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Partir fort pour finir à bout de souffle : l'OM souffre d'un déficit physique et tactique

Jonathan Clauss a très bien commencé contre Brighton et concédé un penalty en fin de match.
Jonathan Clauss a très bien commencé contre Brighton et concédé un penalty en fin de match.AFP

Depuis le début de saison, l'Olympique de Marseille est capable de débuter ses matches à un rythme élevé mais termine très souvent sur les rotules. Difficultés tactiques et défaillances physiques : c'est un cercle vicieux que doit interrompre rapidement Gennaro Gattuso contre Le Havre.

Un pavé dans le jardin d'Igor Tudor en avant-match, un autre dans celui de Marcelino García Toral après la rencontre : Gennaro Gattuso avait décidément besoin d'évoquer ses prédécesseurs pour parler de son début de mandat. Convoquer le passé pour expliquer le présent est un grand classique. Mais pour le Calabrais, cela ne durera qu'un temps. Après deux matches, il est encore très tôt pour juger le nouvel arrivant sur le banc qui a découvert le Vélodrome jeudi en Ligue Europa contre Brighton (2-2).

À peine 45 minutes dans le réservoir ? 

Pour autant, il existe un fil conducteur depuis le début de saison : les difficultés physiques et tactiques de l'Olympique de Marseille. Que cela soit avec un 4-4-2 à plat ou un 4-3-3, l'équipe ne parvient pas à tenir plus d'une mi-temps sur un rythme suffisamment élevé. En somme, l'OM débute fort, marque vite… et s'effondre. Contre Monaco, les Olympiens ont été à contre-temps mais ont tenu jusqu'à la pause, avant de céder par la suite. Face à Brighton, qui a joué à l'envers pendant l'essentiel de la première période, le déclin a commencé dès la 40 minute et rentrer au vestiaire à 2-0 était déjà satisfaisant après l'excès d'individualisme de Danny Welbeck qui n'avait plus qu'à servir Ansu Fati pour réduire l'écart avant l'heure des citrons. 

De nombreux supporters et observateurs voulaient du spectacle et, pour l'heure, ils sont servis. Gattuso fait du Gattuso, vrombissant en conférence de presse comme dans sa zone technique. C'est évidemment plus attractif que le taiseux Marcelino dont le CV n'a pas suffi à convaincre. En revanche, il sera exposé aux mêmes difficultés que l'Asturien. Les joueurs voulaient évoluer 4-3-3, ils l'ont. Mais les trous, déjà béants avec le 4-4-2 à plat, schéma basique et rapidement assimilable, ne se sont pas résorbés et, à un de moins dans l'entrejeu, il faut à la fois augmenter le volume de course et contraindre un joueur de la ligne offensive de se replier pour passer en 4-4-2 à la perte. 

Le match de milieu de semaine a fait une victime. Jordan Veretout, probablement le plus grand gagnant de l'arrivée de Gattuso, s'est blessé à la cuisse en début de seconde période. La trêve arrive à point pour lui et il devrait manquer deux matches tout au plus. Son remplaçant devrait être Azzedine Ounahi, guère en jambes lors de ses entrées contre Monaco et Brighton alors qu'il était réclamé à cor et à cri depuis des semaines. En défense centrale, Samuel Gigot, déjà absent en Ligue Europa, est forfait contre Le Havre, remplacé vraisemblablement par Leo Balerdi

L'OM était doté d'une bonne défense avec Marcelino, ce qui permettait de développer des automatismes en attaque avec deux pointes, notamment avec Vitinha qui est plus à l'aise avec un joueur à ses côtés. Depuis le match de l'Ajax, l'équipe encaisse trois buts par match en moyenne. Ça a le mérite de donner de l'intérêt aux matches, ce qui est une excellente nouvelle pour ceux qui voulaient davantage de folie, mais cela risque de rapidement devenir problématique pour enchaîner les performances et remonter au classement. Gattuso peut encore évoquer le passif des derniers mois, mais cela n'aura qu'un temps. Car à ce rythme, ses rêves de 4-3-3 offensif risquent de vite se transformer en une réalité en 4-5-1.