ordre à la radio de sortir sur le circuit.

"J'adore pouvoir aider les pilotes et la FIA. Ce travail me permet de continuer à piloter des voitures très rapides, d'être encore sur la piste. Et même si les interventions se ressemblent, elles sont toujours uniques car le circuit, la situation et les conditions sont toujours différentes", estime-t-il.

À 54 ans, l'Allemand ne semble pas prêt à prendre sa retraite, au plus grand bonheur de la FIA, qui a organisé un barbecue en son honneur en Australie et lui a offert un casque pour célébrer sa 500ᵉ course ce week-end.

"Ce n'est pas réaliste de dire que je vais en faire 500 de plus, mais je me sens encore capable de continuer quelques années, je suis encore en forme et motivé, affirme-t-il à l'AFP. J'adore ce travail d'équipe avec mon co-pilote et la FIA."