Une grande entreprise française devait dévoiler mercredi à Lyon, lors d'un point presse, son partenariat avec les Jeux olympiques et paralympiques 2030, deux mois après l'annonce d'un tout premier sponsor premium, EDF.
Mais mardi, le Comité d'organisation des Alpes 2030 (Cojop) a indiqué à l'AFP qu'il avait été décidé avec le groupe concerné de "reporter" l'annonce de ce deuxième sponsor, "mais pas le partenariat lui-même". La raison invoquée est la tenue jeudi d'un bureau exécutif des parties prenantes de ces JO, et le but serait selon le Cojop de "dissocier" les deux événements.
Mais selon plusieurs sources concordantes contactées par l'AFP, ce report est lié à un problème de "gouvernance non stabilisée" et à des incertitudes concernant le maintien d'Edgar Grospiron à la présidence du comité.
Ces sources soulignent que la réunion prévue jeudi s'annonce "compliquée", les tensions entre plusieurs protagonistes du dossier et M. Grospiron, constatées lors du dernier bureau exécutif avant la trêve estivale, étant toujours d'actualité.
Interrogés par l'AFP, le ministère des Sports, le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) et les régions organisatrices Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur n'ont pas réagi mardi après-midi.
Le Cojop est secoué depuis de longs mois par une profonde crise interne, à la suite de plusieurs départs successifs dont celui du numéro deux Cyril Linette en février. Un audit sur le climat social a été mené auprès des salariés de l'instance ces dernières semaines, et doit être rendu cette semaine.
Visite du CIO
L'ultime bureau exécutif du 23 juillet avait achoppé sur deux nominations de cadres proposées par Edgar Grospiron. Les parties prenantes des JO - gouvernement, régions hôtes, comités olympique et paralympique - avaient exprimé des désaccords sur les profils pressentis, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes (Aura) Fabrice Pannekoucke ayant même claqué la porte avant d'assister à la suite de la réunion en visio, selon plusieurs sources.
Deux jours après cette réunion, la présidente du CNOSF, Amélie Oudéa-Castéra, avait déploré qu'"on se retrouve de nouveau confrontés à des problèmes de gouvernance". "On ne peut plus se le permettre", avait-elle ajouté.
Jeudi, ces deux nominations seront de nouveau à l'ordre du jour, afin de pourvoir les postes de directeur des opérations et directeur de la cellule exécutive. Pressenti pour le premier, Xavier Becker, actuel directeur sites et infrastructures au Comité international olympique (CIO), a retiré sa candidature, selon plusieurs sources.
Pour le second, Blandine Vinagre-Rocca, déjà directrice des affaires publiques du Cojop, figure parmi les candidats.
Autre point au menu, la visite d'une délégation du Comité international olympique (CIO), prévue les 14, 15 et 16 septembre à Lyon et dans sa métropole, afin d'inspecter les sites devant accueillir les épreuves de glace en 2030.
En mai, le Cojop avait en effet dû rapatrier précipitamment ce pôle initialement prévu à Nice, suite à l'opposition du nouveau maire de Nice Eric Ciotti d'installer une patinoire provisoire dans le stade de foot de la ville.
Au total, 75 matches de hockey, 150 de curling, 16 sessions de patinage artistique et 9 épreuves de short-track sans oublier le patinage artistique synchronisé, toute nouvelle discipline olympique, doivent ainsi trouver un point de chute dans les différentes infrastructures de la capitale des Gaules ou de ses environs.
