France-Italie 2024, un cauchemar de "cinq secondes" pour Paolo Garbisi

Paolo Garbisi avec l'Italie le 8 février.
Paolo Garbisi avec l'Italie le 8 février.DANILO DI GIOVANNI/NURPHOTO VIA AFP

Pour Paolo Garbisi, le France-Italie du Tournoi des Six Nations 2024 se résume à un cauchemar de "cinq secondes". Ce moment, à la dernière minute du match, où l'ouvreur de la Nazionale a offert un match nul miraculeux (13-13) aux Bleus en envoyant une pénalité facile sur le poteau.

La 80ᵉ minute est dépassée quand le XV de France est pénalisé, offrant le ballon de la victoire au pied gauche du N°10 italien, qui vient de quitter le club de Montpellier pour le RC Toulon. À 38 m à gauche des poteaux, c'est une formalité pour un buteur de sa trempe, qui fêtera sa 51ᵉ sélection dimanche sous le maillot azzurri.

Mais, alors qu'il ne lui reste plus que 13 secondes pour botter, le ballon tombe du tee, l'obligeant à se précipiter pour le replacer. Quand il reprend sa course d'élan et frappe sa pénalité, il a encore trois secondes.

Son coup de pied s'élève, frappe le poteau droit et est récupéré par Yoram Moefana. Le joueur de l'UBB est poussé en touche, coup de sifflet final et donc match nul inespéré pour le XV de France.

"Un match nul en France, ce n'est pas un mauvais résultat", a commenté l'ouvreur toulonnais auprès de l'AFP, revenant sur ce 25 février 2024, sous le toit fermé du stade Pierre-Mauroy de Villeneuve-d'Ascq : "Mais, pour moi, c'est compliqué de penser à autre chose qu'à cette pénalité. Ce match a duré cinq secondes pour moi, c'est comme ça".

Avec ce 13-13, la France et l'Italie signent le premier match nul de leur histoire, depuis leur premier rendez-vous en 1937 au Parc des Princes. En 48 rencontres jusque-là, les Italiens l'avaient seulement emporté trois fois et une seule fois en France, 40-32, en 1997, au stade Lesdiguières de Grenoble.

"Je ne l'oublie pas, c'est impossible d'oublier ce moment", a reconnu Garbisi auprès de l'AFP : "Mais je n'y pense pas non plus. Ça doit être dans un coin de ma tête. Il ne va jamais en sortir, mais ce n'est pas quelque chose auquel je pense. Peut-être que lorsque j'arriverai au stade j'y penserai un peu plus".

Pour les retrouvailles en France entre les Bleus et l'Italie, après la correction subie l'an dernier par la Nazionale à Rome (24-73), Garbisi va donc retrouver le stade Pierre-Mauroy. Et la sélection dirigée par l'Argentin Gonzalo Quesada est ambitieuse, après une victoire en ouverture du Tournoi contre l'Écosse (18-15) et une défaite rageante 20-13 en Irlande, avec un essai refusé pour un en-avant de quelques centimètres.

"On essaye toujours d'avancer et de s'améliorer", insiste Garbisi : "On en avait marre d'être derniers, mais ça fait deux ans qu'on ne l'est plus et on veut continuer comme ça. (...) Il faut qu'on soit plus consistants et qu'on réussisse à enchaîner de belles performances. C'est toujours ce qui nous a un peu manqué".