Arrivé en Azerbaïdjan en leader confortable du championnat, Piastri avait en effet connu un week-end cauchemardesque sur les bords de la mer Caspienne qui s'était achevé, après avoir manqué son départ, contre un mur lors du premier tour du Grand Prix.
L'Australien s'était ensuite effondré en enchaînant sur la piste quatre courses sans podium plus une disqualification à Las Vegas pour terminer seulement troisième du championnat derrière le Néerlandais Max Verstappen et son coéquipier anglais Lando Norris, sacré sur le fil à Abou Dhabi.
La situation est toutefois bien différente pour Antonelli, intouchable depuis plusieurs semaines et qui caracole en tête du championnat avec une confortable avance de 81 points sur son voisin de garage britannique George Russell (Mercedes).
"C'est un Grand Prix où il y a beaucoup à perdre... Si Antonelli passe Bakou et Singapour sans encombre, il aura la main sur le titre", a estimé mercredi le Français Pierre Gasly (Alpine) auprès de l'AFP et L'Équipe.
L'Italien, qui a fait preuve cette saison d'un sang-froid à toute épreuve malgré ses 20 ans, a toutefois affiché sa prudence en amont du Grand Prix sur le circuit de Bakou qui réserve presque tous les ans quelques sorties de piste spectaculaires.
"Rien n'est joué tant qu'on n'a pas passé la ligne... Je n'ai pas fini le boulot donc c'est important de toujours donner mon maximum à chaque course et de les prendre les unes après les autres. Le plus tôt cela arrive, le mieux ce sera", a souligné l'Italien.
"Mais cela ne va pas être facile ici car les autres pilotes sont très rapides, notamment McLaren avec Lando (Norris) et Red Bull avec Max, qui est toujours là. Ils apportent des améliorations ce week-end donc on va voir ce que ça donne. Et avec Ferrari, on ne sait jamais à quoi s'attendre, mais ils ont toujours un bon rythme", a-t-il ajouté.
Antonelli ne s'enflamme pas
Antonelli semble par ailleurs à l'abri de toute euphorie trop précoce qui pourrait lui jouer des tours puisque son entourage est très vigilant afin qu'il ne s'enflamme pas si près du but.
"Je suis très bien entouré avec ma famille et mon équipe qui veillent à ce que je reste les pieds sur terre et que je reste bien concentré course après course et sur le présent pour continuer à être le plus efficace possible dès que je monte dans la voiture. C'est l'approche que j'ai eue toute la saison et c'est l'approche que j'aurai jusqu'à la fin de l'année", a martelé l'Italien.
L'impressionnante maturité dont fait preuve Antonelli pour sa deuxième saison en F1 sera donc mise à l'épreuve à Bakou, où la moindre erreur peut coûter très cher. On verra s'il est capable de se contenter d'une deuxième ou troisième place qui le rapprocherait du titre plutôt que de prendre tous les risques pour l'emporter.
À Madrid il y a deux semaines, l'Italien avait montré son intelligence en ne cherchant pas à tout prix à fermer la porte à Verstappen et Norris et sa sagesse avait été récompensée puisqu'il avait remporté une course qui semblait promise à l'Anglais avant que ce dernier ne soit piégé par le déploiement d'une voiture de sécurité virtuelle.
Le Grand Prix d'Azerbaïdjan sera également marqué par le retour en piste du Français Isack Hadjar, absent lors des trois derniers Grands Prix en raison d'une blessure au poignet gauche.
Le Parisien pourra piloter encore plus libéré que d'habitude puisque Red Bull a officialisé mercredi la prolongation de son contrat pour la saison prochaine, une "évidence" pour l'écurie autrichienne qui a été convaincue par les performances d'Hadjar en seulement six mois.
