L'excitation est à son maximum dans le monde élargi de la F1, la saison 2026 s'apprête à débuter ce week-end à Melbourne. Prévue depuis plusieurs années, elle doit apporter son lot de nouveautés et rebattre les cartes grâce à un changement de réglementation majeur.
Parmi elles, il y a la hiérarchie de la grille qui pouvait être modifiée. Néanmoins, après les tests hivernaux, il s'avère que les mastodontes comme Ferrari, Mercedes, Red Bull et les doubles champions en titre McLaren devraient rester à l'avant de la course. Pire encore, Williams et Aston Martin arrivent en Australie avec du retard sur la performance. Durant les essais à Bahreïn, ces deux écuries ont éprouvé de très grandes difficultés pour enchaîner les tours sur le circuit de Sakhir.
Reste à savoir si elles bluffent, mais à quelques heures de la première séance d'essais libres, le sentiment qui règne est plus que négatif.
Pour Aston Martin, les investissements ont été massifs depuis le rachat du Canadien Lawrence Stroll en 2020 sur sa branche F1. L'écurie a dépensé des dizaines de millions d'euros pour devenir à terme l'une des meilleures du monde. De nombreux ingénieurs de renom ont été recrutés, une usine à la pointe de la technologie a été créée et un partenariat ambitieux avec la marque Honda a été noué.
Trois ans après, force est de constater que le premier bilan est cataclysmique et c'est aujourd'hui la grosse faiblesse d'Aston Martin en vue d'être compétitif sur la piste.
Honda face à de grosses difficultés
En mai 2023, Aston Martin et la marque japonaise ont officialisé leur partenariat pour la saison 2026. Voilà maintenant plus d'un an que les deux entités travaillent étroitement afin de mettre au point une unité de puissance exclusive pour tutoyer les sommets de la F1.
À la base de ce mariage, il y a l'idée d'être donc motorisé par Honda, qui a déjà gagné dans la discipline. Après plusieurs années avec Mercedes, l'écurie britannique Aston Martin veut passer un nouveau cap. Et jusqu'à tout récemment, il y avait des raisons de se réjouir. En 2021, Red Bull a remporté le championnat du monde avec Honda après quatre saisons de travail. Une expertise acquise au fil des Grands Prix dont a ensuite bénéficié l'écurie de Max Verstappen puisqu'elle a racheté tous les savoirs du concept jusqu'à la piste en enrôlant un certain nombre d'ingénieurs.
Ainsi, Honda est reparti de zéro avec Aston Martin. Une collaboration finalement risquée lorsque l'on constate les premiers résultats lors des tests hivernaux. En effet, Fernando Alonso et Lance Stroll ont cumulé 400 petits kilomètres à Bahreïn, soit le plus petit total des onze écuries engagées pour cette nouvelle saison 2026. Une statistique qui s'explique par les difficultés du moteur japonais.
Des problèmes de fiabilité, liés en partie à une boîte de vitesse défaillante ainsi qu'à la batterie et toute la partie électrique du moteur – ainsi que la partie thermique –, font que celui-ci ne fonctionne tout simplement pas en harmonie avec le châssis et l'aérodynamisme. Un constat dommageable quand on sait que c'est Adrian Newey aux commandes, extrêmement réputé pour ses talents de concepteur. En 2025, du retard a été accumulé dans les usines pour mettre au point l'AMR26. L'écurie l'a payé durant l'hiver et continue de subir le travail préparatoire désorganisé.
Pour ce premier Grand Prix de la saison en Australie, tout porte à croire qu'Aston Martin va se retrouver en fond de grille. Pire encore, Newey a annoncé ce jeudi que ses pilotes n'iraient volontairement pas au bout de la course dimanche...
Une marge de progression élevée
Ces dernières semaines, Honda s'est efforcé de revoir une partie de la conception du moteur afin de permettre à Aston Martin de faire meilleure figure à Melbourne. Une nouvelle positive qui ouvre la porte à une utilisation plus efficace du châssis mis au point par Newey et son équipe.
Derrière, il est certain que l'écurie va nécessairement se développer efficacement au fil des week-ends avec les données qui seront récoltées pour avancer dans la bonne direction. De là à rattraper le retard accumulé, c'est moins sûr. Mais la situation actuelle ressemble fortement à celle de McLaren en 2015, lorsque Honda était revenu en Formule 1. La marque japonaise découvrait un tout nouveau monde après être partie une première fois en 2008. Au fil des décennies, la discipline a énormément changé et 2026 est évidemment compliqué à appréhender.
Dans les colonnes du quotidien L'Équipe, le directeur technique de Red Bull Pierre Waché avait laissé entendre qu'il admirait le concept d'Aston Martin, à savoir sa suspension arrière. Et Adrian Newey a déclaré avant ce début de saison qu'il restait positif sur la suite des événements.
Sur l'aérodynamisme, l'AMR26 pourrait réserver de très belles surprises. Mais pour cela, elle doit pouvoir intégrer l'unité de puissance Honda d'une bien meilleure manière.
Seul le temps nous dira si l'écurie britannique remontera la pente, mais après les dizaines de millions d'euros investis, ce choix japonais semble largement critiquable alors que l'objectif était de se battre pour le titre. Et dans tout ça, il y a Alonso qui va devoir composer avec une monoplace dysfonctionnelle. Est-ce que la structure peut se permettre de patienter avant de gagner ? Réponse très bientôt...
