C'était un jour à faire partir une échappée au long court pour mieux gérer les attaques de ses poursuivants. Avec huit ascensions et un final en montée, tout indiquait un scenario favorable aux baroudeurs. Finalement, ça a été tout l'inverse, avec Paul Seixas et Florian Lipowitz au coude à coude à plus de 70 km de l'arrivée.
Parmi les coureurs à l'avant, Kevin Vauquelin a tenté sa chance en solitaire, sans succès. Pendant que Mattias Skjelmose lâchait, Pello Bilbao s'est essayé, tout comme Marc Soler. Lipowitz a accéléré le rythme, avant que Soler ne reparte, cette fois avec Ben Healy.
Au pied de l'Izua (3,6km à 9,9% de moyenne), l'Irlandais est parti seul mais, sous l'impulsion de Seixas, le groupe des favoris a implosé. Quand Healy a été repris, le Français était entouré de Lipowitz, Primoz Roglic et Ion Izagirre. La pente et la forme du moment ont fait le reste. Seixas et Lipowitz se sont détachés, "Rogla" a lissé son effort tandis que le Basque a mis la flèche, bientôt rejoint par un groupe où figurait Cian Uijtebroeks et Alex Baudin. Mais c'est surtout Javier Romo, coéquipier d'Uijtebroeks, qui avait les bonnes jambes. Il est revenu sur Roglic, avant de le déborder et de faire le jump sur les deux hommes de tête. Las, Romo est tombé en touchant la roue de Lipowitz...
À la bascule, il restait encore 25 bornes, un 3e catégorie (Urkaregi : 5,3km, à 4,7% de moyenne) et une dizaine de secondes d'avance sur Romo qui a perdu du terrain et a été repris par... Roglic. Les deux hommes ont ensuite été récupérés par un groupe de poursuivants. Romo en avait encore un peu : il finira 3e à 1'03, tandis que Roglic franchira la ligne avec 1'11 de retard.
Seixas et Lipowitz se sont joués la gagne au sprint. L'Allemand a lancé à 800m, sans décrocher le Français qui s'est fait un plaisir de l'ajuster. Le leader signe un 3e succès d'étape cette semaine. Impressionnant. Il compte 2'30 d'avance sur Lipowitz au général, et 3'40 sur Roglic, 3e.
