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C'était une nouvelle choc : Uini Atonio a subi un accident cardiaque voilà une dizaine de jours. Le pilier international de La Rochelle s'en est sorti, mais la conséquence est qu'il ne pourra plus jamais retrouver la pratique du rugby professionnel.
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Depuis de nombreuses années, le pilier droit d'origine néo-zélandaise était le meilleur à son poste en France. Ce qui explique pourquoi il a été rattrapé par le col alors qu'il avait annoncé sa retraite internationale après l'échec de la Coupe du monde 2023. Le voilà désormais parti, et la concurrence est clairement en-dessous.
De quoi poser un problème majeur dans la construction du XV de France. Car le poste de pilier droit est peut-être le plus capital du paquet d'avants, voire de l'équipe toute entière. Une maxime souvent répétée au niveau international : mais pourquoi ?
Une poutre nécessaire
La principale raison est technique. Dans une mêlée, le pilier droit va avoir à supporter le plus de pression. En effet, il engage ses deux épaules dans la bataille, et doit donc contenir et le pilier gauche adverse, et le talonneur. Là où le gaucher adverse n'aura donc qu'un seul adversaire.
Ainsi, en plus de sa force physique, une technique de fer est requise. C'est de ce côté-là que la pression sera la plus forte, et donc que la mêlée sera la plus vulnérable. Cela demande donc une résistance hors du commun, et fait du pilier droit la clé de voûte de la mêlée.
Bien évidemment, il n'est pas tout seul. Le deuxième ligne qui pousse derrière lui a également une lourde responsabilité. Ainsi, le nᵒ 3 et le n° 5 sont souvent des joueurs massifs, plus grands que la moyenne du poste, mais le pilier droit cristallise souvent toute l'attention : c'est lui qui sera ciblé quand la mêlée ira mal, c'est lui qui sera glorifié quand le huit de devant dominera.
Ainsi, les piliers droits sont particulièrement recherchés. Chaque club espère toujours en avoir trois de très bon niveau dans son effectif. Ce n'est pas un hasard si certaines nations, comme la Géorgie par exemple, s'en sont fait une spécialité, et inondent ainsi le Top 14. Ce qui indique également que la France a du mal à tenir le choc en matière de formation.
Les Bleus en rade
En Uini Atonio, la France tenait peut-être son meilleur pilier droit du XXIᵉ siècle. Une valeur sûre, qui n'a que rarement été bousculée au niveau international. Mais comme susmentionné, il était d'origine néo-zélandaise. Pieter de Villiers, autre grand nom de ce siècle, venait lui d'Afrique du Sud. Les deux noms marquants à ce poste dernièrement ont donc été dénichés à l'étranger.
Un état de fait qui est confirmé par la relève à ce poste. Lors de la tournée d'automne, c'est Régis Montagne qui a été placé à ce poste par le staff du XV de France. Pour l'entame du Tournoi des 6 Nations ce jeudi contre l'Irlande, Dorian Aldegheri a été choisi. Le premier est tout neuf au niveau international et a clairement subi en novembre, le deuxième n'a jamais véritablement convaincu au niveau international, comme en témoignent ses 23 sélections en six ans.
Bien sûr, puisque l'équipe de France U20 a été sacrée championne du monde trois fois d'affilée, quelques joueurs prometteurs ont montré le bout de leur nez. Mais il est rare que sur un poste aussi compliqué, et surtout sur lequel le fossé entre le niveau international et le reste est le plus grand, de jeunes joueurs s'imposent tout de suite.
Ce n'est pas par hasard que la fédération avait retenu Atonio après la Coupe du monde : elle savait qu'elle n'avait pas de plan B aussi fort, et espérait en trouver un après l'édition 2027. Mais la vie est ainsi faite, et il va falloir soit trouver un nouveau phénomène au poste, soit espérer que les deux en place haussent leur niveau. Premier élément de réponse ce jeudi soir.
