A l'arrière, le sélectionneur va renouer avec la formule mise en place avec succès contre l'Irlande en début du Tournoi (36-14). Il n'en avait changé que sous la contrainte : après la victoire inaugurale, le genou gauche de Yoram Moefana et le mollet droit de Nicolas Depoortere les avaient obligés à déclarer forfait.
Le sélectionneur s'était tourné vers les joueurs de Pau Fabien Brau-Boirie et Emilien Gailleton, avec réussite tant dans les résultats - deux victoires au pays de Galles (54-12) et contre l'Italie (33-8) - que dans le contenu, jugé largement satisfaisant par tous les observateurs.
Pas suffisamment toutefois pour que la paire de centres championne d'Europe avec l'UBB en 2025 ne soit alignée sitôt remise sur pied (d'autant plus que Fabien Brau-Boirie, blessé, ne s'est pas entraîné avec le reste du groupe mercredi lors de l'entraînement ouvert à la presse).
"C'est comme les champignons"
"On a eu pendant un petit moment une petite pénurie à ce poste-là. Puis des fois, c'est comme ça, c'est comme les champignons. Vous n'en trouvez pas un et puis le lendemain, il en pousse partout", a imagé mardi l'entraîneur adjoint chargé de l'attaque, Patrick Arlettaz.
Autre retour par rapport au match contre l'Italie, l'ouvreur Matthieu Jalibert s'est entraîné normalement et devrait retrouver le numéro 10 qu'il portait lors des deux premiers matches, où l'animation des Bleus avait enchanté bien plus que contre la Nazionale ensuite.
"Quand on produit une certaine partition, on sait que les équipes d'en face les étudient. (...) Sur ce qu'ils vont mettre en place pour empêcher cette partition, on va en proposer une autre qui va leur créer des difficultés", a détaillé Patrick Arlettaz, à trois jours du choc à Murrayfield, samedi à 15h10.
"Ce n'est pas toujours le même style. Ce n'est pas toujours très spectaculaire, par exemple. Mais le but, c'est d'être efficace et de gagner les matches. On essaie d'anticiper leur anticipation", résume-t-il.
Les autres joueurs de la ligne arrière ne devraient pas changer, du capitaine Antoine Dupont en demi de mêlée au triangle arrière Bielle-Biarrey - Attissogbe - Ramos, systématiquement alignés dans le XV de départ dans ce Tournoi.
Doutes sur Jelonch
La feuille de match est moins lisible du côté des avants, avec notamment une incertitude sur la présence d'Anthony Jelonch, titulaire lors des trois premiers matches mais qui n'a pas fait l'entraînement collectif mercredi, strappé au mollet droit.
Le Montpelliérain Lenni Nouchi est un candidat crédible pour récupérer sa place en troisième ligne centre, encadré par Oscar Jegou et François Cros, qui enchaîneraient alors une quatrième titularisation consécutive, comme la première ligne Gros-Marchand-Aldegheri.
En deuxième ligne, où le staff a jusqu'alors fait différents choix en fonction du style de jeu de l'équipe à mettre en place, Charles Ollivon s'est distingué avec le numéro 4. Lors de l'entraînement, mercredi, le Toulonnais a été le plus associé à Emmanuel Meafou.
En cas de succès bonifié, les Bleus sont assurés de remporter le Tournoi des six nations, après seulement quatre journées. Même une simple victoire les mettrait dans une configuration idéale, avec au pire cinq points d'avance sur l'Irlande et une différence de points largement en leur faveur.
"Aujourd'hui, on n'est pas loin de quelque chose qu'on peut accomplir collectivement. Je pense qu'on en a tous conscience, mais parler d'une victoire avant d'avoir joué le match, c'est un peu compliqué. On va se donner les moyens d'y arriver", a assuré le pilier gauche Rodrigue Neti en conférence de presse mercredi.
La composition probable du XV de France pour affronter l'Ecosse, samedi (15h10 heure française) à Edimbourg :
Ramos - Attissogbe, Depoortere, Moefana, Bielle-Biarrey - (o) Jalibert, (m) Dupont (cap.) - Jegou, Nouchi, Cros - Meafou, Ollivon - Aldegheri, Marchand, Gros
